Il faut vraiment lire les «idées reçues» dans le tourisme et l’hôtellerie

Encore un aperçu complet réalisé par Coach Omnium et son président Mark Watkins. Au moins, il n’y a pas de langue de bois. Nous vous donnons quelques extraits savoureux …

Le France, est-elle vraiment la première destination touristique mondiale ?

« L’Insee évalue que près de 15 à 20 % des touristes étrangers, qui viennent en France, ne mettent les pieds dans notre pays que parce que nous sommes dans un couloir européen Nord/Sud pour transiter vers l’Espagne, le Portugal, l’Italie ou encore le Maroc.

Puis, en revenir. Il n’y a, à l’heure actuelle, aucune méthodologie, même approximative, qui vaille pour étudier et donc savoir ce que représente le tourisme en France. En somme, ce dont on est sûr …c’est qu’on ne sait rien. Et les chiffres statistiques — tant en termes de nombre de visiteurs que de recettes touristiques — sont fatalement faux à très faux.

Écrits comme sur un coin de table, ils sont diffusés avec la complicité crédule des médias. Or, ne quasiment rien savoir sur notre tourisme ne nous aide pas à déterminer les besoins en promotion, les investissements et les actions ciblées qu’il faudrait développer. A noter que la France n’est pas la seule à mentir dans ses statistiques touristiques. La plupart des autres pays le font également, sauf ceux qui imposent massivement des visas. »

Faut-il augmenter le budget de promotion touristique de la France

« Si l’on considère que plus on disposera de budget et qu’ainsi plus on pourra faire d’actions promotionnelles, la logique voudrait que les moyens disponibles soient rehaussés. Beaucoup se plaignent que l’Espagne, par exemple, ait un budget de promotion très supérieur à celui de la France. Mais, le fond du problème n’est pas forcément d’augmenter les budgets, mais plutôt de savoir comment les utiliser…

L’autre question habituelle est de savoir s’il est pertinent que tant d’intervenants agissent dans la promotion touristique de notre pays et ce d’une manière totalement désordonnée et hétérogène, en roues libres : Atout France, CRT, CDT/ADT, Offices de tourisme, etc. N’est-ce pas beaucoup d’énergie et d’argent parfois (souvent ?) jetés par les fenêtres, car non mutualisés ? »

La petite hôtellerie fait la force et le charme du tourisme français

« Notre offre hôtelière française est, parmi ses points forts, d’une grande diversité. Il y en a finalement pour tous les goûts et pour presque tous les budgets.

Sa caractéristique est de se composer de nombreux petits hôtels : l’hôtellerie indépendante en France (83 % des hôtels classés, sur un total de plus de 18.000 adresses) possède en moyenne 26 chambres, contre 82 pour les chaînes intégrées, ce qui donne une bonne notion de la différence d’envergure entre ces deux formes d’hôtellerie. Qu’entend-t-on par « charme » de la petite hôtellerie ? On pensera que ce qui est petit a généralement davantage de charme, est plus humain, que ce qui est très grand.

En hôtellerie, il en va de même si on compare une petite auberge à l’allure de maison accueillante, avec un hôtel de grande capacité dans une zone industrielle, aux allures architecturales moins avenantes. Beaucoup d’hôteliers indépendants, pour se distinguer des chaînes, disent « avoir un décor personnalisé » et jouer la tradition. C’est souvent vrai ; mais parfois la personnalisation n’a pas que du bon, quand on voit le résultat sur place… Et « traditionnel » veut souvent dire « vieillot ».

L’activité hôtelière en France recule »

« Les taux d’occupation de l’hôtellerie française, selon l’Insee (le seul baromètre conjoncturel fiable), non seulement ne reculent pas, mais sont stables, voire en hausse depuis une dizaine d’années. Il n’y a donc pas eu d’effet négatif d’Airbnb comme le dénoncent les hôteliers… »

On peut faire des prévisions conjoncturelles dans le tourisme

« Les boules de cristal de compétition et le marc de café magique font florès dans le tourisme et l’hôtellerie pour prédire la conjoncture sur une année à venir. Voire, sur 3 années futures, comme certains osent le faire. »

Des hôtels 4 étoiles comme s’il en pleuvait

« Avec à présent plus de 1.900 hôtels classés 4 étoiles et 390 homologués 5 étoiles (décembre 2018), le parc hôtelier premium français a enflé de près de 270 % depuis 2009, soit 1.450 adresses de plus !

