Churchill, le seau d’eau et les Belges, champions du monde de la taxe

Comme chaque année le 1er mai a été l’occasion pour les partis politiques de montrer leurs muscles et d’augmenter les décibels. La gauche et le MR se sont étripés cette année sur la fameuse augmentation des salaires de 0,4%.

A gauche, on répète à l’envie que malgré la crise sanitaire, certains secteurs se sont bien portés et ont pu même afficher de bons résultats. Donc, ces secteurs sont priés de faire un effort supplémentaire en matière d’augmentation salariale !

Et si le message n’est pas entendu, plusieurs partis, dont le parti socialiste flamand, menacent d’interdire le versement de dividendes aux actionnaires. Quant au MR, par la voix de son jeune président, il répète à l’envie, que la hausse, dont on parle, est en réalité de 3,2 % si on ajoute l’indexation des salaires, ce qui est le double de l’inflation.

Georges-Louis Bouchez ajoute que si on veut bloquer le versement des dividendes, l’État belge se tirerait une balle dans les pieds car les dividendes sont taxés à hauteur de 30% via le précompte mobilier. Donc, agir sur un coup de colère, c’est se priver de 3,5 milliards d’euros de recettes fiscales (de l’argent qui n’ira pas pour les politiques sociales). Voilà pour les positions des uns et des autres.

Aujourd’hui, ce qui est certain c’est que ce tour de chauffe du 1er mai n’est que le début des débats que nous allons avoir au cours des prochains mois et années.

L’autre débat qui arrive, c’est celui de la hausse des impôts. Il sera d’autant plus virulent qu’aux États-Unis, le président Joe Biden a décidé d’augmenter les impôts sur les sociétés et les particuliers les plus aisés. Vous allez avoir un discours du genre: « Regardez, même les Américains augmentent les impôts sur les riches et les sociétés ». Alors, je vous rassure, ce débat ne sera pas encore très fort maintenant. Pour au moins trois raisons.

L’une psychologique : les politiques ne veulent pas casser le moral des Belges à la sortie de la crise sanitaire, ils veulent que nous consommions et pas que nous épargnions. Or, quand on parle trop d’impôts, le citoyen n’est pas idiot, il épargne au lieu de consommer.

La deuxième raison, c’est que ce gouvernement s’est mis d’accord pour ne pas augmenter les impôts mais vous savez aussi que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

Et la troisième raison, c’est que tous nos prochains déficits budgétaires seront automatiquement financés par la planche à billets de la banque centrale européenne jusqu’à la fin 2022 et sans doute début 2023. Ainsi d’ici là, notre dette publique sera automatiquement achetée par la BCE, pas de stress donc pour équilibrer nos budgets.

Mais en 2023, fini de jouer aux cigales, on devra faire le ménage car les Allemands l’exigeront et ce sont eux les patrons de l’Europe. C’est à moment-là que le débat sur la hausse des impôts sera le plus virulent. Je rappelle juste que l’OCDE vient de nous donner, jeudi dernier, le titre de pays le plus taxé au monde, avec pour un travailleur sans enfant un taux de prélèvement de 51,5% du coût salarial. L’occasion aussi pour moi d’alimenter le débat en rappelant ce que disait Churchill: « La nation qui essaie de bâtir sa prospérité sur l’impôt est comme un homme dans un seau qui essaierait de se soulever par la poignée ».

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