Demain, aurez-vous honte de prendre l’avion ?

Une prise de conscience en Suède commence à faire des émules en Europe. Le nombre de passagers dans les aéroports suédois a chuté de 8% depuis le début de l’année. Cette chute coïncide avec la montée en puissance du dernier mot à la mode suédois: « flygskam », ou honte du vol.

Une étude et une nouvelle égérie !

En 2018, une étude conduite par des chercheurs de l’Université de technologie de Göteborg a révélé que les émissions provenant des avions entre 1990 et 2017 étaient cinq fois supérieures à la moyenne mondiale par habitant.

Ces émissions ont augmenté de 61% depuis 1990 pour les vols internationaux, selon le rapport. Par ailleurs, une adolescente s’est fait connaitre, non seulement en Suède, mais également en Europe. C’est Greta Thunberg qui a été instigatrice de la « grève de l’école pour le climat ».

Les vols intérieurs en baisse

L’impact a été particulièrement ressenti sur les vols intérieurs, avec un nombre de passagers en baisse de 15% rien qu’en avril 2019, par rapport à l’année dernière. Dans une récente enquête, un quart des Suédois ont déclaré avoir décidé de ne pas prendre l’avion pour sauver la planète.

Les suédois préfèrent prendre le train

Les Suédois ont effectué deux millions de voyages supplémentaires en train l’année dernière. Et, comme vous vous en doutez, ils ont aussi un terme particulier « Tagskryt » qui signifie « se vanter de prendre le train ». Il est largement utilisé sur les réseaux sociaux par ceux qui souhaitent encourager les autres à faire de même.

Le gouvernement suédois a annoncé son intention de réintroduire les trains de nuit vers les villes européennes, en invoquant les avantages pour l’environnement et le prestige de l’âge d’or des chemins de fer. Il investit cette année 5 millions d’euros dans le projet cette année.

Le monde aérien commence à s’inquiéter

Le secteur aérien se défend avec la promesse qu’une nouvelle génération d’avions réduirait de moitié les émissions d’ici 2050. Il indique que les 860 millions de tonnes de CO2 produites chaque année ne représentent que 2% des émissions mondiales. Lors de la réunion annuelle de l’Association internationale du transport aérien (IATA) qui s’est tenue à Séoul, Alexandre de Juniac, a fait part de son inquiétude.

Certains politiques français s’empressent de prendre la balle au bond et incitent à ne plus prendre l’avion si le voyage en train prend moins de 4h. Ce n’est pas une mauvaise idée, mais encore faut-il que le train soit vraiment plus économique. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas.

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Commentaires

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1 COMMENT

  1. Je trouve cela une excellente nouvelle. C’est un signe que de nombreux citoyens commencent enfin à se rendre compte que voyager en avion a un impact environnemental supérieur par rapport au train et à l’autocar.

    La citation suivante de l’article m’intérpelle: « mais encore faut-il que le train soit vraiment plus économique. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas »
    Facile pour l’aviation d’être moins cher que le train: les billets d’avion sont dispensés de TVA, donc 0% de tva, tandis que pour les trains et les autocars, le prix du ticket comprend de la TVA.
    En plus de cette incroyable concurrence déloyale au niveau de la TVA, l’aérien est également dispensé d’accises sur le carburant, au contraire du transport routier (et des trains diesel, qui sont encore nombreux en traffic de marchandises).
    Il devient grand temps qu’il y ait une harmonisation fiscale entre le transport aérien, routier, fluvial/maritime. Soit l’aérien est soumis à la TVA et aux accises, soit le ferroviaire et routier sont également dispensés. A ce moment là, un billet de train redeviendra moins cher qu’un billet d’avion !

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