Escapades à Liège, notre ville (1)

Le canal de l’Ourthe, un projet jamais achevé qui offre depuis une ambiance hors du temps même si la ville se devine toute proche

D’un bout à l’autre de la planète terre, les frontières se sont fermées que ce soit pour mieux se protéger de ce très envahissant Covid-19 ou mieux l’éradiquer, c’est selon et souvent tout à la fois. Nous voilà coincés chez nous, dans l’impossibilité de partir en voyage malgré la belle saison qui cette année s’est ouverte dès le printemps, idéale pour couvrir nos reportages.

Nous qui choisissons autant que faire se peut de mettre à l’honneur des coins de pays méconnus, des terroirs naturels authentiques, des paysages insolites, nous voici obligés de nous recentrer sur notre environnement direct.

Les escaliers liégeois font partie des charmes cachés de la cité

Mais au fil de promenades urbaines ou bucoliques, nous nous sommes laissés apprivoiser avec bonheur par Liège, notre ville. On vous emmène !

Nous vivons au cœur de Liège, à deux pas de l’Opéra Royal de Wallonie, du Palais des Prince-Evêques, de la butte de Pierreuse et de l’hôtel Van der Valk Sélys.

Depuis le confinement nous avons opté pour une promenade quotidienne pour ménager notre santé et nous maintenir en forme.

Petit à petit nous avons élargi notre espace de découverte fuyant les espaces urbains trop fréquentés dans les heures douces de fin d’après-midi pour leur préférer les coteaux de la ville ouvrant des panoramas inédits sur Liège ou ses buttes arborées que seuls les habitants des lieux semblent connaître, surtout quand il faut promener un chien.

Depuis le sentier de Favechamps, le regard s’ouvre sur la ville au-delà des vergers et des prairies noyées de jonquilles

Les coulisses de la ville

Cité épiscopale millénaire, Liège a conservé de nombreux vestiges de sa gloire passée bien connus de tous : un spectaculaire palais des Prince-Evêques, un chef d’œuvre de fonds baptismaux, la glorieuse maison Curtius, plusieurs collégiales abritant de paisibles cloîtres, … Liège n’a cependant rien d’une ville-musée figée dans son passé historique.

Une des 8 impasses du quartier Hors-Château, un havre de quiétude à proximité immédiate du centre historique

De quartier en quartier, elle n’offre pas un visage unique. Bien au contraire. Et le joyeux désordre de sa façade urbaine déroute plus d’un visiteur.

Pourtant, celui qui prend le temps de s’y attarder, guidé par sa seule intuition, risque bien d’y revenir encore, séduit par son magnétisme.

Liège regorge de petits espaces secrets qu’il faut apprendre à débusquer.

C’est entre autres le cas des nombreuses impasses de la rue Hors-Château, au pied de la colline de la Citadelle. Annoncée par un porche ou une porte cochère, chacune ouvre sur une venelle étroite qui se faufile entre d’anciennes maisons ouvrières dont la modestie contraste avec le prestige des maisons bourgeoises du quartier.

La plupart sont de briques et de colombages, mais des restaurations à l’identique en côtoient d’autres, beaucoup plus contemporaines, qui se manifestent, entre autres, par de larges fenêtres ouvertes sur une courette fleurie.

Découverte depuis les hauteurs de Cointe, la gare des Guillemins émerge d’un environnement passéiste en passe de se transformer

Un exemple, l’impasse de la Vignette qui rappelle que le site était autrefois dédié à l’activité viticole. Les coteaux étaient couverts de vignes et la maison qui ouvre l’impasse était un pressoir.

La ruelle débouche sur un jardin bordé de façades pimpantes, envahies par des glycines chargées de lourdes grappes mauves odorantes.

Un chat s’étire paresseusement sur une chaise canée. Des socles de pierre servent de support à d’autres jardinières, envahies d’hortensias bleus et de lauriers roses. Magie du patio qui explose de couleurs délicatement parfumées et qui crée le miracle de la quiétude au cœur de la ville.

Les venelles d’Outremeuse sont recherchées pour leur pittoresque.

C’est en Outremeuse, dans cet îlot cerné d’un côté par la Meuse et de l’autre par sa Dérivation, que Tchantchès naquit entre deux pavés, préférant d’emblée l’alcool au lait maternel, c’est là aussi que se sont enracinés les souvenirs d’enfance et de jeunesse de Georges Simenon, tellement présents dans son œuvre.

Sans doute l’esprit de Liège est-il partout dans la ville mais son cœur bat en Outremeuse, malgré la mosaïque culturelle et colorée du quartier, dans le labyrinthe de venelles et de placettes, dans les courettes et les jardinets, le long des quais et des anciennes maisons bourgeoises et à l’ombre des potales, ces menues chapelles bleues et blanches aux couleurs de la Vierge, à découvrir au fil de la flânerie.

Tous les endroits sont bons quand il s’agit de pêcher, même ici à la pointe de l’écluse sur le canal Albert

Enfin, la promenade la plus courue de la ville c’est bien sûr celle qui longe la rive gauche depuis la statue du Roi Albert jusqu’au pont de Fragnée pour revenir ensuite par les berges de l’Ourthe et l’îlot de la Boverie.

De part et d’autre du fleuve, les quais offrent une vue généreuse sur la vie des bateliers qui ont pu poursuivre leur travail malgré le confinement.

La verdoyante butte du Thiers de la Chartreuse

Les enfants se défoulent sur leurs petits vélos, trop heureux de pouvoir profiter de ce bel espace sous la houlette d’un papa enfin disponible. Les joggeurs sont aussi de la partie et les longues banquettes en bois et même les berges herbeuses se parsèment de curieux qui se laissent distraire par le va-et-vient des promeneurs ou qui profitent tout simplement de ce vaste jardin ensoleillé sans oublier les distances de sécurité.

Texte : Christiane Goor Photos : Charles Mahaux


Infos pratiques : Outre le site de l’office du tourisme de la ville www.visitezliege.be/ il existe un petit guide inspirant, Liège à pied, réalisé par 3 Liégeois qui font découvrir la Cité ardente à travers 7 parcours originaux voire insolites. Pensez aussi à la butte de Cointe qui offre des vues panoramiques sur la ville et la silhouette futuriste de sa gare signée par Calatrava ou encore au quartier du Laveu dont les habitants forment une petite communauté encore plus soudée depuis le confinement au point que l’expression « vive les voisins » prend ici tout son sens.

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