Center Parcs au temps du Covid-19

Erwin Dezeure, Managing Director CP Belgique et CRS Director CP Europe, confiant en son produit de proximité et de sécurité - à 500m de la plage (Movi Press)

Bonjour ! De l’autre côté du filet de pêche dans lequel sont déposés mes documents de séjour et les clés de mon cottage Premium, un jeune gars un peu perplexe. Fallait y penser -dans les allées et les bâtiments de Center Parcs De Haan, la distance sociale n’est pas un vain mot.

Pour ce premier week-end de juillet, les équipes ont été drillées et les sourires gênés sont décelables sous les masques portés par l’ensemble du personnel, du jardinier solitaire plutôt détaché au serveur plutôt désorienté.

Depuis son récent transfert dans l’escarcelle de Center Parcs, le premier Sunpark créé par le légendaire Rudolf Vanmoerkerke en 1989 a subi une évidente montée en gamme qui correspond davantage à la philosophie de la société mère Pierre & Vacances, en constante évolution et préoccupée par la dimension du tourisme durable -certification Kiwa pour toute la Belgique, avec la possibilité de payer au moyen d’écochèques.

Les 40 millions investis ces derniers mois l’ont été principalement dans l’hébergement, qui se décline désormais en trois catégories et accueille de 2 à 12 personnes avec, systématiquement, le ménage de sortie et le Wi-Fi inclus. Comfort, Premium et VIP au bord du lac), tous les logements ont été repensés à l’intérieur des murs qui sont les seuls à avoir été épargnés par les pelleteuses et les designers.

10m² par baigneur, le luxe !

L’offre d’activités a été revue à la hausse, l’espace de jeux intérieur a doublé de taille (mais la plaine extérieure reste fort maigre) et l’Aqua Mundo, le produit phare du domaine (les réservations ont galopé depuis sa réouverture le 1er juillet), a été totalement rénové, du toit à la déco, avec une nouvelle rivière sauvage de 125m qui déverse les amateurs de sensations fortes dans la piscine extérieure.

Le protocole Covid-19, qui impose un espace de 2,4m2 par nageur est ici porté à 10m2 et c’est un pur bonheur pour les amateurs une fois le labyrinthe des vestiaires sans douche franchi. Les installations sont désinfectées entre chaque slot.

Enfin, une longue liste de services en option est désormais disponible, y compris la livraison en cottage d’un menu quotidien certifié Covid-19, du petit-déjeuner ou d’un panier d’ingrédients prêts à cuisiner. Le tout via une application qui relève d’une volonté de digitaliser les vacances.

Vacances digitalisées

Pour Erwin Dezeure, Managing Director Belgique et CRS Directeur Center Parcs Europ, cette digitalisation, qui transforme le vacancier en geek, est mise au service du souhait exprimé par les vacanciers modernes « de resserrer les liens familiaux et de vivre des expériences ».

Appli et bracelet connecté sont des passe-partout qui facilitent le séjour, depuis les réservations et l’ouverture des portes et des casiers jusqu’au paiement bientôt disponible dans tous les parcs. Le QR code sur les tables des restaurants fera son apparition cet été.

Les familles avec petits et grands enfants, les couples et les groupes d’amis croisés jonglent avec la formule qui convient parfaitement à l’ambiance Covid-19. Même si j’ai perdu le mien dans le toboggan vert.

Une opportunité rassurante

Après seulement trois mois d’exploitation sous son nouveau label, avec une équipe composée d’anciens et de nouveaux employés (Center Parcs continue d’embaucher malgré la crise, 24% d’augmentation depuis le début de l’année) le Domaine De Haan a donc été confronté à un nouveau défi.

Les familles avec jeunes enfants sont clairement la cible idéale des Center Parcs -même si tout est pensé pour intéresser tous les âges (©Movi Press)

Depuis le Covid-19, le parc de loisirs résidentiel a multiplié les formations et les adaptations à de nouveaux protocoles. Non sans mal. Les trainings tardifs et l’e-learning ne remplacent pas une mise en situation sur site.

L’ouverture partielle, le 8 juin dernier, n’a pas attiré les foules -et c’est tant mieux, devrait-on dire car les équipes semblent encore un peu déboussolées au moment où les réservations commencent à affluer.

65% de taux d’occupation en ce début juillet, et sans doute au-delà des 85% pour le reste de la saison si rien ne vient enrayer la nouvelle machine. « Nous représentons une opportunité pour les vacanciers. Pas d’avion à prendre, proche du domicile si nécessaire, arrivées flexibles hors juillet/août, seul parc en bord de mer. Les Belges apprécient. Les Allemands et les Néerlandais sont très intéressés. Nous enregistrons déjà des sessions d’incentive de plusieurs sociétés. Nos normes de sécurité sont très élevées dans tous nos parcs. »

Les Belges (mais aussi les Allemands et les Néerlandais) de retour dans les Center Parcs (©Movi Press)

Une discipline bien comprise

En temps normal, la structure du village de vacances, où les cottages sont disséminés dans la nature, les espaces sont déjà pensés pour permettre aux familles de vivre leur séjour en toute privauté sans se priver d’une foule d’activités.

Le covid-19 a imposé plusieurs modifications -marquages au sol pour ne pas trop se croiser, groupes réduits lors des visites à la ferme ou sur les plaines de jeux, horaires plus stricts pour les activités encadrées, des flacons de gel hydroalcoolique absolument partout-, mais cela ne perturbe pas du tout les vacanciers qui adoptent rapidement le comportement adéquat et ne se sentent pas moins libres de leurs mouvements. Sans doute la dispense du port du masque joue-t-elle un rôle. Très clairement, seuls les employés le portent.

Un secteur food qui doit suivre

Outre cette contrainte, ces derniers affichent un enthousiasme de circonstance, conscients de leur rôle d’ambassadeurs. Seul le secteur food, avec une offre restreinte sur les 5 espaces de restauration différents, semble désarçonné, parfois même en pleine déroute alors que les clients ne se pressent ni dans les restaurants ni dans le magasin central.

On n’a pas du tout l’impression que le parc est déjà occupé à 65%, et c’est tant mieux. Mais, si le village se remplit davantage cet été, et si les familles sortent plus souvent de leurs cottages pour manger, les problèmes de commande ou les trop longues attentes risquent de déplaire aux vacanciers.

On ne pourra pas leur dire qu’un problème informatique ne peut se résoudre pendant le week-end ou que les nuggets mettent une heure et demie à arriver à cause de l’e-learning, de la cuisine centralisée ou des nouvelles règles imposées par la crise. Même si celle-ci est, à ce jour, extrêmement bien gérée et que ces accrocs au démarrage devraient très vite s’estomper.

Movi Press

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