Genève, une ville suisse tellement occidentale

Les 84 jets d’eau qui composent la fontaine spécialement conçue pour la place des Nations s’animent de manière ludique et font le bonheur des touristes lors des fortes chaleurs estivales.

Ne nous laissons pas guider par les clichés d’une ville austère impactée par le calvinisme ou encore d’une ville aux mains de riches banquiers, de joailliers de luxe ou d’organisations internationales. Genève offre bien plus, à la fois chic et décontractée, traditionnelle et avant-gardiste et tellement vivante sous le soleil.

Entre lac et sommets

Genève est d’abord une ville qui se découvre avec plaisir à pied si l’on excepte le quartier des Nations et Carouge, deux destinations incontournables et plus excentrées. Mais autant commencer le séjour par une croisière d’une petite heure sur le lac Léman, une formule idéale pour découvrir l’urbanisation de cette ville établie dans la baie où le Rhône quitte le lac avant d’entamer son parcours en France vers le delta de Camargue.

Sur les quais ou dans les parcs, les amateurs de musique sont invités à jouer sur des pianos mis gratuitement à disposition de la population

Le pont du Mont-Blanc permet de rejoindre les deux rives du Léman bordées de quais qui se partagent entre des parcs arborés, des plages animées, un village suisse resserré autour de sa roue, des jetées, des flottilles de voiliers et le bâti classique avec les palaces devant et les quartiers plus populaires derrière.

Ici on ne multiplie pas les clochers comme dans d’autres grandes villes, à peine un, celui de la cathédrale St-Pierre étroitement maintenu entre deux tours d’allure château plutôt que cathédrale. On y retrouve l’empreinte du protestantisme qui n’a nul besoin pour exister de l’exubérance des autres religions chrétiennes.

La plus célèbre des horloges genevoises est sans conteste l’horloge fleurie du Jardin anglais.

La ville est adossée à une montagne, le Salève, tellement associée à Genève qu’on en oublie qu’elle se situe en France. C’est que depuis là-haut le panorama est somptueux sur la ville et son environnement montagneux qui déroule des neiges éternelles.

Enfin il y a le lac et son jet d’eau, symbole de « la plus petite métropole du monde » qui pulvérise 500 litres d’eau par seconde à la vitesse de 200km/h à 140 mètres de haut.

Quand le bateau s’en approche, on le devine mobile et prêt à se déplier sous la brise avant de retomber comme un voile vaporeux. C’est aussi depuis le bateau que l’on mesure que si la ville haute semble plus sévère, la ville basse aligne plusieurs hôtels particuliers élégants et se veut largement commerçante en rassemblant une foule de chalands.

Lorsqu’on arrive par le lac, en vue de Genève, on découvre un phare qui rayonne depuis 120 ans sur le musoir de la jetée des Pâquis

Enfin on est bluffé par la jetée des Pâquis ponctuée d’un phare et envahie par les baigneurs qui peuvent s’y ébattre depuis un siècle déjà, quand ils ne trouvent pas l’eau trop froide !

Elle est aujourd’hui le lieu de divertissement à la mode, à la fois une place de village avec ses bancs et offres de restauration et une plage avec ses plongeoirs qui permettent de s’immerger dans le lac. Ici toutes les classes sociales se croisent, et Genève parle toutes les langues entre les tables où les soirées se prolongent autour d’un repas.

Les différentes facettes de Genève

La vieille ville haute se découvre aisément à pied.

Des siècles passés, Genève a conservé sa ville haute, que l’on appelle volontiers la Vieille Ville, aristocratique et centre du pouvoir tour à tour protestant et cantonal.

Véritable labyrinthe de venelles avec d’innombrables boutiques et restaurants qui reflètent le cosmopolitisme de Genève et qui s’enroulent autour de la cathédrale protestante et de l’hôtel de ville imprégné de style Renaissance.

A ses pieds la ville basse, qui s’étire le long du Rhône, aligne les rues les plus commerçantes de Genève où se succèdent entre autres les plus grands joailliers et horlogers du monde.

Symbole du rayonnement de la Rome protestante dominant la vieille ville, la cathédrale Saint-Pierre renferme des trésors archéologiques de la préhistoire au Moyen Âge.

D’une berge à l’autre du fleuve, reliant des îlots et des quais bordés de cafés, subsistent des souvenirs de l’histoire de la ville : l’île Rousseau aménagée en souvenir de Jean-Jacques Rousseau, citoyen de Genève au 18ème siècle, le pont de la Machine où un élégant édifice industriel abrite aujourd’hui la Cité du Temps où s’exposent tous les modèles Swatch depuis 1983, le Bâtiment des Forces Motrices, un imposant bâtiment industriel enjambant le fleuve et réaménagé en scène de spectacles.

