On croyait que le ciel était désormais sans nuages chez Air France-KLM. Accord des pilotes sur Trust et annonce de la future low-cost Joon, entrée de Delta et China Eastern dans le capital du groupe aérien français et prise de participation chez Virgin Atlantic. Mais le gros problème est dans la filiale régionale Hop.

Des retards, des annulations, des démissions

On aura vu passer la grève des personnels de bord en avril, celle des pilotes en juillet. En complément, les passagers sur Hop ont subi de nombreux retards et des annulations de vols cet été. Le PDG de Hop! Philippe Micouleau a démissionné et de nombreux pilotes sont passés chez Air France.

La filiale Hop ! est née d’un regroupement

Cette filiale a été créée le 31 mars 2013. Elle résulte de la fusion des trois anciennes filiales régionales d’Air France : Brit Air, Régional et Airlinair. Hop ! opère des vols quotidiens vers plus d’une centaine de destinations françaises et européennes. Les pilotes ont alors bénéficié d’un accord qui aujourd’hui met en danger la compagnie aérienne.

Des appareils cloués au sol faute de pilotes

En vertu d’un accord de 2014, Air France s’est engagée à réserver le tiers de ses embauches aux pilotes de Hop!. Depuis l’année dernière, 450 pilotes de Hop ! sur un effectif total de 900, ont postulé chez Air France, 140 ont réussi la sélection et 44 sont déjà partis.

Selon Armand Simon, président du SNPL Hop! ALPA, indiquerait que « le sous-effectif est tel que nous avons 10 avions cloués au sol en permanence, faute de pilotes et d’anticipation du problème par la direction ».

Les syndicats dénoncent le « burn out » des pilotes

En complément des sous-effectifs, les syndicats dénoncent une fatigue des pilotes. Selon un sondage, 43% des pilotes interrogés diraient être « à bout de force », et 15% estiment l’être « très souvent ou toujours ». Une des causes serait des rotations de type « 3/3 », trois vols dans la journée, une nuit courte, puis trois vols le lendemain.

Les syndicats veulent remettre en question cet accord et espère une invalidation par la justice. L’éventuelle suppression de cette dérogation à la réglementation du temps de repos nécessiterait 20 % à 30 % de pilotes supplémentaires, pour le même programme. La compagnie aérienne qui se dirige déjà vers une perte d’au moins 50 millions d’euros en 2017, devrait voir alourdir le déficit.

Les négociations devraient être encore serrées entre direction et syndicat. Le changement, ce n’est pas pour maintenant !

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