La sécurité des passagers est-elle vraiment assurée ?

Si les passagers aériens subissent des contrôles toujours plus poussés avant le prendre l’avion ; certaines compagnies aériennes s’arrogent des mesures sécuritaires comme elles le souhaitent. Parfois, elles ne veulent même pas préciser pour des raisons de…sécurité !

Les compagnies aériennes suivaient des règles de sécurité

Le blindage des portes et la sécurisation des cabines de pilotage avaient été décidés par l’AESA (l’Agence européenne de la sécurité aérienne) après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis afin de « prévenir toute intrusion et résister à une tentative de les forcer« .

Mais une autre règle s’est imposée après le 24 Mars 2015, après l’accident d’un vol de Germanwings. Un pilote avait délibérément verrouillé la porte du poste de pilotage et précipité l’appareil dans les Alpes, tuant 150 personnes à bord. Il fallait que deux membres de l’équipage soient nécessaires, si l’un des pilotes devait sortir du poste.

vol-tunis-compagnie-air-journal_New-Germanwings-A319L’AESA avait émis une recommandation

L’AESA avait donc émis une recommandation afin qu’il y ait toujours deux membres d’équipage dans le poste de pilotage. Elle devait présenter des propositions à la Commission Européenne qui devait de son côté les soumettre ensuite aux Etats et au Parlement européen.

Sans attendre des règles plus contraignantes, plusieurs compagnies aériennes européennes avaient pris des mesures sans attendre, notamment les compagnies allemandes, afin d’adopter la règle des deux personnes en permanence dans le cockpit de leurs avions.

La recommandation ne semble plus être une priorité

Les Etats-Unis exigeaient déjà avant le drame de Germanwings, qu’il y ait toujours deux membres de l’équipage dans le cockpit. Il semble que pour nombre de compagnies aériennes, cette recommandation ne soit plus vraiment nécessaire. Un des premiers groupes à décider de ne plus appliquer cette recommandation est le groupe Lufthansa.

Les allemands sont parmi les premiers à sortir de la règle

Cela semble un peu cynique dans la mesure où c’est une compagnie du groupe allemand Lufthansa qui avait incité l’Agence de Sécurité à recommander la présence de deux membres d’équipage dans le poste de pilotage.

csm_20160310_1033_05_0002_LH_OS_SN_EW_LX_16-9_d9afd4124aIl parait qu’un changement a été introduit après des règles de dépistage sur la santé mentale et le suivi des pilotes. Ces règles devraient réduire le risque d’un événement similaire à celui de Germanwings.

Le groupe a donc décidé de supprimer la règle de sécurité pour toutes ses compagnies : Lufthansa, Swiss, Austrian Airlines, Brussels Airlines et Eurowings.

Les compagnies décident donc elles-mêmes mais parfois en silence

Le groupe Thomas Cook Group, qui possède la compagnie Condor, a indiqué suivre le groupe Lufthansa. Pour le moment, Ryanair conserve sa règle de pilotage à deux. EasyJet, la première compagnie aérienne à introduire la règle après l’accident, n’a fait aucun commentaire. British Airways a dit qu’elle ne commenterait pas sa politique pour des raisons de sécurité.

Les suicides de pilotes seraient plus rares que le piratage

Les données ne facilitent pas la connaissance sur le nombre réel de suicides de pilotes car il y a toutes sortes d’accidents d’avions. Une étude aux Etats-Unis a démontré que le taux de suicides de pilotes d’une même tranche d’âge était plus important que d’autres catégories.

malaysia-airlinesPar ailleurs, les enquêteurs ne peuvent déterminer avec certitude toutes les causes d’accidents. On peut prendre l’exemple du vol Malaysia Airlines qui n’a jamais été retrouvé. Le suicide pourrait être une explication plausible dans ce cas.

Une statistique démontrerait que pour 1.000 détournements d’avions, on aurait que 4 suicides de pilote. Mais ce n’est pas franchement convaincant.

Malaysia Airlines avait adopté un système de suivi des avions

Malaysia Airlines sera la première compagnie à suivre ses avions avec des satellites et d’autres installations au sol. Une innovation que l’entreprise doit à un partenariat avec Aireon, Sitaonair et FlightAware. Les appareils seront donc constamment repérés via des signaux qui reposent sur la technologie ADS-B.

Les vols internationaux profitent déjà de ce système qui permet aux tours de contrôle de suivre les appareils. Néanmoins, à l’heure actuelle, il n’est pas possible de détecter l’avion en tout temps (au milieu d’un océan par exemple). C’est très bien sauf que Malaysia Airlines est la seule à adopter ce système et que cela n’empêchera jamais le suicide d’un pilote. Mais au moins, l’avion sera sûrement retrouvé !

ban-surete-bagage-cabineEn attendant les passagers ne peuvent changer les règles

Si les compagnies aériennes peuvent interpréter certaines règles de sécurité, les passagers n’ont pas vraiment de droits en matière de sécurité. En complément de règles habituelles liées à l’interdiction de liquides, de briquets, de couteaux et la nécessité souvent de retirer ses chaussures et sa ceinture…

Il s’est ajouté une nouvelle règle. Elle n’est appliquée que pour le moment par les Etats-Unis et le Royaume-Uni au départ de certaines villes du Moyen-Orient sur le transport en cabine d’ordinateurs et de tablettes. Les passagers continueront également de payer une taxe pour l’application de ces règles. Merci qui ?

 

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