Une Genève plus discrète se découvre derrière la gare Cornavin, dans un quartier populaire quelque peu bohème, celui des Grottes avec ses ruelles arborées, ses cours communicantes et un petit parc des Cropettes qui abrite une école primaire conçue en 1901 dans le pittoresque style national suisse.

C’est aussi dans ce quartier que s’est élevée une cité d’habitations construites sans angles droits à la mode de Gaudi avec des mosaïques, des arabesques, des escaliers en colimaçon et des couleurs contrastées. L’ensemble qui évoque de gros champignons porte d’ailleurs le nom insolite de Schtroumpfs.

Ambiance de village méditerranéen les jours de marché dans le quartier de Carouge.

Dernière escapade incontournable, l’ancien faubourg de Carouge qui appartenait au Royaume de Piémont-Sardaigne à la fin du 18ème siècle et qui s’étirait le long de l’Arve, la frontière naturelle entre l’austère cité calviniste et le joyeux royaume catholique Sarde.

Une main mise d’une vingtaine d’années suffisante pour transformer ce quartier en îlot italien avec ses maisons basses aux couleurs pastel, ses toits de tuiles et ses volets à persiennes. A découvrir les jours de marché pour mieux y sentir l’ambiance de village qui rassemble les habitants.

A Carouge l’art s’invite en rue avec un cortège de 200 parapluies colorés qui protègent les promeneurs de la pluie comme du soleil.

Capitale de la paix

Dès le Moyen-Age, avec le développement du commerce en Europe, des foires internationales de 6 à 7 semaines se multipliaient de ville en ville et Genève, étape obligée sur la route de l’Italie, s’ouvre ainsi au monde. Quand Calvin s’y installe au 16ème siècle, il y imprime sa marque et la ville devient à la fois une pépinière de pasteurs qui exercent jusqu’en Pologne et une terre d’accueil pour les opprimés d’Europe chassés par la Réforme.

Au 18ème siècle, Genève et le Lac Léman sont encore une escale incontournable pour les jeunes aristocrates britanniques qui s’offrent un grand tour à la découverte de l’Europe avec pour destination finale l’Italie, tout cela pour parfaire leur éducation.

Impressionnantes statues de prisonniers ou de réfugiés aveuglés à l’entrée du musée international de la Croix-Rouge.

Un siècle plus tard, le Genevois Henry Dunant fonde le Comité International de la Croix-Rouge et la ville prend une part active au service de la neutralité au point de compter davantage d’organisations internationales que toute autre ville au monde, près de 300 et pas des moindres : l’OMC, l’OMS, le CICR et surtout le siège européen des Nations Unies, autant de centres de diplomatie multilatérale qui se veulent des consciences de l’humanité.

Cet épanouissement de sociétés permet aussi l’émergence d’une communauté internationale qui ne cesse de s’affirmer à Genève. Quelque 200000 habitants dont 40 % au moins d’étrangers, ce qui explique qu’elle soit polyglotte et multiculturelle et que le visiteur se sente bien dans la plus provinciale des villes internationales.

Dans le quartier des Grottes, l’univers imaginaire des Schtroumpfs est recréé sous forme d’habitations aux courbes extravagantes qui rappellent le travail de Gaudi et évoquent les champignons dans lesquels vivent les petits héros bleus de Peyo.

Raison de plus pour rejoindre la route des organisations internationales qui s’égrènent sur la colline, au nord-est de la ville.

Elles se découvrent depuis la célèbre place des Nations où se dresse une haute chaise amputée créée par un artiste genevois pour symboliser la lutte contre les mines antipersonnel.

C’est depuis cette place que s’ouvre l’emblématique allée qui mène au palais des Nations-Unies, bordée des 192 drapeaux des États membres.


Infos :

Un site incontournable www.geneve.com/fr

Une citycard utile, le Geneva Pass www.geneve.com/fr/a-voir-et-a-faire/geneva-pass

Se loger : Hôtel Cristal proche de la gare et des quais https://hotel-cristal-geneva.hotels-geneva.org/fr Il offre 30% de réduction très appréciable sur le parking de la gare. De plus chaque client y reçoit un Geneva Transport Card donné gracieusement (même en auberge de jeunesse ou en camping), une carte personnelle qui permet d’utiliser sans limites le réseau genevois des transports publics (bus, train et mouettes-les bateaux jaunes qui traversent le lac d’une berge à l’autre-) pour toute la durée du séjour, jour du départ inclus.

 

 

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