Grèves en France : les hôteliers tirent le signal d’alarme !

Des annulations en cascade dans les hôtels de la capitale, des restaurants désertés midi et soir, y compris par la clientèle de quartier qui perd l’envie de festoyer, des « événements » et privatisations reportés de plusieurs mois, des équipes décimées faute de pouvoir rallier la capitale… ces 6 premiers jours de grève plombent dangereusement l’activité des professionnels du tourisme et de la restauration et n’hésitent plus à prédire « la catastrophe ».

Pour les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration, la grève, qui vient d’être reconduite jusqu’à vendredi inclus, impacte déjà dangereusement un mois de décembre pourtant crucial. « On a besoin que ça s’arrête, sinon on court à la catastrophe », s’alarme Franck Delvau, président de la branche Paris de l’Union des Métiers et Industrie de l’Hôtellerie (Umih), qui représente environ 2.000 établissements.

Baisse des réservations entre 30 et 50%

« Depuis jeudi dernier les réservations d’hôtels ont chuté de 30 %, dans les restaurants la baisse atteint 40 à 50 %, et le phénomène s’accentue. Les touristes qui viennent de très loin ne sont pas concernés, mais la clientèle européenne et française renonce. Pourquoi venir à Paris s’il n’y a pas de transports et aucune certitude sur les musées, les monuments comme la tour Eiffel, qui a fermé jeudi dernier ? »

Autre « dommage collatéral », qui touche plus encore les cafés et restaurants : les manifestations à répétition. « Le préfet impose de tout fermer sur les trajets des manifs, c’est un problème ponctuel de plus, pour des établissements dont le personnel subit aussi les difficultés pour venir travailler », rappelle le président de l’Umih Paris.

Vers la catastrophe ?

En quelques heures, l’estimation de 30% d’annulation évoquée à l’Umih semble périmée. «C’est la fourchette basse », confirme en effet Franck Trouet, porte-parole du GNI-Synhorcat, le groupement patronal des indépendants hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs, qui représente environ 6.000 établissements dans la capitale (15.000 en France). Les chiffres ont parlé dès jeudi dernier, au premier jour d’une grève dont personne ne savait vraiment quelle tournure elle prendrait. Et combien de temps elle durera…

« Sur la seule nuit de jeudi, juste au début du mouvement, les réservations d’hôtels avaient déjà chuté de 30 à 40%, précise-t-il, et celles des restaurants de 40 à 50%. L’annonce de la prolongation du mouvement a eu un impact immédiat : des tablées réservées qui s’annulent à la chaîne, c’est un gros coup au moral et au portefeuille ». Ouvertement « très très inquiets » pendant le week-end dernier, cette semaine les professionnels n’hésitent plus à prédire « la catastrophe ».

(Avec AFP)

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