La Normandie, éternelle source d’inspiration (2/2)

Un personnage du Requiem de Mozart créé en 1987 à l’Opéra de Wallonie à Liège entièrement conçu, chorégraphié et mis en scène par Alain Germain.

A croire que cette terre verte à souhait même en bordure de la mer soit propice à l’épanouissement des écrivains, peintres et autres artistes de renom ! Pierre Corneille, Guy de Maupassant, Marcel Proust, Alphonse Allais, Gustave Flaubert, quelques noms de jadis dont je ne retiendrai que le dernier dont on célèbre cette année le bicentenaire de la mort, un prétexte comme un autre pour prendre la route des vacances en terre normande.

Une longue allée pavée bordée de petits ifs mène au château tout en symétrie.

Non loin de Vassonville, le parc du château de Bosmelet qui s’ouvre sur une campagne qui se souvient de Gustave Flaubert et de Madame Bovary permet de rencontrer une personnalité actuelle hors du commun, Alain Germain, qui a choisi d’acquérir le château quand il découvrit que le domaine avait été occupé pendant la guerre de Cent Ans par Falstaff et mis à l’honneur par Shakespeare, Verdi et Orson Welles.

Vue depuis le perron du château sur les allées de tilleuls et l’orangerie et la chapelle qui encadrent la grille d’entrée.

Autant de références pour un passionné d’opéra et de ballet qui veut faire revivre le château en y créant un lieu de partage pour toutes les formes d’expressions artistiques, réunissant arts plastiques et numériques, théâtre musical et poésie contemporaine.

Le château de Bosmelet, un Monument Historique

Il faut le découvrir, au-delà d’une allée de hêtres qui dessine un couloir de verdure. A peine si on devine le ciel au-delà de la ramure des arbres. Quand enfin on atteint le portail d’entrée, on ne peut qu’être subjugué. Une longue allée de pavés bordée de petits ifs mène au château dont les portes sont ouvertes de part et d’autre du vestibule.

Au cœur du vestibule la majestueuse sculpture d’un cerf, hôte insolite, souvenir d’un décor créé par Alain Germain

De loin on devine la silhouette majestueuse d’un cerf blanc qui attend le visiteur debout dans l’entrée.

La grille d’entrée est encadrée par deux bâtiments construits en briques rose orangé dites de St-Jean, une chapelle du 18ème siècle et une orangerie de la fin du 16ème siècle où vit le propriétaire des lieux, Alain Germain, qui semble avoir eu mille vies !

Créateur, metteur en scène de renom, artiste, écrivain, professeur et animateur de colloques dans des universités françaises et américaines, musicien, plasticien, autant de palettes dont se pare notre étonnant guide devenu châtelain depuis 2016 pour ouvrir ce domaine à la culture. Une visite des lieux sous sa houlette devient une merveilleuse invitation au voyage.

Cette pièce est habillée par de grandes toiles inspirées par les fresques des grottes de Lascaux pour l’exposition- spectacle « Les origines du Monde » créé en 1991.

Dans le temps d’abord car ce château édifié sur les fondations d’une forteresse donnée par Henri VI d’Angleterre à son Lieutenant général Sir John Falstaff est devenu par la suite la demeure du duc de la Force, précepteur de Louis XV, et marié à l’unique héritière du château dit de Bosmelet. C’est à cette époque que le parc fut confié à Colinet, premier jardinier de Le Nôtre concepteur des jardins de Versailles.

Un paysage inspirant pour Alain Germain, regard sur les arbres remarquables du parc qui cerne le château.

Une allée de 162 tilleuls aujourd’hui tricentenaires, la plus longue d’Europe, court de part et d’autre du château, offrant une très belle perspective vers l’enceinte du château. 4 châtaigniers de quelque 500 ans y déploient également leurs branches majestueuses au-dessus de ce tapis vert.

Un jardin clos de murs a tout d’un jardin secret avec ses parterres de petits fruits bordés de fleurs aux couleurs intenses. Un banc tend les bras face au bassin central, de quoi méditer après avoir picoré l’une ou l’autre fraise des bois et framboise…

Le parquet d’origine en chêne clair et foncé du salon, habité par les maquettes des costumes imaginées par Alain Germain, a pu inspirer celui du château de Versailles qui lui est postérieur.

Malgré les vicissitudes de l’histoire, le château reste aux mains de la même famille jusqu’à ce que suite au décès de son mari, Madame de Bosmelet le vendit, pour la première fois de son histoire. Alain Germain, l’heureux propriétaire, a choisi d’y installer son fonds de toiles, dessins, maquettes de costumes de scène classé au Département des Arts du Spectacle de la Bibliothèque nationale de France, ainsi que les archives de sa compagnie riche de partitions originales, d’affiches, de photographies.

L’escalier historique du château a survécu aux affres du temps.

En passant du vestibule à la salle du dais, du salon d’honneur à la chambre de l’archevêque, en grimpant d’escalier monumental Louis XIII, en caressant les élégantes boiseries et en foulant ces parquets de chêne, on se prend à s’évader au fil des histoires passionnantes que raconte Alain Germain qui a eu la chance de côtoyer les grands de ce monde dont il nous brosse les portraits avec saveur et même piquant.

Au cours de la visite, au-delà d’une porte qui semble cachée dans une paroi, Alain Germain nous a menés dans un espace entièrement dédié à Michel Hollard, ce résistant qui à l’été 1943 découvrit l’étrange terrain d’aviation installé dans le parc du château de Bosmelet alors occupé par l’armée allemande. Il s’agissait d’une piste de lancement de V1, les tout premiers missiles, directement dirigés vers Londres.

L’étonnante salle à manger. Tout le mobilier a servi à animer des spectacles scénographiés par Alain Germain.

En décembre de la même année grâce aux plans communiqués par Michel Hollard qui avaient découvert plusieurs rampes de lancement de missiles dans la région, la Royal Air Force put bombarder ces sites sauvant Londres d’un projet destructeur. Difficile d’imaginer cette fureur guerrière dans le cadre bucolique du parc qui ceint le château.

Autant d’affiches que de spectacles, ou comment remonter dans le temps de la création d’Alain Germain.

Dès le mois de septembre de cette année, les vestiges du Grand Blockhaus entièrement restauré seront ouverts au public pour raconter au fil d’une exposition cette incroyable histoire d’un héros oublié car il préféra confier ses plans à Winston Churchill qu’il avait eu la chance de rencontrer fortuitement plutôt qu’au Général de Gaulle qui s’en trouva fort vexé….

A lire ou relire: La Normandie, éternelle source d’inspiration (1/2)


Infos.

Le château de Bosmelet se situe au coeur du Pays de Caux, en Seine Maritime, à quelques enjambées d’Auffay. http://bosmelet.fr

Flaubert21 http://flaubert21.fr est la manifestation d’un projet public partagé par toutes les collectivités et autres institutions désireuses de rendre hommage à l’auteur normand et propose plus de 200 rendez-vous d’avril 2021 à juin 2022

Tout au long du mois d’août, en compagnie du conférencier Vincent Vivès, commissaire de l’exposition « Madame rêve en Bovary » à l’Opéra de Rouen, des conférences-randonnées seront organisées au départ de Vassonville. Inscription à l’office du tourisme Terroir-de-Caux +33 (0)2 35 34 13 26 ou Nos randos accompagnées | Office de Tourisme Terroir de Caux – Normandie à Quiberville-sur-Mer et Auffay (quibervillesurmer-auffay-tourisme.com)

 

 

 

 

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