Carlos Da Silva : « les non remboursement et les faillites continuent »

Il est évident que plusieurs compagnies aériennes sont en train de couler. Les passagers ayant acheté leurs billets d’avion souvent plusieurs mois à l’avance ne vont jamais revoir leur argent. Carlos Da Silva, co-fondateur de MisterFly, comme d’autres professionnels du tourisme, voudraient que les politiques s’emparent du sujet, tout comme la violation du droit des passagers, dans le non remboursement de leur billet d’avion.

Le Parlement Européen semblait favorable ….

En 2019, plusieurs élus du Parlement européen soulignaient que 32 compagnies aériennes avaient fait faillite depuis 2017. Ils appelaient la Commission européenne à prendre des mesures rapides. Dans leur résolution, ils écrivaient : « Afin de renforcer la protection des consommateurs en cas de faillite, des fonds de garantie ou des contrats d’assurance des compagnies devraient être inclus dans les règles relatives aux droits des passagers européens, qui sont en cours de révision et en attente d’une position des États membres »

L’ECTAA se bat sur ce sujet sans résultat

La mise en place d’un tel fonds de garantie est réclamée depuis longtemps les voyagistes européens représentés par l’Association européenne des agences de voyages et tour-opérateurs (ECTAA). Cette dernière «appelle les décideurs de l’UE à introduire une législation européenne spécifique établissant un mécanisme obligatoire supporté par les transporteurs aériens pour protéger les passagers contre les défaillances des compagnies aériennes« .

Fabrice Dariot (président de BDV et romancier à succès) évoquait le cynisme d’IATA

L’IATA s’oppose fermement à une telle assurance, estimant que les compagnies majeures n’ont pas à payer pour les petites compagnies à risque. Fabrice Dariot précisait, il y a quelques mois : « Le raisonnement de ce quarteron de compagnies, qui nuit au progrès, est assez cynique : « nous sommes trop prêt du pouvoir pour qu’on nous laisse aller à la faillite, le consommateur le sait et nous accorde sa préférence à ce titre. L’argent du contribuable, nous sert, de facto, de caisse de garantie exclusive »

Carlos Da Silva : « Les compagnies aériennes doivent donner les mêmes garanties que celles offertes par les agences de voyage ! »
Il ajoute : « 
c’est un scandale !… » « On demande aux agences de voyages de fournir une assurance de responsabilité civile professionnelle et de contracter une garantie financière pour créer une organisation de voyages. Les choses se compliquent quand l’agence ou le voyagiste souhaite émettre des billets d’avion ».

Il faut, en effet, se plier à une autre réglementation qui a d’ailleurs été modifiée en 2019. IATA demande une assurance ou garantie financière supplémentaire.

Par ailleurs, le système imposé par IATA, le BSP, (système de règlement automatisé) débite la facture des billets émis deux, voire trois fois par mois. Certains estiment qu’IATA, en imposant de la sorte ses conditions, tombe dans l’abus de position dominante. Ce qui a poussé l’ECTAA, à déposer une plainte en auprès de la Commission européenne le 24 mai 2019.

Comme d’habitude, ces affaires traînent car les lobbyistes d’IATA doivent agir en coulisses. Comme insiste Carlos Da Silva, on impose des garanties strictes aux agences mais aucune garantie financière n’est exigée pour les compagnies aériennes. Il ajoute : « les clients ne le savent pas toujours qu’il est plus prudent de passer via un intermédiaire professionnel que de réserver directement auprès d’une compagnie aérienne ».

Certaines compagnies aériennes sont déjà en difficultés

Air Mauritius a été placée hier en redressement judiciaire. Norwegian a placé ses entités suédoises et danoises en faillite et licencié plusieurs centaines d’employés. Virgin Australia est sous administration judiciaire et cessation de paiement. Le gouvernement australien refuserait de financer un renflouement de 1,4 milliard de dollars australiens. Les actionnaires comme Etihad Airways, Singapore Airlines, HNA Group et Nanshan, ont toutes exclu toute assistance. 

Des négociations de reprises se poursuivent avec deux fonds de capital risques. IAG aurait abandonné le projet de rachat d’Air Europa. Ils réfléchiraient à la fermeture de Level France. Richard Branson indique : Virgin Atlantic ne survivra à l’épidémie de coronavirus que si elle obtient le soutien financier du gouvernement britannique.

Dans le groupe Lufthansa, la situation n’est pas meilleure. Le groupe a mis en liquidation sa compagnie Germania. Elle songerait à faire de même avec Eurowings. Brussels Airlines et Austrian pourraient réduire leurs flottes d’au moins 50 %.

Lufthansa de son côté prévoit de rendre ou vendre au moins 70 appareils. Chez Air France-KLM, on attend avec impatience l’aide des états français et néerlandais. Hop pourrait avoir une flotte réduite. D’autres mauvaises nouvelles sont à attendre !

Il est grand temps que le consommateur/voyageur dispose enfin d’une garantie financière en cas de faillite d’une compagnie aérienne.

Serge Fabre

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