La faillite de la Sabena fait encore des vagues… 20 ans plus tard !

Un article dans L’Echo m’a fait sursauter la semaine passée. Il précisait simplement que le dossier pénal de Sabena était clos ! De quoi et pourquoi parlons-nous encore de la Sabena, en faillite depuis le 7 novembre 2001 ?? Avec une dizaine de milliers d’emplois sacrifiés à la clé.

Le fleuron aérien de la Belgique, avec 90 avions, décapité. Une ambassadrice économique internationale depuis 78 années simplement rayée de la carte. Une curatelle belge désignée, idem pour les Suisses. Et depuis lors, une interminable suite de procès.

Bien sûr, côté belge, la curatelle pavoise : tout le monde a été payé, remboursé. Probablement vrai, mais les dommages moraux, eux, n’ont jamais été indemnisés. Vingt ans plus tard, on pourrait imaginer que les actifs de la société faillie ont été réalisés, et que le dossier soit totalement clos, mais c’est sans compter sur la ténacité de l’État, qui ne veut pas perdre la face. Et surtout pas les différents responsables politiques de l’époque, qui désirent rester « vierge » dans l’affaire. (Rik Daems et Didier Reynders, entre autres, dûment auditionnés l’été dernier)

En attendant curateurs et cabinets d’avocats continuent à être rémunérés sur les cadavres de la Sabena et du Swiss Air Group. Les Suisses pointent la responsabilité des dirigeants de la Sabena (et des politiques) pour avoir transféré des actifs (opération Butterfly) vers la filiale DAT (Delta Air Transport) de l’époque, qui fut la source du redémarrage et de la naissance de SN Brussels Airlines.

Côté belge, ne riez pas,… Comme déjà précisé, le dossier pénal est clos. C’est officiel ! Donc au parquet de décider de la suite. Sommes-nous repartis pour 10 années de procédures ??

Incroyable

On oublie également trop vite l’ambition sans bornes des Suisses qui ont poussé la Sabena à commander 34 Airbus supplémentaires, dont coût 1,9 milliards d’euros, alors que la compagnie, et surtout son Conseil d’administration, savait qu’elle serait incapable d’en supporter les frais. Et les promesses d’aides financières suisses ne furent jamais tenues…

Aujourd’hui encore, tout le monde s’accorde à dire que la Sabena n’aurait jamais dû être déclarée en faillite. Elle était LA pionnière de l’aviation belge avant de devenir LA victime « politique ». Triste fin, mais aussi triste suivi qui rappelle, encore et toujours, les pires souvenirs.

Aujourd’hui, en Afrique surtout, le nom de Sabena reste bien vivant. Celui de Brussels Airlines aussi, mais d’une manière bien différente. Espérons que ce nom au moins survivra à l’évolution aérienne que l’on connaît. Pour rappel, le groupe Lufthansa, lui, est soutenu par son gouvernement à coups de milliards d’euros !!

Repose en paix Sabena, ton nom restera inscrit dans l’Histoire.

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