Il y avait à peine 840 adresses de ce type il y a 9 ans, qui représentaient 10 % de l’offre en chambres et moins de 5 % des hôtels. Aujourd’hui, ils pèsent 22 % du parc hôtelier français (en chambres). »

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« Les groupes hôteliers sont devenus des groupes financiers »

« Bien que restant sur le papier des sociétés de services, les groupes hôteliers, parmi les plus imposants, sont effectivement devenus de vraies sociétés financières. L’actionnaire impose désormais sa loi, ce qui fait que les temps ont bien changé depuis ces dernières décennies, avec une métamorphose du marché et de ses conditions de fonctionnement.

Pour ne parler que de la France, tous les groupes de tourisme et d’hôtellerie étaient à leur création et ce durant des années dans un capitalisme de personnes et/ou familiale : Accor, Louvre Hotels, Club Med, Pierre & Vacances, B & B… Depuis en moyenne les années 1990 et plus massivement après, ils sont devenus des entreprises intégrant un capitalisme de marché.

Soit, ces entreprises sont entrées en bourse, soit elles ont ouvert leurs portes en grand à des fonds d’investissements pour épauler leur développement, soit les fondateurs ont cédé leur entreprise (ou ont été contraints de la céder) à des structures à vocation principalement financière. »

« Les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration sont individualistes »

« En fait, ils le sont dans leur grande majorité comme l’ensemble des Français ! Plus concrètement, plus de 60 % des hôteliers classés et la quasi-totalité des hôteliers non classés n’adhèrent à aucun réseau (chaîne volontaire ou intégrée), ni à aucun système promotionnel mutualisant. Ce chiffre est encore plus prononcé (plus de 90 %) chez les restaurateurs »

« Les résidences de tourisme sont une concurrence déloyale pour l’hôtellerie »

« Il y a aujourd’hui près de 2.300 résidences de tourisme en France contre 2.000 il y a 6 ans, soit une évolution devenue molle. Sur ce parc actuel, on trouve environ 500 unités urbaines — que l’on appelle « appart ’hôtel » — et presque 1.400 classés (étoiles). Il est difficile de dire que les résidences de tourisme forment réellement une concurrence déloyale à l’égard de l’hôtellerie, dès lors où les unes et les autres sont globalement soumises au même code du commerce que les hôtels.

Mais, il est vrai que les résidences de tourisme ont curieusement moins d’obligations réglementaires à respecter que les hôtels, ou en tout cas, celles-là sont moins drastiques. Par exemple, et ne pouvant tout décrire ici, n’étant pas strictement considérées comme des ERP (établissement recevant du public — sauf si la totalité des locaux appartient au même propriétaire), les résidences de tourisme n’ont pas à mobiliser un personnel 24 heures/24, dont un veilleur de nuit. »

« Airbnb prend massivement des clients aux hôtels »

« C’est à grands cris et d’accusations arbitraires que les hôteliers avancent que la plateforme de locations de logements entre particuliers leur prend massivement leurs clients. Le problème est que cette dénonciation ne tient pas debout.

Elle est totalement gratuite. Malgré l’expansion astronomique d’Airbnb (sa création date de 2008, en Californie) depuis ces dernières années, dont fortement en France — son second marché après les États-Unis —, et malgré également près de 7 % de chambres de plus en hôtellerie sur ce même laps de temps, les taux d’occupation de notre hôtellerie sont les mêmes depuis une dizaine d’années (hormis les moments d’attentats). Ils ont même puissamment augmenté en 2017 et en 2018. De plus, il y a davantage de nuitées hôtelières, passant de 188 millions de nuitées en 2009 à 210 millions en 2017.

En réalité, Airbnb développe sa propre clientèle additionnelle, dont les « millennials », qui fréquentent peu à pas l’hôtellerie. Et cela n’empêche pas les voyageurs de continuer à aller dans les hôtels, le cas échéant, au moins pour leurs séjours professionnels ou très courts séjours. Nos études le confirment. » Pour information, l’ensemble du dossier peut être consultable : https://www.coachomnium.com/bonus/idees-recues-tourisme.html

On suggère à Mark Watkins de parler une prochaine fois de la relation des hôteliers avec Booking, Hotel…. Mais également avec les agences de voyages. Il fut un temps où les agences de voyages ne prenaient que 8 è 10% de commission. Les hôteliers ont largement boudé cet axe de distribution.

Un autre point qui pourrait être évoqué, c’est la tristesse des sites internet des hôteliers. Rares sont ceux qui soient réellement performants.

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