Découverte – Destination (40): Les Orcades

Old man hoy © VisitScotland

L’archipel des Orcades est situé juste au nord des côtes écossaises, et il ne compte pas moins de 67 îles et îlots, dont la principale se nomme Mainland. Quelques 20.000 personnes vivent sur les 16 îles habitées.

On a trouvé des traces d’occupation datant de 8.500 ans au moins, et l’histoire antique se lit clairement dans ces paysages protégés. De tout temps, les habitants y ont vécu de l’élevage et de la pêche. Témoin, le village de Skara Brae datant du néolithique (- 3500 ans) est un ensemble de 10 maisons, exemple unique au monde d’habitat de l’époque, et devenu Patrimoine mondial de l’Unesco.

Les vestiges archéologiques les plus spectaculaires des Orcades sont les pierres levées, dont le fameux site de Brodgar. Sur d’autres sites, on a trouvé des milliers d’ossements humains, des tombes ou chambres funéraires, d’innombrables tessons de poterie. A l’Âge du Fer apparaissent les tumuli et les cairns.

Le grec Pythéas s’est arrêté aux Orcades lors de son exploration des mers subarctiques, suivi par bien d’autres explorateurs. Si bien que lors de la conquête des Îles britanniques par les Romains, le préfet des Gaules Agricola y mouille avec sa flotte, sans esprit de conquête mais seulement pour y commercer.

La population d’alors est composée de Pictes, comme celle de l’Écosse, et ce jusqu’à la conquête scandinave du 9e siècle. Ce sont les Norvégiens qui débarquent, sous la poussée d’un important accroissement de la population en Scandinavie. Ils importent sur l’archipel le vieux norrois, langue qui remplace les idiomes gaéliques et même le latin importé auparavant par les moines irlandais. Quand la Norvège passe sous la couronne danoise, les Orcades deviennent écossaises, comme dot de Marguerite de Danemark pour son mariage avec Jacques III d’Écosse.

Il n’y a pas d’arbres aux Orcades : toutes les îles, perchées sur leurs falaises, sont herbeuses et ondulent légèrement sous le vent, toujours très présent. Les habitants se chauffaient donc avec de la tourbe, abondante, et construisaient leurs maisons exclusivement en pierre.

L’île de Mainland et sa ville principale, Kirkwall, est reliée à l’Écosse et aux autres îles de l’archipel par des ferries et les avions petits porteurs de Loganair. Vu sa latitude, le climat est assez froid, mais tempéré par les effets du Gulf Stream, si bien que le mois de septembre peut être agréable. Les journées d’été sont longues : 18 heures de lumière en juin, contre seulement 6h en décembre.

La population vit de l’élevage, de la pêche et du tourisme. Quelques industries produisent whisky et bière, et les îles exportent de la viande de bœuf et des fruits de mer. Une énergie renouvelable est en plein développement : l’énergie marine. Les très forts courants marins entre les îles provoquent des tourbillons qui commencent à être exploités comme source d’énergie propre.

Politiquement, la situation est curieuse : lors des référendums prônant la distanciation de l’Écosse d’avec l’Angleterre, les Orcades étaient largement opposées à ce projet. En revanche, lors du référendum sur le Brexit, elles se sont déclarées en faveur du maintien dans l’Union Européenne.

Les sites touristiques sur Mainland sont nombreux et variés. Citons le Bishop’s Palace, le musée de Tankerness House, l’extraordinaire site préhistorique de Skara Brae et le non moins fantastique site mégalithique de Brodgar, d’autres pierres dressées plus isolées, des cairns et tumuli, des colonies d’oiseaux sur les falaises, sans oublier de passer par la distillerie de Highland Park. Stromness est une petite ville charmante dont les rues étroites sont un émerveillement pour les amateurs d’artisanat et d’art local.

Le long des côtes, on peut trouver quelques plages de sable blanc, et en prenant un peu de hauteur, il est parfois possible d’observer des dauphins et des baleines, et en hiver, par temps clair, des aurores boréales.

Les hôtels sont le plus souvent des guest-houses, il ne faut pas s’attendre à de grandes structures modernes, et c’est heureux. Mais le confort et surtout l’accueil laissent toujours un souvenir inoubliable de ces îles du Nord.

 

Print Friendly, PDF & Email

Commentaires

commentaires

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY