Chypre bientôt réunifiée ?

La réunification de Chypre pourrait encore se faire cette année : les nouvelles négociations qui ont démarré lundi à Nicosie seraient en effet tout près d’aboutir, surtout que, selon le site Econostrum, généralement bien informé des affaires méditerranéennes, la Turquie y aurait donné son blanc-seing. Cette réunification pourrait dès lors être le prélude à une reconnaissance officielle de l’Etat chypriote par les autorités d’Ankara.

Une bonne nouvelle pour le tourisme

S’il en est ainsi, ce serait une bonne nouvelle pour le tourisme dans l’île qui aurait vu la naissance d’Aphrodite, et la fin d’une situation qui dresse un obstacle infranchissable à l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne— bien qu’il en restât de nombreux autres.

Car la Turquie s’est toujours refusée jusqu’ici à reconnaître la souveraineté de Chypre, entrée dans l’UE en 2004, et d’ouvrir ses ports et ses aéroports aux navires et aux avions chypriotes.

Ici serait née Aphrodite...
Ici serait née Aphrodite…

Chypre, pour sa part, divisée en deux par la fameuse « ligne verte » depuis l’invasion de la partie nord par la Turquie en 1974, est l’un des pays européens les plus réticents à l’adhésion de la Turquie.

Un processus engagé en coulisses

Les choses pourraient bien changer dès la semaine prochaine. Car le coup d’état avorté contre le président turc Erdogan le 19 juillet dernier et la répression contre ses opposants n’auraient pas remis en cause le processus de réunification, discrètement engagé en coulisses.

Le président turc s’est en effet promis de mettre en œuvre sa « Vision 2023 », en référence à l’année de la commémoration du centenaire de la République, fondée par Atatürk, qu’il a aussi fixée comme date-butoir pour l’adhésion de son pays à l’Union Européenne.

Or, les Turcs sont conscients de ce que Chypre peut, à elle seule, bloquer cette perspective. Sur fond de crise migratoire, ils semblent aujourd’hui prêts à des concessions.

Famagusta-Varosha_2007Quid de Varosha ?

De nombreuses questions restent cependant encore en suspens, comme celles des biens immobiliers des confisqués aux uns par les autres : la Turquie espère que les dédommagements soient pris en charge par un fonds de solidarité internationale, estimé à la somme faramineuse de 25 à 30 milliards d’euros.

Ou encore le statut de la station balnéaire de Varosha, l’ancien Saint-Tropez de Chypre, abandonnée en 1974, et qui n’est plus qu’une station-fantôme.

Paradoxalement, si le nord de l’île, érigé en république chypriote turque, n’est pas reconnu comme tel au plan international, il bénéficie cependant des aides que l’Union européenne attribue également à la république de Chypre…

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