Knossos (Crète) : le berceau de l’Europe

La Crète regorge de vestiges de l’âge du bronze. Appelée époque minoenne dans cette partie-ci du monde, les ruines de Knossos sont le berceau de notre civilisation européenne. Le site grec connaît cependant une réputation inexacte et surfaite. Visite du lieu avec une guide locale excentrique.

Un chemin du combattant

Se rendre à Knossos (ou Cnossos) pourrait être comparé à l’un des douze travaux d’Hercule. Légèrement excentré d’Héraklion, nous vous conseillons de vous y rendre en voiture. Des navettes de bus desservent le site mais sont onéreuses et nécessitent au moins une étape Knossos_south_propylaeumen gare suivant l’emplacement de votre lieu d’hébergement.

Les bus sont néanmoins climatisés et confortables. A partir de 4 personnes, il sera préférable de louer une voiture. Le site archéologique est payant. Si vous souhaitez un guide, vous devrez compter quelques 25 € par personne, entrée comprise.

Les Russes qui y passent leurs vacances optent pour l’hélicoptère et la limousine (véridique). Ainsi que nous avons pu le constater, les belles moscovites s’y promènent en talons hauts et tailleur. D’après notre guide, quelque peu roublarde, il semblerait qu’elles n’aient pas tout à fait compris que le « palais » de Knossos soit un site archéologique vieux de 4.000 ans. Vous excuserez dès lors l’état des pavés qui n’est plus tout à fait de niveau. Néanmoins, le lieu peut s’enorgueillir de posséder la plus vieille route dallée d’Europe.

minotaure-theseeLe Palais minoen de Knossos : un récit homérique.

Relaté dans les récits d’Homère, l’existence de cette ville est restée une hypothèse jusqu’à sa découverte par un antiquaire grec à la fin du XIXe siècle. Rachetée par un archéologue anglais, Sir Arthur Evans, le site grec fut sondé et réaménagé suivant les préceptes de l’époque, critiquables désormais.

Des colonnes, des murs et des étages en béton y ont été élevés pour donner l’impression de ruines véritables. Au XXIe siècle, ces aménagements donnent parfois l’impression de visiter un parc d’attraction aux constructions aléatoires.

D’après la légende, le Roi Minos, fruit des amours de Zeus et d’Europe, aurait demandé à Dédale de construire le labyrinthe du palais afin d’y enfermer le Minotaure. Thésée, le fils du Roi athénien Egée, s’y fit enfermer après avoir séduit la célèbre Ariane, fille de Minos.

La mignonne obtint de Dédale un fil qu’elle offrit à Thésée pour retrouver la sortie. Naissance de la légende du fil d’Ariane. Le Minotaure battu, les amoureux s’enfuient. Fou de rage, Minos fait enfermer Dédale et son fils dans le labyrinthe.

Breughel l’ancien nous en raconta la suite : Ils fabriquèrent des ailes de cire et de plumes pour quitter leur prison. Icare, s’approchant du soleil, les vit fondre. Il tomba dans la mer qui porte désormais son nom (mer icarienne). On ne connaît pas à ce jour le nom antique des habitants de la cité palais. La civilisation minoenne doit son nom aux seuls récits d’Homère. 1280px-Northwest_Portico_Lustral_Basin_in_the_Knossos_Palace,_Crete_002Cependant, les égyptiens qui commerçaient avec Knossos la nommaient « Kaphti ».

Une ville sans enceinte : tout un symbole

Il ressort des fouilles que les villes minoennes ne possédaient pas d’enceinte. Royaume matrilinéaire, ses habitants n’étaient pas des combattants mais de grands commerçants.

Tout un symbole tant on sait que la création de l’Europe au lendemain de la guerre nous priva heureusement des conflits intérieurs. Qui plus est, la notion pécuniaire européenne, l’engendrant ou en résultant, y est installée depuis des milliers d’année. Les banques peuvent donc dormir tranquille. Les détracteurs des valeurs du vieux continent, même si elles peuvent être critiquables, ont peut être aussi oublié que la Crète fut depuis toujours « LE » lieu d’entrée par excellence des différentes invasions et migrations.

L’histoire nous apprend enfin que les tremblements de terre et les tsunamis mirent à mal la Cité. Celle-ci fut finalement conquise par les mycéniens, connus pour leurs palais forteresses. Point final de la symbolique.

9493908925_1265dbcce1_bUn lieu négligé

Nous l’avons dit, le lieu est le fruit d’une restauration hasardeuse, due à un anglais. Néanmoins, le site n’est pas correctement mis en avant alors que ses atouts sont nombreux.

Bien qu’il abrite le deuxième plus vieux théâtre au monde, le lieu manque d’emphase et de poésie.

Quelques aménagements professionnels et didactiques pourraient être proposés vu le prix demandé. A contrario, le site minoen de Gournia (photo ci dessous) est digne d’intérêt. Simplissime et faisant encore l’objet de fouilles, il a le mérite de ne pas être « pollué » par des bâtiments alentours. Il offre une vue imprenable sur le golf de Mirabello. Là, on sent l’âme et la mythologie des lieux.

GourniaMinoanPalaceCet article n’aurait pu être possible sans la complicité d’une guide francophone qui nous a accompagnés tout au long de la visite. Reconnue par le Ministère du Tourisme grec, elle peut être consultée via l’adresse kverrou@yahoo.gr. Elle répond au nom de Kelly Verros.

Contacté par nos soins, la Directrice du Tourisme Grec pour le Bénélux a refusé de nous donner de plus amples informations sur l’avenir du site. Pour reprendre ses termes : « Si Monsieur Samuel a déjà décidé d’écrire pour son expérience personnelle négative, je ne suis pas intéressée d’intervenir ». La démocratie grecque, berceau de la caricature et de notre vivre ensemble, ressemble parfois aux vestiges de Knossos : bancale.

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