Eurostar: prochaine victime de la pandémie et du Brexit?

Dans un communiqué de presse de dimanche dernier adressé au gouvernement de Boris Johnson, plusieurs chefs d’entreprise britanniques ainsi que l’administration de la société Eurostar lui ont demandé d’intervenir rapidement et de sauver ce lien vital avec l’UE.

Ils rappellent que des prêts gouvernementaux ont été accordés à l’aviation, mais peu ou pas aux trains à grande vitesse internationaux qui ont également pâtit de l’état d’arrêt presque total du service.  

Eurostar est détenu majoritairement par la SNCF, qui a renfloué de 200 millions d’euros les caisses de la société au pire de la crise, mais aucune aide n’a été apporté côté anglais.

Alors que d’autres opérateurs ferroviaires franchisés opérant sur le royaume, en grande partie détenus par des sociétés étrangères, ont bénéficié d’un fond de 8 milliards de livres sterling pour l’exercice 2020, dans le cadre d’accords d’urgence depuis le début de la pandémie de coronavirus.

L’Eurostar est passé d’un service chaque heure, dans les deux sens, à deux trains par jour, et 95% des réservations étaient annulées lors de la première vague de la pandémie de Covid 19. Sa faillite porterait un coup dur à l’économie britannique car, outre le service passager, le fret routier sous le tunnel est l’une des clés de l’approvisionnement du royaume, avec les ferries.

Les chefs d’entreprise britanniques ont écrit au chancelier Rishi Sunak et au secrétaire aux transports Grant Shapps pour les exhorter à sauver le service. Parmi eux figurent Brian Bickell, directeur général de Shaftesbury, propriétaire du West End de Londres, et Richard Foley du cabinet d’avocats Pinsent Masons, l’un des plus importants du pays. Ils exigent le même accès aux fonds que les autres sociétés aidées par le gouvernement britannique.

Les hommes d’affaires réitèrent l’avertissement qu’Eurostar pourrait manquer de fonds pour exploiter le service à destination et en provenance de la gare de London St Pancras.

Les 28 dirigeants qui ont signé ont déclaré que, avec le nombre de touristes internationaux susceptible de rester faible au moins jusqu’au printemps 2021, la perte de la liaison serait un coup dur pour l’économie de la capitale et du Royaume-Uni dans son ensemble.



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