Eurowings, pas le bon modèle
pour Brussels Airlines

La filiale low-cost de Lufthansa qui, rappelons-le, avait opportunément changé de nom juste après le dramatique épisode du vol Germanwings, semble en difficultés. La compagnie annonce deux suppressions de lignes long-courrier : celles vers Dubaï et celle vers Boston. La ligne Cologne-Dubaï avait été inaugurée en décembre 2015 avec 3 rotations par semaine, et celle reliant Cologne à Boston n’avait commencé que le 1er juin !

Excuses en langue de bois

Dans pareils cas, la langue de bois est celle la plus communément employée : il s’agit pour la compagnie « d’assurer la stabilité du programme long-courrier », ce qui, on en conviendra, ne veut absolument rien dire. Cherchons donc les vraies raisons.

D’abord, il semble évident que le choix de Dubaï était un mauvais choix. La destination était déjà proposée au départ de Francfort et Munich, mais aussi d’Hambourg et surtout Düsseldorf, à 30 km à vol d’oiseau de Cologne, par Emirates et LH. Sans compter la présence en Allemagne des autres compagnies du Golfe : Qatar, Etihad, Gulf ou Kuwait. C’était suicidaire.

Mauvais choix, au départ…

Pour Boston, la concurrence était moins rude : elle émanait de la maison-mère LH, mais surtout d’Air Berlin au départ de Düsseldorf. Encore un mauvais choix donc, peut-être pas de destination, mais de point de départ.

Problème de surcapacité, donc, et perte de rentabilité comme conséquence inéluctable. D’autres raisons sont pointées du doigt, notamment un manque notable de pilotes pour les A-330. On en parle rarement, mais c’est aussi par manque de pilotes que Vueling a eu pas mal de problèmes cet été.

.. ou mauvais départ, au choix.

Enfin, il y a le lancement raté d’Eurowings sur les marchés long-courrier, notamment vers la Thaïlande et Cuba. C’est étonnant vu la mainmise de Lufthansa sur Eurowings, et la grande expertise de LH sur les long-courriers. On pourrait penser qu’Eurowings a servi de laboratoire pour une refonte complète éventuelle à l’intérieur du groupe LH. On a souvent parlé que notre Brussels Airlines pourrait un jour être absorbée par Eurowings. LH a laissé les deux compagnies faires leurs expériences, et la Belge, sur un petit marché, s’en tire plutôt bien avec son système de tarification très souple, qui en fait un modèle intermédiaire entre une compagnie régulière et une low-cost.

Quel avenir ?

Eurowings a aussi proposé trois classes différentes sur ses vols long-courrier, avec des niveaux de services et de « pitch » (espace pour les jambes) différents. Mais on ne comprend pas trop pourquoi :  on peut choisir de faire du low-cost et donc du low-service, mais pas de concurrencer sa propre maison-mère. En interne, cela discute ferme, et il n’est même plus exclu qu’Eurowings disparaisse : si pas entièrement, du moins sur son réseau long-courrier. À suivre.

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