La Commission Européenne se penche enfin sur les accords aériens avec les Emirats

Parfois, on comprend les britanniques favorables au Brexit. Il aura fallu des mois pour qu’on puisse donner un accord à la commission européenne des transports pour étudier si la concurrence aérienne avec les pays du Golfe était loyale. On aura dans le même temps enfouit sous le tapis la taxe GDS imposée indûment par le groupe Lufthansa.

Les ministres européens des transports ont donné leur accord

Les ministres des transports réunis à Luxembourg ont enfin décidé de voir plus clair sur les subventions éventuelles offertes à certaines compagnies aériennes du Golfe. Celles-ci pourraient fausser la compétitivité des compagnies européennes. Un mandat supplémentaire a été donné à la commission des transports pour étudier les accords avec la Turquie ainsi que les compagnies de l’Asean.

Les pays du Golfe représentent plus que la Chine, l’Inde et le Japon réunis

Le nombre de sièges sur les vols réguliers entre l’UE et les six pays du Conseil de coopération du Golfe, qui comprend également l’Arabie Saoudite, le Koweït, Oman et Bahreïn, ont plus que triplé au cours de la dernière décennie. Les Émirats Arabes Unis auraient plus de trafic direct avec l’Union Européenne que le trafic aérien venant de Chine, d’Inde et du Japon réunis. Il est incroyable qu’on ne puisse découvrir cette anomalie qu’aujourd’hui.

Il ne faut rien attendre avant 2019

Violetta Bulc, la commissaire au transport, précise déjà que « ces accords offriront de nouvelles opportunités commerciales dans le secteur de l’aviation, de nouveaux axes et de meilleurs tarifs pour les passagers, tout en garantissant un terrain de jeu égal pour nos entreprises».

On peut en douter quand on voit les différences en matière de charges sociales et de taxes en Europe. Si la question des subventions dans les pays du Golfe Persique est devenue politiquement sensible en Europe (et aux Etats Unis). La commission européenne des transports vise à parvenir à des accords d’ici fin 2019.

L’Europe reste pourtant divisée sur ces questions

La réunion à Luxembourg a montré que les pays de l’Union Européenne étaient divisés sur cette question de concurrence déloyale. Par exemple le Royaume Uni et l’Italie ne sont pas enthousiastes. On les comprend quand on voit Alitalia soutenue par Etihad et IAG dont le principal actionnaire est Qatar Airways. La France et l’Allemagne semblent eux plus déterminés sur la question.

Vers un allègement des prises de contrôles des compagnies aériennes

La commissaire au transport avait déjà indiqué son intention d’alléger la limitation de l’actionnariat hors européen qui aujourd’hui est limité à 49%. Etihad pourrait ainsi prendre le contrôle total d’Alitalia dont elle est aujourd’hui propriétaire à 49%. Qatar Airways pourrait également renforcer sa position d’actionnaire sur IAG dont elle détient 15%. On ouvrerait une boite de pandore.

Cette position rejoint les affirmations récentes de l’administration allemande

Un ministre avait évoqué la possibilité que Lufthansa puisse faire un partenariat avec une compagnie du Golfe au lieu de s’attaquer à cette concurrence. On avait évoqué il y a un certain temps une possibilité d’alliance avec Etihad. La compagnie franco-néerlandaise possède des accords avec Alitalia. Seront-ils maintenus ou renforcés ?

Les avis divergent sur cette question. Dans tous les cas, on peut être certain qu’une compagnie comme Air France-KLM ne restera pas isolée longtemps. Les syndicats auront largement fragilisé la compagnie et porteront une part de responsabilité.

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