Découverte – Destination (32): Sabah

Depuis notre article sur le Sarawak, vous savez que la Malaisie est coupée en deux parties : la Malaisie occidentale, « continentale », au bout de la péninsule thaïlandaise, et quatre ou cinq cent kilomètres plus à l’Est, la Malaisie orientale, partie Nord de l’île de Bornéo. Et on sait aussi que cette partie de la Malaisie est divisée en deux États autonomes : le Sarawak et le Sabah, avec une inclusion: le sultanat de Brunei.

La capitale de Sabah est Kota Kinabalu. L’État est deux fois et demie plus vaste que la Belgique pour seulement 3,5 millions d’habitants : c’est dû au fait qu’il est largement recouvert par une épaisse forêt tropicale. C’est un Etat qui dispose de pas mal de ressources, telles que l’huile de palme, le pétrole et le gaz, et des espèces de bois rares.

Il y a plusieurs centaines de kilomètres de côtes bordées de plages, mais dans l’état actuel des choses, elles ne sont pas toujours exploitables touristiquement parce que largement couvertes de vase. Le pays est montagneux, certains sommets flirtant avec les 4000 m d’altitude, soit les plus hauts sommets de l’Asie en dehors de l’Himalaya.

La côte Nord de Bornéo a longtemps été occupée par les Chinois, ensuite c’est le sultanat de Brunei, bien plus grand que de nos jours, qui géra le nord-Bornéo, jusqu’à ce qu’un sultan offre ce territoire à son collègue des îles Sulu (aujourd’hui aux Philippines) pour le remercier d’avoir maté une révolte.

Par la suite, le Sabah devint propriété de diverses sociétés privées, telles que l’American Trading Company, puis la British North Borneo Provisional Association Ltd et la North Borneo Chartered Company qui tente surtout d’y mettre un peu d’ordre en combattant la piraterie, les luttes mortelles entre tribus locales, et la fin de la belle tradition des coupeurs de têtes. Enfin, Bornéo du Nord devient protectorat britannique en 1888.

La guerre arrive, et les Japonais occupent l’île, tentant de soulever les Malais contre les Chinois, et réalisant un véritable massacre sur près de 15% de la population de l’île. Au retrait des Japonais, les Malais se sont vengés : sur les 25.000 soldats nippons présents sur l’île, seules quelques centaines ont réussi à regagner le Japon, les autres étant soit morts de faim, soit massacrés à leur tour.

En 1946, Sabah devient colonie britannique, et décide en 1963 de rejoindre la fédération des Etats malais, ce qui ne plait pas du tout à l’Indonésie, occupant la moitié sud de Bornéo, le Kalimantan.

La population actuelle comprend aussi un certain nombre de réfugiés ou d’immigrants Philippins et Indonésiens, à la recherche de paix et/ou de travail. Ce qui fait que les Malais d’origine sont minoritaires dans leur pays, avec seulement 7% de la population, contre 9% de Chinois et 24% d’immigrés, surtout Philippins. Il y a encore une quarantaine de peuplades diverses, habituellement regroupées sous le vocable Dayaks.

Le tourisme n’est certainement pas négligeable à Sabah, avec environ 10% du PIB. Ce sont surtout les Chinois qui visitent le pays, ainsi que les Coréens du Sud, les Australiens et les Taïwanais. L’aéroport de Kota Kinabalu est le deuxième du pays en importance, après Kuala Lumpur : il est même équipé pour recevoir des A380 !

L’hôtellerie est généralement contemporaine et de très bonne qualité, les grandes chaînes internationales sont présentes, et à cette modernité s’ajoute l’hospitalité traditionnelle des peuples de l’Asie du Sud-Est (tout au moins depuis l’interdiction de couper les têtes !)

Il n’y a donc pas à hésiter : Sabah est devenue une destination originale, mais avouons qu’en dehors des superbes paysages montagneux et de la visite chez les orang-outangs, la destination intéressera peut-être plus les hommes d’affaires que les touristes.

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