Des jardins d’exception en Ille-et-Vilaine (2/2)

Le jardin du Château de La Ballue à Bazouges la Pérouse,

A une quarantaine de km au nord de Rennes, à l’entrée du village de Bazouges-la-Pérouse, un château du 17ème siècle domine des terrasses qui dégringolent vers la vallée du Couesnon qui offre une mosaïque naturelle de paysages entre forêts, bocages et plaines.

Le château qui porte le nom de son premier propriétaire, le Marquis de La Ballue, est de style Louis XIII, en granit doré avec un haut corps de logis flanqué de deux ailes aux extrémités, tout en lignes simples et pures qui annoncent déjà le classicisme qui fleurira plus tard.

Il suffit de se promener aujourd’hui entre les salons, salles à manger et la cuisine pour apprécier l’atmosphère indicible de l’architecture d’origine malgré les indispensables ajouts modernes qui lui confèrent un confort apprécié par les locataires de cette originale maison d’hôtes qui n’en est pas moins une demeure familiale.

Bazouges la Pérouse, France. Ille-et-Vilaine

Ce sont surtout les jardins qui attirent les visiteurs d’autant que l’on peut parler ici de véritable architecture paysagère qui s’est développée au siècle dernier grâce à l’éditrice et nouvelle propriétaire Claude Arthaud qui a choisi de restaurer le lieu abandonné après la seconde guerre mondiale.

Avec la complicité de deux architectes, elle crée des jardins d’inspiration maniériste en intégrant de nouvelles perspectives, des lignes de fuite et des réalisations végétales dues aux fantasmes que la nature suggère à l’homme comme cette grande arcade de glycines appuyée sur des colonnes d’ifs.

Bazouges la Pérouse, France. Ille-et-Vilaine

Ailleurs un étonnant labyrinthe formé de 1.500 ifs offre une escapade étrange dans des venelles longées de murs opaques. En 1996, de nouveaux propriétaires choisissent de redécouvrir ces jardins qui servent d’écrin vert à des sculptures baroques.

Depuis 2005, la nouvelle châtelaine, Marie-Françoise Mathon, a entrepris de rajeunir certaines plantations, a créé une exceptionnelle pépinière de buis de collection et a préservé les topiaires géométriques du jardin à la française du 17ème sur la façade sud du château qui ouvrent une superbe perspective sur la vallée.

Labellisé également Jardin Remarquable, le parc permet de vivre aujourd’hui un moment hors du temps au travers de nombreuses chambres de verdure qui se succèdent au fil de la flânerie entre ombre et lumière, intrigue et sérénité.

Le parc du Thabor à Rennes

En plein centre de Rennes, cet ancien jardin des moines bénédictins devenu public après la Révolution Française a été réaménagé au cours du 19ème siècle pour devenir un écrin de verdure exceptionnel au cœur de la ville.

Si l’ancienne abbaye abrite aujourd’hui une école, l’église paroissiale Notre-Dame-en-Saint-Melaine surmontée d’une haute tour-clocher couronnée d’une statue de la Vierge en plomb doré se dresse toujours à une des entrées du parc, dotant la promenade d’une ambiance paisible qui rappelle quelque peu les déambulations silencieuses des moines sous ce couvert arboré.

Le parc situé sur une colline porte d’ailleurs le nom de Thabor qui évoque une colline de Palestine où aurait eu lieu la transfiguration du Christ.

Ce parc d’une dizaine d’hectares abrite quelques arbres remarquables comme un sequoia qui aligne en fait 3 troncs dessinant une silhouette en colonne ou deux spécimens de ginkgo biloba, un arbre chinois particulièrement robuste qui doit son implantation au goût pour l’exotisme au 19ème siècle sans oublier un cèdre bleu de l’Atlas et des tulipiers de Virginie. Le parc compterait un millier d’arbres dont certains âgés de plus de 200 ans.

Outre des arbres, le parc abrite également un jardin à la française avec des massifs floraux développés dans des figures géométriques calquées sur les serres de l’orangerie qui les surmonte.

Une impressionnante roseraie de près de deux mille variétés de fleurs des plus courtes aux plus hautes, des grimpantes et des buissons, odorantes ou non sont alignées le long de courbes ou prennent d’assaut des tonnelles et des pergolas.

Pour les passionnés, un jardin botanique organisé de manière circulaire en onze plates-bandes permet de découvrir quelque 300 espèces toutes identifiées avec un petit panneau.

Une jolie volière, une aire de jeux, un enclos à canards et un kiosque émaillent le site, attirant toujours les promeneurs d’autant que des sculptures inattendues viennent égayer le site saison après saison comme cette monumentale Cathode de Maxime Thoreau qui a tout l’air d’une balise échouée loin des côtes.

Le Jardin Public à Fougères

Le jardin public de Fougères

A une cinquantaine de km au nord-est de Rennes, la petite ville de Fougères déjà célèbre pour son imposant château fort conservé à peu près tel qu’il était au 15ème siècle mérite également le détour pour la visite de son jardin public créé au pied de l’église St-Léonard dotée de gargouilles en forme de canons tournés vers le jardin et au-delà vers un extraordinaire panorama sur la campagne environnante.

Le jardin se déroule sur trois niveaux dont le premier appelé place aux Arbres date du 18ème siècle. Quelques arbres ainsi qu’un kiosque y offrent une ombre bienvenue et des allées piétonnes longées d’une cascade et de massifs de fleurs agrémentent la promenade.

Mais le site est surtout le point de rendez-vous des habitants qui chaque jour y reviennent pour contempler depuis la balustrade qui clôture cette terrasse le large panorama sur le quartier médiéval de la ville dominée par l’imposante enceinte du château mais aussi par la flèche d’ardoise élancée de l’église St-Sulpice.

Bâti à flanc de coteau le jardin public ménage d’autres belvédères successifs aménagés en promenade qui permettent ainsi de s’approcher peu à peu de la vieille ville et de mieux appréhender son établissement autour du site castral.

La place Leroux dont les allées bordées de topiaires de buis encadrent un bassin en granit du 17ème siècle tient du jardin à la française de poche. Dernière découverte avant de se perdre dans la ville, un étonnant fougerarium longeant la rivière Nançon abrite une cinquantaine d’espèces de fougères provenant tant d’Asie, de Russie ou d’Amérique, un hommage au nom de la petite ville.


Infos pratiques

Y aller : Comme tous les sites sont proches de la capitale bretonne, autant s’y rendre en TGV depuis Bruxelles depuis qu’en décembre dernier une ligne directe Bruxelles Midi-Rennes a été ouverte avec un voyage quotidien https://be.oui.sncf. Depuis Rennes rien de tel que la location d’une petite Zoé électrique pour partir en excursion https://rennesmetropole.citiz.coop.

Sites à consulter : www.tourisme-rennes.com; www.ot-fougeres.fr; www.jardinsrocambole.fr; www.laballuejardin.com

Se loger : à Rennes, à 5 minutes de la gare et de la vieille ville, le Garden Hotel, un hôtel à taille humaine autour d’un patio verdoyant paisible, une véritable oasis dans la ville www.hotel-garden.fr ou pourquoi pas la maison d’hôtes du château de La Ballue, idéale pour s’offrir une pause romantique et étonnante www.la-ballue.com

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