Airlander, à quoi ça sert?

Airlander 10, un dirigeable de nouvelle génération, a volé pendant une demi-heure le 17 août, à une altitude d’une quinzaine de mètres. La presse en a un peu parlé, parce que c’est à l’heure actuelle le plus gros aéronef du monde, avec ses 92 mètres de long. Et parce que c’est l’été, et parce que son arrière ressemble à une énorme paire de fesses, au point qu’on le surnomme « the flying Bum », le « derrière volant ».

Une semaine plus tôt, une première tentative de vol avait lamentablement échoué. Et voilà qu’hier,  lors de son deuxième vol, l’Airlander s’est encore planté en plein champ… Heureusement, tous les membres d’équipage sont sains et saufs.

Un monde traumatisé

Ce n’est pas la première fois qu’on tente de ressusciter le dirigeable, dont on voit bien les avantages : faible consommation, silence, possibilité de décoller et atterrir n’importe où… mais aussi les inconvénients, comme sa vitesse et l’altitude de vol, limitées. Enfin, et surtout, la tragédie du Hindenburg, fleuron de la firme allemande Zeppelin, le 6 mai 1937 à New York, a littéralement traumatisé le monde du transport aérien jusqu’à aujourd’hui.

Un phénomène médiatique

Ce jour-là, à son arrivée à Lakehurst, dans le New Jersey, le Hindenburg — baptisé du nom du président allemand, décédé deux ans plus tôt — s’enflamme en 34 secondes. Les images feront le tour du monde et ruineront définitivement l’image de ces grands rigides affectés au transport. L’accident ne fera pourtant « que » 13 morts parmi les… 36 passagers, et 21 des 31 membres d’équipage qu’emportait l’appareil, de 247 mètres de long, à une altitude de 300 mètres et une vitesse de croisière de 85 km/h.

Des performances peu améliorées

Les « performances » de tels engins n’ont été que peu améliorées et seraient aujourd’hui inacceptables : on risque peu de voir à nouveau des dirigeables transporter des passagers. Alors, pour quel usage ?

Conçu à l’origine pour l’armée américaine afin de réaliser des missions de surveillance, le projet Airlander a été abandonné faute de financement, avant d’être racheté par une société britannique, Hybrid Air Vehicles (HAV), qui pense que, dans le secteur civil, l’appareil pourrait transporter du fret commercial ou bien encore assurer des missions humanitaires.

Un avenir incertain

Pour autant que la version définitive de cet engin voit le jour, son avenir commercial reste tout de même très incertain. Bien que, rempli d’hélium, il puisse voler normalement à la vitesse de 148 km/h en pleine charge à une altitude de 4.900 mètres et rester en vol pendant près de trois semaines. Quand tout va bien.

[Source : Les Echos]

Print Friendly, PDF & Email

Commentaires

commentaires

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY