« Avant, Charleroi était mon vol préféré »

A l’aéroport de Nîmes, le stress était palpable ce dimanche 22 mai. Des touristes énervés et des agents de contrôle qui l’étaient tout autant. Entre tourisme et attentats, des partenaires qui s’envoient des noms d’oiseaux à la figure. Petite anecdote à propos d’une situation où des collaborateurs privilégiés finissent par « se chercher misère ».

Ce dimanche 22 mai, l’ambiance était quelque peu tendue entre les passagers du vol Ryanair et les agents chargés du contrôle des bagages. Alors que les douaniers de Zaventem viennent d’être désolidarisés de leurs armes (un agent aurait pointé un collègue avec son arme de service), le post traumatisme dû aux attentats gagne le personnel des aéroports.

La scène à laquelle nous avons assisté s’est déroulée en deux temps. Une jolie bourgeoise ouvre son sac sur le banc et les problèmes commencent. Un ordi, une tablette, de la nourriture et du linge attirent l’attention du malabar chargé du contrôle. Il lui demande d’enlever sa ceinture, ses chaussures et son Smartphone qui était glissé dans sa poche révolver.

« Nous, on fait notre boulot, à Charleroi, ils laissent tout passer »

« Vous ne voulez pas non plus que je me mette à poil ? » lui lance alors la petite blonde. Piqué à vif et visiblement exténué par les remarques des clients précédents, le gars hausse le ton. Il demande d’ouvrir la totalité des sacs et forcément, la jeune femme sonne en passant le portique de sécurité.

L’agent se fend alors d’une phrase qui fit murmurer les dernier passagers pressés de quitter la file d’attente : « Pas étonnant qu’ils aient eu des attentats là haut, ils ne sont pas habitués à ce qu’on les contrôle ces gens du nord. Nous, on fait notre boulot, à Charleroi, ils laissent tout passer ». Non satisfait d’avoir fait partager son ressenti aux touristes, il renchérit : « Avant, Charleroi était mon vol préféré, maintenant, c’est le vol que je supporte le moins ».

Contrôle d’identité et vérification du billet, la demoiselle peut se rhabiller, visiblement énervée de la fouille quelque peu militaire et par les remarques de l’employé nîmois.

Le premier acte vient de se terminer, le second peut enfin commencer.

La Belge se présente devant le douanier mais le billet n’a pas correctement été déchiré à l’entrée. On lui a remis la mauvaise partie du document. Ni son nom, ni son emplacement au sein de l’avion ne se trouvent sur le morceau de papier.

Du coup, le gendarme refuse de la laisser passer. S’engagent alors des pourparlers pour aller récupérer dans la poubelle le papier manquant. La blonde se repend alors d’une phrase quelque peu risquée: « plutôt que de faire ch… les gens comme nous, vous feriez mieux de vous focaliser sur les musulmans. A ce que je sache 100 p.c . des attentats sont dus aux islamistes ».

Tout le monde a vidé son sac. L’agent a remis le bon coupon à la jeune femme et le douanier l’a laissé passer sans même jeter un coup d’œil sur sa carte d’identité.L’avion est arrivé à Charleroi sans exploser.

PS :Nous assumons l’anecdote à l’origine de cet article. Il n’empêche qu’elle est le témoin du stress qui s’amplifie même sur des vols peu risqués. Les agents doutent des compétences de leurs collègues et les relations sentent l’oignon. Espérons que le stress redescendra vite pour que les voyages en avion restent un plaisir. Celui de prendre de la hauteur et de voir les nuages d’en haut. SL

 

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