Économie collaborative ou simplement « business » ?

Réflexions d’une jeune employée dans un hôtel 4*, qui vient d’être diplômée et qui se pose des questions sur l’avenir de nos professions, et le sien.

La démocratisation d’internet et des nouvelles technologies a donné aux utilisateurs accès à un tas de prestations autrefois organisées par les acteurs traditionnels. Le voyageur devient son propre organisateur de voyages, en s’inspirant des « communautés », des bloggeurs et des avis laissés par d’autres voyageurs.

La frontière doit être clairement fixée entre les intermédiaires qui proposent un service gratuit et « coopératif » et d’autres dont le but est de maximiser les profits. Le « lien social » n’est pas toujours évident dans certains échanges, et l’aspect écologique serait un moyen de consommer plus, sous couvert de bonnes intentions écologiques. La notion de « collaboratif » n’est pas toujours respectée.

Jouer sur la législation

Avec l’évolution des nouvelles technologies et du web, de nouveaux acteurs émergent et transforment le marché des acteurs traditionnels par une concurrence souvent déloyale. Beaucoup d’acteurs se cachent derrière l’appellation « collaboratif » en jouant sur la législation. Mais comme les autres ils font du profit, et parfois même un profit supérieur aux acteurs traditionnels.

Très souvent ils ne se soumettent pas aux règles et aux contrôles, ils ne fournissent jamais un service 24/24h. Certains ne respectent même pas les normes en matière d’assurances, de sécurité sociale, de TVA. Il est clair qu’il manque un encadrement économique, législatif et social, et les autorités ont sans doute réagi trop tard face à la montée de cette économie. Aujourd’hui, ces start-ups se développent sur le web et leur contrôle est très difficile.

La question est très simple : pourquoi un restaurateur, le patron d’une chaîne hôtelière ou d’une agence de voyages devraient-ils à prestation égale payer plus d’impôts -indispensables aux services publics- qu’un livreur de Take Eat Easy, un chauffeur de Uber ou un propriétaire louant son bien sur Airbnb ?

Spécialisation pointue sur des destinations ou des produits

L’économie collaborative axée sur l’environnement, l’échange ou le don existe et a son utilité, mais il faut démasquer les faux acteurs « sociaux ». Prenons l’exemple du couchsurfing, concept 100% gratuit qui organise l’hébergement des voyageurs.

En comparaison, la plateforme Airbnb se revendique comme étant de l’économie de partage et toute sa stratégie de communication évoque le sens de la communauté et la qualité du contact humain pour finalement monétiser des échanges entre propriétaires et locataires. Ce n’est pas du partage, mais du business de location de logement.

Il faut évidemment que les acteurs traditionnels s’adaptent aux nouvelles technologies et modes de consommation pour capter la clientèle et faire face à la concurrence nouvelle. Il faut sans doute proposer une valeur ajoutée, telle que les voyages à thèmes, la spécialisation pointue sur des destinations ou des produits.

On commence à comprendre qu’il y a une valeur ajoutée, un encadrement et une vraie relation de confiance à passer par une agence de voyages, ou à réserver dans un vrai hôtel. Il faut juste qu’ils se modernisent.

Avec Aline De Buyser

 

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