Après 100 jours, que peut-on dire de la présidence de Trump ?

On juge souvent un nouveau PDG ou un nouveau président sur ses 3 premiers mois – sur cette base-là, que peut-on dire de la présidence de Trump ?

On dit souvent qu’un dirigeant d’entreprise n’a que 100 jours pour convaincre ses employés de la pertinence de ses décisions. Le dirigeant d’entreprise a donc 3 mois tout au plus pour opérer les changements et prendre les réformes les plus difficiles.

Si on applique ce raisonnement à Donald Trump, quel est aujourd’hui le résultat ? Si vous écoutez les anti-Trump, ils vous diront que c’est un échec total. Prenez les décrets anti-musulmans, ils ont été recalés plusieurs fois par la justice.

Prenez l’Obamacare, le système de soins de santé mis en place par Barack Obama, il n’a finalement pas été modifié contrairement à ce que Trump a répété pendant toute sa campagne. Pourquoi ?

Mais parce que quelques élus Républicains extrémistes trouvaient que les modifications apportées par Donald Trump étaient encore trop timorées. Quant à la politique internationale, il suffit de regarder comment après avoir vertement critiqué le Japon, Donald Trump a reçu le premier ministre japonais en grande pompe, chez lui, en Floride.

Les ennemis de Trump pensent que ce scénario va à nouveau se vérifier avec le Premier Ministre chinois qu’il reçoit également aux Etats-Unis. Selon les détracteurs de Trump, il serait une sorte de molosse qui aboit fort mais ne mord pas.

Mais qu’en est-il de ses fans ? Comment voient-ils les choses ?

Pour les partisans de Trump, c’est simple, si les réformes ne se font pas pour l’instant, c’est parce qu’il se retrouve confronté au « système ». C’est le premier président qui veut renverser la table et qui évidemment se trouve bloqué tantôt par les médias, tantôt par les juges et tantôt par l’establishment économique.

Les médias sont corrompus selon les partisans de Trump . Prenez juste l’exemple de la CIA. Lorsqu’elle renversait Allende et les gouvernements de gauche d’Amérique Latine, la presse occidentale n’avait pas de mots assez durs envers l’agence. Maintenant que cette même agence de renseignements bloque Trump dans sa tentative de réconciliation avec la Russie, cette même CIA est considérée comme une institution noble.

Quant aux multinationales, bien sûr qu’elles veulent que Trump soit gentil avec la Chine. Toute mise en place d’une forme de protectionnisme déstabiliserait leurs chaines de production et réduirait les profits de ces multinationales américaines. Les partisans de Trump disent simplement qu’il y a une coalition de fait entre la Chine qui soutient ces multinationales, car c’est grâce à elles que la population chinoise est sortie de la misère. C’est grâce aux délocalisations des multinationales américaines et européennes que la classe moyenne chinoise a pu éclore.

La mondialisation peut être résumée, comme l’a fait Paul Krugman le prix Nobel d’économie, à une alliance entre le parti communiste chinois et les actionnaires des multinationales. Pour les partisans de Trump, c’est le système tout entier qui est contre leur champion. Ce sont les médias, les juges, la haute administration, et les multinationales qui s’opposent à Trump sous prétexte de droits de l’homme, mais en réalité, ces corps constitués défendent leurs privilèges, comme l’écrit Eric Zemmour dans le Figaro Magazine (visiblement plutôt pro-Trump).

Comme on peut le voir, les arguments des anti-Trump et des pro-Trump sont aux antipodes. Le drame pour la démocratie américaine, c’est que la population est vraiment divisée en deux – et ça, ce n’est jamais bon sur le long terme.

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