Brexit, et maintenant?

Personne ne sait encore de quoi demain sera fait. Seule certitude, la décision des Britanniques ne sera pas bénéfique pour le tourisme. Le premier impact du vote touchera à n’en pas douter la libre circulation de ses ressortissants dans les autres pays de l’UE, et vice versa. Un visa pourrait ainsi être nécessaire pour les citoyens de l’UE se rendant dans le Royaume-Uni, de même que les Britanniques pourraient se voir obligés d’en obtenir un pour aller en Europe. Le pouvoir d’achat en est un second avec la livre Sterling qui chute, réduisant ainsi le pouvoir d’achat. Côté prix toujours, le transport aérien pourrait également avoir à compter avec une hausse du prix du billet.

Impact sur le transport aérien

En effet, de nombreux transporteurs, Easyjet et British Airways en première ligne, peuvent pour le moment opérer entre n’importe quelles villes de l’UE. Mais un Brexit va inévitablement remettre en question ces accords. A ce sujet, «Tourmag» citait à ce sujet les PDG de Monarch Airlines et de Ryanair qui parlaient de «probablement des tarifs aériens plus élevés et moins de vols entre l’Union européenne et le Royaume-Uni» pour Andrew Swaffield (Monarch Airlines) et d’«apocalypse» pour Michael O’Leary (Ryanair).

Vendredi, Easyjet a publié un communiqué rappelant que la compagnie s’était préparée à cette éventualité. « La priorité sera d’accélérer le dialogue entre le Royaume-Uni, les Etats Membres de l’Union Européenne et leurs régulateurs afin de garantir que le Royaume-Uni continuera à faire partie du marché unique du transport aérien européen. Ceci permettrait aux compagnies européennes de voler librement au sein du Royaume-Uni ainsi qu’entre l’Europe et le Royaume-Uni et aux compagnies aériennes du Royaume-Uni de voler librement en Europe, comme aujourd’hui.»

En sortant de l’UE, le transport aérien ne serait plus soumis à la réglementation européenne concernant les indemnisations pour les vols de et vers la Grande-Bretagne. «Les risques potentiels et les inconvénients ne sont pas compensés par des avantages équivalents pour les voyageurs», a indiqué Mark Tanzer, directeur général de l’Association des agences de voyages britanniques (ABTA) reprenant les résultats d’une étude commandée au cabinet Deloitte.

Et pour la Suisse?

Pour Urs Holderegger de l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC), l’impact du Brexit ne sera pas énorme à court terme. Dans la « Schweiz am Sonntag », il a simplement relevé que l’accord conclu entre la Suisse et l’Angleterre devra être réactivé et adapté. En revance, Swiss International Air Lines ne se réjouit pas de ce vote. Pour elle, aucun nouvel accord ne sera nécessaire.

L’ancien accord date de 1950 et n’est plus adapté, ainsi que le souligne Karin Müller, porte-parole. « La phase d’incertitude qui va suivre est défavorable en termes de conditions économiques entre la Suisse et la Grande-Bretagne.» Selon le développement du marché des devises, le franc fort serait un élément négatif pour le tourisme.

Turbulences boursières

Les marchés ont été frappés de plein fouet par le vote de jeudi dernier. L’action allemande de TUI a perdu -12,3% vendredi dernier, tandis que Thomas Cook enregistrait -20%. Easyjet a également dû faire face à une chute de 20%, tandis que Lufthansa et Ryanair limitaient les dégâts avec -9,5%, respectivement -12,5%. L’International Airlines Group (IAG) a d’abord été durement touchée avec -34%, avant de récupérer et de se stabiliser à -20%.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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