Au Futuroscope, l’immersion dans l’image à son stade ultime

En juin prochain, le Futuroscope célébrera son 30ème anniversaire. C’est bientôt l’heure des bilans, mais c’est encore celle des inaugurations, avec « L’Extraordinaire Voyage », la dernière des attractions du parc, ouverte depuis le week-end dernier après un an et demi de travail et 12,5 millions d’euros d’investissements.

Le thème ? Un voyage autour du monde, inspiré (librement) de celui imaginé par Jules Verne, …mais en beaucoup plus vite : quatre minutes. Ici, le « véhicule » ultra rapide est une plateforme de trois rangées de 28 sièges suspendus, face à un écran « torique » de 600 m². Les « passagers », bien sanglés dans leur ceinture de sécurité, ont les pieds dans le vide, qui vont successivement frôler le parc du Futuroscope, base de départ, puis, dans l’ordre : les pyramides de Gizeh, les gratte-ciels de Dubaï, la vallée du Gange et le Taj Mahal, en Inde, les sommets de l’Himalaya, le parc national de Yellowstone et la source chaude du Grand Prismatic.

C’est bien sûr un parti pris : pourquoi n’avoir pas suivi rigoureusement l’itinéraire de Phileas Fogg et survolé Bombay, Calcutta et Hong Kong, surtout ? Yokohama, San Francisco et New York ? Les concepteurs ont choisi, manifestement, de privilégier les grands espaces naturels. La planète regorgeant de sites plus impressionnants les uns que les autres, il reste quantité de sites qui pourraient faire l’objet d’une autre déclinaison encore. Qui sait ?

Quoi qu’il en soit, grâce notamment à cinq vidéoprojecteurs et 20 points de diffusion sonore, le spectateur est emporté dans ce « film » mêlant images réelles, souvent captées par des drones, et de synthèse. Et s’il a quelque expérience de vol à bord d’un planeur, d’un ULM ou même d’un petit avion de tourisme, il retrouvera là exactement les mêmes sensations de glissades et dérapages, accélérations et planage.

Un voyage des sens, aussi

futuroscope2Mais le voyage autour du monde est aussi un voyage des sens. Le vent soulève des dunes de sable, le brouillard envahit les cimes de l’Himalaya, les odeurs de patchouli viennent bercer les rives du Gange… Avec L’Extraordinaire voyage, l’immersion dans l’image est arrivée à son stade ultime.

Inspirée d’une attraction découverte en Californie, fabriquée à Vancouver, la plateforme, de 110 tonnes — le poids d’un avion commercial — a fait l’objet de 10.000 tests et occupé 20 personnes pendant trois mois avant d’être livrée au Futuroscope et de prendre place dans le pavillon de l’ancien « Tapis Magique », qui avait longtemps accueilli le film de Jacques Perrin, Les Voyageurs du ciel et de la mer, et dont la démolition avait commencé en janvier 2015.

Le Futuroscope, producteur

Mais c’est la société du Futuroscope qui a conçu et produit entièrement le contenu de l’attraction, réalisé par la société Cube Créative, société française d’animation 2D et 3D, qui a signé les habillages identitaires de France 3.

L’Extraordinaire Voyage marque ainsi une nouvelle étape dans l’histoire, bientôt trentenaire donc, du Futuroscope, qui poursuit ainsi sa transformation. Car le futur ne ressemble plus à celui qu’on imaginait dans les années 80. Ce n’est déjà plus « demain » qui intéresse le Futuroscope. L’homme a besoin de rêver, bref, de se projeter dans l’après-demain.

En allant plus loin dans l’imaginaire et en faisant appel à des concepts utopiques, le parc a évité l’écueil d’un futur trop présent, trop vite renouvelé et, comme au début du siècle, décevant, écrit le Huffington Post.

Un nouveau positionnementdominique-hummel2

En évitant la « banalisation de l’image », le Futuroscope récolte aujourd’hui les fruits de son nouveau positionnement, plus fun, festif et familial, porté par des créations originales. Voilà pourquoi Dominique Hummel, président du Directoire du Futuroscope (photo), cite volontiers Victor Hugo : « Il n’est rien de plus puissant qu’une idée qui arrive à son heure ».

Depuis sa création, il a accueilli plus de 50 millions de visiteurs et dépassera sans doute le seuil des 100 millions d’euros de chiffre d’affaires cette saison, un record depuis 2000. Et franchira sans doute aussi, pour ses 30 ans, le cap des deux millions de nuitées, dont 80 % sont des individuels pour 20 % de groupes.

A noter que le Futuroscope est le seul parc à proposer un tarif enfant jusqu’à 16 ans inclus, et diverses formules de séjour.

 


Y aller

Faute d’aéroport à proximité immédiate, le parc du Futuroscope, au nord de Poitiers, n’est accessible qu’en voiture : 6 h 30, si tout va bien, d’autoroute à péage, depuis Bruxelles. Ou en train, et c’est la meilleure solution. De Paris (Montparnasse), la SNCF opère plusieurs trains TGV par jour à destination de Poitiers, dont certains s’arrêtent en gare du Futuroscope. Dessinée par Denis Laming, l’architecte de la plupart des bâtiments du parc, elle s’est ouverte en 2000 de l’autre côté de l’autoroute qu’enjambe une passerelle privée. C’est en gare même que l’on procède actuellement, et dans la bonne humeur, aux contrôles de sécurité. On peut aussi y laisser ses bagages, qu’on retrouvera le soir à son hôtel. Bien pratique !

Pour les Belges, après la petite heure et quart que met le Thalys pour atteindre Paris, il faut se rendre ensuite à la gare de Montparnasse, heureusement reliée par un métro direct (ligne 4, direction Montrouge) pour y monter à bord d’un TGV qui ne met guère plus d’une heure et demie pour déposer ses passagers à l’entrée du Futuroscope. Temps total, de quai à quai : 4 heures 15.

Pour ceux, enfin, qui résident plus près de Lille, trois trains quotidiens desservent Poitiers depuis la gare de Lille Europe avec, pour celui de 09:18, arrêt au Futuroscope où il arrive après 3h20 de voyage. Le retour direct sur Lille, en 3 heures 49, est assuré par le train de 17:22 : il est donc même possible de réaliser l’aller-retour dans la même journée. Mais ce serait dommage…

 


Y séjourner

Pas moins d’une douzaine d’hôtels se situent autour du Futuroscope, avec lequel un service de navettes est organisé matin et soir. Outre les marques habituelles du groupe Accor, l’hôtel Plaza 4* est considéré comme le meilleur. Mais une mention spéciale est à décerner à l’Altéora, qui le vaut bien, juste en face, un 3* de près de 200 chambres climatisées, systématiquement rénovées. Sens de l’accueil, toujours souriant, qualité de service, irréprochable, et ce petit « plus » qu’est cette manière d’aller au-devant des désirs de ses hôtes, comme souvent en cette belle région rebaptisée Nouvelle Aquitaine.

On en fera aussi l’expérience en visitant l’un ou l’autre des seize sites insolites à moins d’une demi-heure du Futuroscope : du théâtre Blossac à Châtellerault, à la Cité du Livre qu’est la charmante ville médiévale de Montmorillon en passant par celle de Chauvigny ou la Vallée des Singes.


 

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