Douce Bretagne, cher pays de mon enfance

Destination familiale par excellence, la Bretagne traîne derrière elle une réputation tenace qui lui colle au ciré. Il paraît qu’il y ferait bon… plusieurs fois par jour. La saison touristique se termine cependant par une magnifique semaine ensoleillée à Saint-Quay-Portrieux. Rencontre avec Cécilia Le Goff, responsable de l’Office du Tourisme de cette perle des Côtes-d’Armor.

Chemises blanches et docksides noires

Labellisé « Famille plus » depuis 2006, Saint-Quay offre bien plus que des activités « pour tous à des prix abordables ». Il y plane une ambiance bourgeoise et familiale que n’influencent pas les rares campings installés sur le secteur. Quatre hôtels proposent 50 chambres aux vacanciers séjournant dans les jolies villas balnéaires. L’Art Nouveau a profondément marqué le littoral et 83 pourcent des lits touristiques sont mis à la location dans ces secondes résidences.

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Côté plage, Saint-Quay ne bénéficie pas des jolies étendues de sable que l’on retrouve à Etables-sur-Mer, la commune voisine. Néanmoins, 7 plages et grèves permettent d’y trouver quelques coquillages à marée basse.

Parfois, il est possible d’accéder de l’une à l’autre par les anciens chemins des douaniers dont l’entretien et le fléchage sont irréprochables. Entre pruneliers, fougères aigles et chèvrefeuille, le touriste y observe les bateaux et kayaks qui colorent la mer.

Ce qui frappera le plus le novice qui accèdera aux criques ensablées, c’est l’atmosphère mondaine qui s’y retrouve. A l’image des grandes propriétés surplombant les criques, les baigneurs s’installent en famille, éloignées à bonne distance les uns des autres. Vêtus de chemises unies ou de polos, les chefs de clan s’interpellent parfois. Soudain, une voix un peu plus haute que les autres se fait entendre: « Regarde, il y’a Bernard qui arrose son jardin ». En haut de la crique, un homme grisonnant arrose son parterre d’un long jet d’eau, un verre de vin blanc dans une main. Une connaissance, sans aucun doute.

3441609399_4c225073c0_bSaint-Quay-Portrieux, capitale de la Saint Jacques

Signe de fécondité et d’amour en Grèce, aux Indes et en Chine, la coquille est aussi un remède ou une amulette pour conjurer le mauvais sort. Chez les chrétiens, elle symbolise la résurrection et s’illustre sur les autels, les chapiteaux et les tombeaux.

Rappelons-nous la Naissance de Vénus de Botticelli. Depuis le XXIe siècle et le pélerinage de Saint-Jacques le majeur, la symbolique religieuse est montée en importance. Les pèlerins qui se lancent sur le chemin de la ville sainte arborent d’ailleurs une coquille. Elle permet de s’y désaltérer, s’y nourrir et s’en servir pour mendier si le besoin s’en fait sentir. Dans la très catholique Bretagne, on retrouve cet emblème sur les meubles, les façades et d’autres objets usuels.

En dehors de cette forte symbolique, la Saint-Jacques y est ici un véritable trésor économique et gastronomique. Sa pêche, de novembre à avril est à la fois courte et réglementée. Parmi les 90 navires que compte le 1er port français de pêche à la coquille, quelques uns sont habilités à draguer ces trésors. La règlementation est étonnante et particulière. Pour les plus curieux, les visites sont organisées à partir de la Capitainerie. Elles permettront, pour un tout petit prix, de rencontrer un patrimoine très peu connu. En tout, quelques 11.804 tonnes d’espèces marines ont été débarquées à la criée locale en 2015.

Un Office du tourisme dynamique

Situé sur un carrefour sans queue ni tête flanqué d’un carrousel pétaradant, l’OT de Saint-Quay est par contre dynamique. Il sert de vitrine à l’offre touristique mais pas seulement. Le lieu est également utilisé comme billetterie SNCF. Il est aussi possible d’y réserver ses billets d’avion. « Une grande partie de l’offre touristique émane du privé » nous fait remarquer sa responsable.

Il est vrai que l’offre est impressionnante : Des stages de voile Ile_de_la_Comtesse,_Saint_Quay_Portrieux,_Bretagne,_France_(13161036853)légère ou de free-style, des cours de navigation à la barre d’un vieux gréement, des ballades sur mer alliant gastronomie et culture, des initiations au kitesurf, des baptêmes de plongée, de la pêche en mer, …. Les activités ne manquent pas.

Pour gérer ce service, ce sont 4 à 6 personnes qui sont mis à disposition des quelques 50.000 touristes qui franchissent la porte de l’Office du Tourisme chaque année. Cette adresse propose également des offres de séjour et serait une des plus dynamiques du secteur avec quelques 180 séjours proposés l’année passée.

Du 26 juin au 21 août, 15 spectacles ont été organisés. Parmi ceux-ci, notons le concert de Natasha St-Pier. « La saison est assez courte, la station revit pendant les petites vacances. Mais depuis peu, nous constatons que le monde vient également dès février »  nous fait enfin remarquer Madame Le Goff. Avec un dynamisme tel, il n’y a rien d’étonnant.

Le guide tourisme de la ville est pratique et didactique. Le site internet www.saintquayportrieux.com apportera de plus amples renseignements.

Dans un bar donnant sur le port, un garçon nous parlait de ces jolies maisons aux volets fermés 300 jours de l’année. Si la population du port monte à 20.000 personnes durant l’été, 40 pct des maisons y seraient occupés comme seconde résidence. A nos côtés et pour donner foi à ces propos, une dame âgée, les cheveux teints en blanc, s’entretenait d’ailleurs des aménagements de « son jardin de mer » avec un autre monsieur, au fort accent parisien. Côté tourisme, nous avons rarement constaté une telle offre aliant diversité et qualité. Loin des stéréotypes, la Bretagne gagne a être vendue. Au moment de terminer ces quelques lignes, un ciel gris était annoncé sur les falaises de Paimpol, situées à 720 km de Bruxelles. Comme pour nous rappeler que derrière toute caricature, il y a souvent un fond de vérité.

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