Des manifestations inquiétantes pour le tourisme en Malaisie

Si Paris est toujours sous la menace des gilets jaunes, Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie est en proie a des manifestations qui sont sûrement plus inquiétantes comparé à ce qui se passe en France. Des protestations organisés le samedi 8 décembre dernier au cœur de la capitale ont rassemblé plus de 500.000 personnes. Motif : la non ratification sur la discrimination raciale…

La population contre l’ICERD

Le rassemblement avait pour but de protester contre la signature par la Malaisie de la Convention des Nations Unies contre la discrimination raciale ou International Convention on the Elimination of All Forms of Racial Discrimination (ICERD).

Il s’agit d’une convention des Nations Unies qui condamne la discrimination et appelle les États à poursuivre une politique visant à éliminer la discrimination raciale sous toutes ses formes. Vous pouvez lire cette convention : www.ohchr.org/FR/ProfessionalInterest
Le nouveau gouvernement de la Malaisie aurait l’intention de ne plus ratifier l’ICERD.

La Malaisie et Brunei n’ont pas ratifie cette convention

Un certain nombre de dirigeants politiques clés avaient ouvertement appelé les musulmans à se mobiliser contre la ratification de la CIDER au nom de la religion. Ils avaient indiqué que la ratification minerait la position de l’islam en Malaisie.

Certains y voient des motifs politiques. Il faut savoir que les élections générales ont amené une nouvelle équipe au pouvoir.

Sur la discrimination raciale et l’OCI

« The Organisation of Islamic Cooperation » (OCI) compte 57 membres, y compris la Palestine, ont le statut d’observateur auprès de l’ONU. Ce sont des états islamiques et aussi des états à majorité musulmane dont l’Indonésie (le plus grand pays musulman au monde), L’Iran, l’Arabie Saoudite ou la Turquie.

Parmi ceux-ci, 55 ont ratifié le traité, à l’exception du Brunei et de la Malaisie. On se pose quelques questions sur l’origine du problème.

La déclaration et la position de l’OCI diffèrent de la rhétorique politique actuelle en Malaisie telle qu’expliquée par certains dirigeants politiques et des associations de la communauté musulmane.

Le nouveau gouvernement de Malaisie profite de la situation

Le nouveau premier ministre malaisien, Mahathir Mohamad, a déclaré qu’il ne voyait pas la nécessité de poursuivre le rassemblement, mais a indiqué que les organisateurs appréciaient la décision du gouvernement de ne pas ratifier la convention internationale. la campagne anti-ICERD montrerait une tendance persistante dans la politique raciale et religieuse du pays.

Certains hommes politiques du pays estiment que la convention pourrait être utilisée à d’autres fins comme le libéralisme, les droits de l’homme, les droits des gays et des lesbiennes …

La police a été mise en alerte maximum

La police malaisienne a refusé de divulguer le nombre de policiers ont été déployés pour ce rassemblement, mais avait assuré au public qu’il y aurait suffisamment de policiers pour veiller à ce que les manifestations se déroulent sans heurts.

La police a également confirmé que l’unité de la Réserve fédérale anti-émeute était en attente et pouvait être déployée si nécessaire.

Elle avait également a averti les manifestants de ne pas apporter d’armes, d’éviter toute provocation et de suivre les instructions des policiers sur le site du rassemblement.

Un signe révélateur

Ce samedi célébrait la Journée internationale des droits de l’homme… qui a eu lieu un jour plus tard en raison de « graves risques pour la sécurité » a annoncé la Commission des droits de l’homme de Malaisie.

Il est certain que cette tension parmi la population va créer d’autres mouvements et ne pas faciliter l’arrivée des touristes potentiels. Le gouvernement de Singapour a demandé notamment à ses ressortissants d’éviter la Malaisie pour les prochains jours. Ils sont en général très nombreux à se rendre dans le pays voisin.

 

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