Congrès UPAV (3): Tourisme durable, le thème de l’année

Les organisateurs ont fait appel à une spécialiste en la personne de Marie-Paule Eskénazi, journaliste bien connue, ancienne correspondante à la RTBF, spécialiste des pays de l’Est, et précurseure en la matière puisqu’elle a fondé il y a plus de 20 ans l’asbl Tourisme Autrement.

Marie-Paule part du constat de l’offre de voyages actuelle : nous avons à faire face à de multiples dérives : le surtourisme, l’exploitation effrénée des sites (pensons au Mont Blanc, à l’Everest), la « folklorisation », la pollution, la muséification des sites, la marchandisation du patrimoine…

Quelle réaction face à ces problèmes ?

Marie-Paule Eskénazi – © Tous droits réservés

Il faut avant tout donner la priorité à l’humain plutôt qu’à la rentabilité ; et le tourisme durable est une des solutions. On peut le définir comme étant un principe de viabilité des 3 acteurs d’un « trio amoureux » : la chaîne touristique (fournisseurs, agences), le touriste, les terres et populations locales. (Remarque personnelle : nous croyons qu’on ne peut se passer de rentabilité ; c’est la recherche du gain exagéré qu’il faut montrer du doigt.)

La durabilité ne se fera pas en un jour

C’est un processus à atteindre par paliers. Commençons par ce qui dépend de nous, les professionnels. Par exemple, refusons la « folklorisation » : il n’y a pas de sens à faire venir des Gilles sur la Grand-Place de Bruxelles un 15 août. Pas de sens de vendre de petits Manneken-Pis ou des tours Eifel à Chypre (ou ailleurs).

Il faut aussi bannir le tourisme humanitaire : le tourisme doit avant tout rester un plaisir, et l’Humanitaire doit être réglé par des personnes compétentes, alors qu’il est souvent une affreuse mise en scène pour faire parler dans les médias.Il faut, à l’évidence, lutter contre le tourisme sexuel et bannir le « dark tourism ».

Quelques notions pour bien comprendre

  • Le tourisme équitable demande un partenariat équilibré.
  • Le tourisme responsable ou éthique exige respect, ouverture, responsabilité individuelle, exigence de qualité.
  • Quant à l’éco-tourisme, il existe déjà depuis bien longtemps. Il prône des voyages clames et non contaminateurs d’espaces, s’appuyant sur de petites entreprises locales.
  • Le Tourisme solidaire ne doit pas être confondu avec le tourisme social ; il ne s’agit pas de faire du néo-colonialisme. Il pourrait par exemple être financé volontairement par un pourcentage sur le montant total du voyage.
  • Le Tourisme participatif implique une complicité avec les populations locales, sans relation marchande. C’est par exemple ce que font les « greeters » dans les villes. (Mais posons-nous aussi la question des « faux guides gratuits » attirés seulement par …les pourboires !)
  • On voit que ce secteur du tourisme durable est très atomisé.
  • On estime entre 5% et maximum 20% les touristes qui se sentent concernés. Ce sera un travail de longue haleine. (Nous sommes persuadés que l’agent de voyages est sensible à ces principes, et que son rôle de conseiller y trouve encore plus d’importance ; l’agent de voyages fait ce métier bien sûr pour gagner sa vie, mais surtout parce qu’il est passionné par le monde et ses populations, c’est sa « matière première » qu’il n’a aucun intérêt à faire disparaître !)

Et Marie-Paule de conclure en nous demandant de réfléchir sur cette phrase : « Le Tourisme marque la fin de nos certitudes ». D’accord, pas d’accord ?

Soulignons que, par la faute de l’actualité TC, tout ceci fut présenté en 20 minutes, temps qui était accordé à l’oratrice, et c’est une performance. Merci à elle.

 

 

 

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