En France, une OTA pour concurrencer Airbnb et Booking

Le gouvernement français a annoncé qu’il allait construire une OTA (agence de voyage en ligne) pour concurrencer Booking.com et Airbnb. Le site Web sera le fruit d’une collaboration entre le gouvernement et l’industrie touristique.

Cette nouvelle initiative fait partie du plan de relance plus large du gouvernement pour aider à relancer l’intérêt des touristes pour la France, a annoncé le Premier ministre Édouard Philippe.

L’investissement total sera d’environ 18 Mds €, dont 1,3 Md € d’injections directes de trésorerie, ainsi que l’accès à un fonds de solidarité de 10.000 € pour les entreprises de plus de 20 salariés.

Un nouveau chapitre

L’ajout d’une nouvelle plateforme marque un nouveau chapitre dans les relations difficiles de la France avec Airbnb et les locations de courte durée. L’effort prendra cependant plusieurs mois avant son achèvement, et aucun délai n’a encore été fixé pour son lancement.

Précédemment, les sénateurs y étaient allés de leurs propositions pour sauver l’industrie touristique et, de même, les députés membres du groupe PS et apparentés, qui réclamaient la création d’un « Airbnb français », d’une taxation des OTA et 32 autres mesures.

Un enthousiasme modéré…

L’initiative gouvernementale n’a pas suscité d’emblée un enthousiasme débordant de la part des professionnels concernés : tout au plus un accueil poli, laissant tout de même poindre un certain scepticisme. D’autant que les réservations directes sur les sites Internet des hôtels ne cessent d’augmenter, et viennent désormais en troisième position après Booking et Expedia.

Dans ce contexte, un mouvement spontané d’hôteliers, groupes et indépendants, vient d’ailleurs de voir le jour. Son site, Sauve Ton Hôtel, propose, en direct, des offres attractives pour partir en France cet été. En une semaine, le site a triplé le nombre de ses sympathisants.

Désormais, il réunit aussi bien des dizaines d’hôteliers indépendants que le groupe Elegancia Hotels, l’enseigne Okko Hotel, les Maisons de Georges ou encore les Hôteliers Impertinents. « Cet été, nous aurons de la chance : la première destination de tourisme mondiale, à savoir la France, sera rien que pour nous », se réjouit Kevin Machefert, directeur commercial, marketing et IT du groupe hôtelier familial Machefert. [Source : L’Hôtellerie-Restauration]

Le contre-exemple wallon

La Wallonie a eu, en son temps, un service de réservation hôtelière (manuel, il est vrai) mis en place à grands frais par l’Office de Promotion du Tourisme et rapidement abandonné… Depuis lors, elle a mis au point une base de données, dont elle est à juste titre très fière, Pivot, qui prétend à l’exhaustivité.

Toutes les informations légales, techniques, etc. de chaque hébergement en Wallonie, de l’auberge de jeunesse au 5 étoiles, sont censées s’y trouver. Cet outil, qui a demandé des années de développement, est inconnu du grand public et ne permet d’ailleurs pas la réservation. Pour toute information, s’adresser à Google.

Avec la requête <hotels wallonie> on obtient successivement des liens vers Booking, Tripadvisor et, enfin, le site d’informations générales <walloniebelgiquetourisme.be> qui propose un onglet « où-se-loger ». Cliquer sur le bouton « Réserver » renvoie l’internaute vers le site de l’hôtel. Viennent ensuite les sites de Logishotels.com, hotels.com, charmehotels.fr puis, de nouveau, Tripadvisor.

Un service offert, en somme, pour un peu plus de 3.000 hôtels dans la Région, les 620 établissements de la Région bruxelloise n’y figurant pas. A comparer aux 17.840 hôtels répertoriés en France…


La question de fond qui se pose est de savoir si c’est bien le rôle des pouvoirs publics que de se substituer, plutôt que de les réguler, à des acteurs privés qui ont investi des millions d’euros depuis des années pour occuper aujourd’hui une position certes monopolistique mais devenue incontournable. Développer un portail d’accès à l’offre hôtelière d’un pays ou d’une région s’apparente aux travaux d’Hercule. Sans compter qu’il faudra des années, et autant d’efforts de marketing, pour que le nouveau site soit connu du grand public — surtout à l’étranger !— et remplace « Booking » ou Expedia dans l’esprit des internautes. Pas gagné…

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