La 5G, un enjeu capital dans la guerre économique sino-américaine

La 5G, un enjeu capital dans la guerre économique sino-américaine

Le monde a changé. En mieux ou en mal, c'est selon...© GettyImages

La guerre économique a ceci d’intéressant, c’est qu’elle coûte moins cher qu’une guerre tout court et qu’elle plus efficace. C’est la raison pour laquelle, les États-Unis sont en train d’étrangler la société chinoise Huawei pour empêcher au final la Chine de leur ravir leur place de première puissance économique mondiale.

Même sur le plan des guerres commerciales, le monde a fortement changé. Avant c’était la sidérurgie qui faisait l’objet d’un bras de fer entre la Chine et les Etats-Unis, c’était du temps de Georges W. Bush, c’était il y a une éternité !

Aujourd’hui, le bras de fer continue entre Donald Trump et la Chine mais cette fois, l’un des objets du litige n’est plus l’acier, comme le rappellent Les Echos, mais une ressource invisible à l’oeil nu : la 5G.

Ce que je veux dire par là, c’est que les Etats-Unis acceptent que la Chine puisse se développer, mais n’acceptent pas, et n’accepteront jamais, qu’elle puisse les dépasser en matière de nouvelles technologies.

Or, la 5G est un enjeu capital car, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas la 3G ou la 4G en mieux et en plus rapide, non, la 5G, c’est 1.000 fois mieux ! C’est la porte vers le monde de demain, vers les objets connectés entre eux et c’est la voie vers la voiture autonome. Autrement dit, la 5G, c’est l’économie de demain !

Or, justement, dans ce domaine-là, des sociétés chinoises, comme Huawei, sont parmi les leaders mondiaux ; donc, pas question que les États-Unis laissent ce genre d’entreprises fleurir sur leur territoire ou chez leurs alliés en Occident. Voilà pourquoi Donald Trump a pris en étau la société Huawei ; son administration soupçonne cette entreprise d’être le bras armé des services secrets chinois et donc d’être un cheval de Troie en Occident.
Huawei se retrouve ainsi sur la liste noire des entreprises avec lesquelles l’administration américaine interdit de collaborer, et donc, après Google, d’autres fournisseurs ont cessé de travailler avec elle… La firme chinoise est actuellement prise à la gorge, car elle perd des fournisseurs importants et risque de perdre aussi ses clients… En clair, Huawei est aujourd’hui la victime collatérale de la guerre froide que mènent les Etats-Unis contre la Chine.
C’est simple, les citoyens américains sont hostiles à toute forme de guerre hors du territoire américain, ils ne veulent plus que leur pays s’engage dans des conflits au bout du monde, que ce soit en Asie ou au Moyen-Orient. En revanche, la guerre économique est un substitut efficace : elle est tout aussi redoutable et coûte en principe moins cher. Le danger est qu’une guerre économique débouche, par accident, sur une guerre tout court comme le craignent Les Echos.
Graham Allison, un professeur de l’université d’Harvard a étudié les 16 cas historiques où une puissance dominante était challengée par une nouvelle puissance montante. Autrement dit, un pays numéro deux qui veut devenir numéro un. Il a constaté que dans les 16 cas de changement de régime, douze se sont soldés par une guerre. Il faut donc espérer que nous soyons dans les quatre autres cas…
Quand on y pense, on se dit que la difficulté à former un gouvernement fédéral en Belgique est au fond anecdotique à côté de ce genre d’enjeux. Je ne le dis pas pour minimiser ce qui se passe en ce moment dans notre pays, mais juste pour mettre les choses en perspective et rappeler le bonheur que nous avons de vivre en Belgique.
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