Jetair, vous avez zéro… sur toute la ligne!

On se doutait bien que Jetair allait réagir à notre article d’hier. Mais pas à côté de la plaque, tout de même. Car passons sur l’orthographe : quelle brochure, quel site, quel magazine (PagTour, par exemple…) est exempt de coquilles ou d’approximations syntaxiques ?

Personne ne doute des efforts importants que Jetair a consenti en matière de traduction. La question n’est pas là.

En Suisse, pour ne citer qu’un exemple que tout le monde connaît, pas une seule entreprise n’oserait communiquer avec son marché autrement qu’en allemand, en français ET en italien.

Petits rappels

Le problème est que Jetair appointe à Héraklion une petite idiote mal formée, qui n’a « pas le temps » de s’occuper de ses clients — et qui en serait d’ailleurs bien incapable, si on lit bien l’article de Samuel… Résultat : une quinzaine, au bas mot, de clients francophones très, très mécontents. Et c’est ici qu’il nous faut rappeler quelques notions de marketing qui semblent étrangères aux gens d’Ostende, dans le langage financier puisque c’est le seul qu’ils comprennent.

Première leçon

Un client content en parle à trois personnes de son entourage, un client mécontent se plaint auprès de sept personnes. Dans l’autocar « distribuant » les clients dans les différents hôtels, il y avait au bas mot une quinzaine de francophones. Cela fera plus d’une centaine de « décideurs » qui seront dissuadés de faire appel à Jetair, soit autant de dossiers de perdus, pour en moyenne quelque 200 clients potentiels. A 760 € par personne, cela fait plus de 150.000 €, soit 6 millions d’anciens francs belges. Par semaine. Vu de la sorte, Messieurs de Jetair, est-ce que vous comprenez ? Quelle société peut se permettre de perdre autant d’argent ?

Avec votre premier concurrent, vous accaparez, ensemble, 90 p.c. du marché belge. Cela ne vous donne pas le droit de mépriser ainsi ceux qui vous font vivre. Ce qu’on vous reproche, Messieurs de Jetair, c’est votre formidable suffisance. Au lieu de répondre « Pardon, on ne le fera plus, on vous le promet », il faut encore que vous essayiez de nous faire croire que vous êtes irréprochables. A force de contempler votre nombril, vous vous êtes complètement déconnectés de la réalité, c’est-à-dire de votre clientèle.

Deuxième leçon

Or, à l’heure d’Internet, plus aucune société ne peut se permettre de ne pas fournir à ses clients les produits ou les services qu’elle promet. Sept personnes, en moyenne, auxquelles vos pauvres clients sur la Crète se seront plaints à leur retour ? Mais ça, c’était avant Internet ! Vous sous-estimez, Messieurs de Jetair, la puissance des réseaux sociaux : nous n’y serons pour rien, mais vous allez vous faire massacrer !

Troisième leçon

Enfin, ne perdez jamais de vue qu’il n’est pas d’exemple d’une société ou d’une marque qui soit née, ait vécu… et n’ait fini par disparaître. En ce qui vous concerne, nous savons déjà pourquoi.

Messieurs de Jetair, vous avez Zéro sur toute la ligne. Redescendez sur terre, repensez votre modèle économique, décidez, si vous le voulez, de vous passer de vos clients francophones et contentez-vous de vendre des sièges d’avion et des chambres d’hôtel : personne ne vous en tiendra rigueur.

Mais ne prétendez pas être une société de services : il y en a tant d’autres qui font cela beaucoup mieux que vous ne le ferez jamais

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