Ces trois grandes compagnies aériennes asiatiques encore à la peine

Petronas Towers à Kuala Lumpur © Hervé Ducruet

Si nous sommes restés concentrés sur les récentes faillites de XL Airways et Aigle Azur en France, certaines grandes compagnies aériennes, notamment en Asie, vont mal. On évoquera bientôt Alitalia qui prépare son énième plan de sauvetage.

1 – Thaï Airways doit réduire ses dépenses de 20 %

Le ministère thaïlandais des transports a donné 30 jours, au transporteur national Thaï Airways, pour présenter un plan de restructuration visant à réduire les coûts et à ramener la compagnie aérienne à la rentabilité.

Le président du conseil d’administration de Thaï Airways, a indiqué : « La croissance de l’industrie du tourisme et la situation financière doit être revue en fonction de la forte concurrence et des itinéraires qui ne sont plus populaires. Il est préférable de réviser soigneusement le plan plutôt que d’exposer la compagnie aérienne à un risque plus élevé. L’objectif devrait être de réduire les dépenses de 20 % »

Des résultats en pertes et une dette qui grandit d’année en année

Selon les chiffres officiels au deuxième trimestre, Thai Airways et ses filiales ont enregistré une perte nette d’environ 200 millions d’euros au premier semestre de 2019, contre une perte d’environ 100 millions d’euros pour la même période de l’année précédente.

Par ailleurs, la compagnie doit supporter une dette accumulée de plus de 3 milliards d’euros. Selon, le nouveau patron de la compagnie, Sumeth Damrongchaitham, il est fort probable que Thai Airways devrait perdre encore cette année plus de 300 M€.

Le conseil d’administration avait rejeté un plan d’achat de nouveaux avions

À la fin du mois de septembre, les membres du conseil avaient rejeté la proposition d’achat de nouveaux avions, évaluée à environ 5 milliards d’euros. La compagnie voulait d’une part acheter ou louer 38 nouveaux appareils. Et d’autre part, préparer la vente de 19 appareils afin de réduire les frais de maintenance. Un projet distinct de location de trois Boeing 777-200ER reste en cours d’évaluation.

Même le personnel de Thai Airways reste sceptique

Selon le syndicat, les employés sont perplexes sur la façon dont 38 nouveaux avions aideraient la compagnie aérienne à récupérer les pertes constantes de la compagnie depuis 2013 (à l’exception de 2016). On peut les comprendre !

2 -Plusieurs faillites qui auraient pu aider Air India

Jet Airways fut la dernière compagnie aérienne indienne à cesser ses activités. Pourtant celle-ci détenait plus de 20 % du marché. En 2012, c’était Kingfisher qui cessait de voler. Ces disparitions auraient pu permettre à Air India de se développer.

L’Inde pourrait être au niveau de la Chine sur le plan aérien

Avec une population de plus de 1,3 milliard de personnes, il semble curieux que l’Inde n’ait pas une grande compagnie aérienne. La Chine, avec une population quasi similaire, a trois compagnies aériennes qui font voler plus de 2 000 avions.

La compagnie nationale, Air India n’a que 136 appareils ! Sa concurrente, Vistara, n’a qu’une trentaine d’avions. Il faut regarder du coté des compagnies low-cost indiennes pour voir des compagnies plus importantes comme Indigo avec 245 avions, Spicejet avec plus de 100 appareils, ou encore Go Air qui fait voler plus de 50 aéronefs.

Le gouvernement indien voudrait céder Air India

Alors que le gouvernement indien tente de vendre Air India, il fait face à de nombreux obstacles. Cette vente est essentielle pour aider le gouvernement à atteindre son objectif de désinvestissement d’environ 15 milliards d’euros pour l’exercice en cours.

Parmi les obstacles, citons les compagnies pétrolières qui menacent de couper les réserves de carburant dues aux factures impayées, la démission massive des pilotes le 13 octobre pour retard de salaire.

La dette d’Air India est un frein à la vente

Air India aurait un passif de 9 milliards d’euros, ce qui dissuade les investisseurs. Le gouvernement a maintenant décidé de supprimer 2 milliards d’euros de ses livres de comptes avant de la proposer aux investisseurs. La société Ernst & Young a été missionnée pour aider le gouvernement à trouver un repreneur. Une mission bien difficile !

3 – Malaysia Airlines avec une compagnie low-cost plus importante que la compagnie nationale

Comme nous avons pu l’expliquer sur le marché indien, la concurrente low-cost est plus imposante que la compagnie aérienne nationale. Aux dernières nouvelles, Malaysia Airlines alignerait 80 avions contre plus de 200 pour Air Asia. Si la compagnie nationale perd toujours de l’argent, sa concurrente privée en gagne.

Des pertes bien avant les catastrophes

Malaysia Airlines perd de l’argent depuis de nombreuses années. En 2014, elle a bénéficié d’une injection de fonds publics de 1,5 milliard de dollars en 2014. Cette année-là, elle contrôlait 33 % du marché malaisien des vols domestiques et internationaux.

En 2018, sa part de marché est de 21 % (source CAPA Center for Aviation.). Cinq ans après les tragédies (MH370 et MH17), elle tente de refaire surface mais perd toujours de l’argent.

Le gouvernement ne sait sur quel pied danser

Le premier ministre, Mahathir, avait indiqué, il y a quelques mois qu’il fallait trouver une solution et même envisager la fermeture de la compagnie aérienne. Cependant, une compagnie aérienne nationale reste encore une source de fierté nationale même avec un partenaire étranger.

Deux compagnies ont été évoquées : Qatar Airways et Japan Airlines. Akbar al-Baker, a rencontré le premier ministre en privé à Kuala Lumpur en août dernier.

Selon plusieurs sources, il aurait déclaré après sa réunion que Qatar Airways n’avait aucun intérêt à racheter Malaysia Airlines.

Japan Airlines a exprimé un intérêt

JAL, a une relation naissante avec la société malaisienne même s’ils appartiennent à la même alliance, Oneworld. En mai, le duo a signé un protocole d’accord de coopération sur les vols entre la Malaisie et le Japon.

Le président de Japan Airlines, Yuji Akasaka, a récemment exprimé son intérêt pour la poursuite des discussions, éventuellement sur un investissement, mais a nié avoir des projets immédiats. Il faut savoir que sa concurrente, ANA, détient des participations dans Vietnam Airlines et Philippine Airlines.

Les japonais pourraient avancer si …

Comme au Vietnam, les japonais avancent que si des contrats de grands travaux étaient attribué à des entreprises japonaises.

Plusieurs grands chantiers doivent être décidés en Malaisie. Les chinois sont de rudes concurrents mais si pour des raisons politiques, le gouvernement malaisien avançait avec les japonais … une solution pourrait être trouvée pour Malaysia Airlines. Il faudrait alors, que le fonds public Khazanah Nasional, qui détient 100 % de Malaysia Airlines, réduise la dette et accepte d’avoir un partenaire minoritaire.
On a le droit de rêver !

Serge Fabre

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