Croisières sans conscience…

Avec la fonte des glaces due au réchauffement climatique, la traversée de l’Arctique peut désormais se faire sans brise-glace. Ce mardi 23 août, le Crystal Serenity appareillera du port de Seward en Alaska pour rallier New York au bout de 32 jours de croisière en longeant le cercle polaire et les côtes du Groenland. Cette croisière pourrait bien lancer le tourisme de masse au Pôle Nord.

Le tourisme de demain se fera-t-il… sans la banquise ? C’est un peu la question que l’on peut se poser… Pour le croisiériste américain de luxe Crystal Cruises, la fonte des glaces est une aubaine pour offrir à une poignée de privilégiés la possibilité de naviguer sur un chenal longtemps inaccessible : le passage du Nord-Ouest entre les océans Pacifique et Atlantique. Aujourd’hui, il l’est désormais en période estivale et pourrait même voir l’intégralité de sa banquise disparaître complètement en été d’ici 2050 selon les scientifiques.

Les 1.000 privilégiés du Crystal Serenity n’ont pas hésité à débourser entre 17.000 et 100.000 € pour cette grande première… Selon le Washington Post qui a révélé l’information, ce prix ne comprend pas les « extras » comme la virée en hélicoptère… Crystal_Serenity_02Malgré ces prix exorbitants, toutes les cabines ont été vendues en deux temps trois mouvements. Devant ce premier succès inattendu, Crystal Cruises préparerait déjà une deuxième traversée…

Entre tourisme et pétrole, l’ours blanc a du souci à se faire

Cette « croisière » d’un nouveau genre va-t-elle donner le départ au tourisme arctique ? On peut malheureusement le craindre. Et il ne sera pas sans conséquence sur un écosystème fragile et déjà fortement impacté par le réchauffement climatique. Mais plus qu’un tourisme de masse, ce qu’il faut le plus redouter, c’est l’exploitation industrielle des fonds marins désormais possible avec la fonte des glaces. Car ce que l’on sait moins, c’est que sous les glaces de la banquise dorment encore 30% des réserves de gaz mondial et 15 % des réserves de pétrole.

Ce qui sauve encore les pauvres ours blancs des derricks et autres pipe-lines, ce sont les cours extrêmement bas du pétrole. Mais il y a là un enjeu économique énorme pour des pays comme la Russie, les États-Unis, le Canada ou encore le Danemark (Groenland). Pour preuve, les grandes compagnies pétrolières auraient déjà des projets très avancés… C’est beau le progrès !

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