Airbus dans le collimateur

Airbus est visé par une enquête criminelle par le Serious Fraud Office, organe britannique chargé de la lutte contre la corruption. L’enquête concerne des soupçons de fraude, pots-de-vin et corruption dans l’activité de l’aviation civile d’Airbus. L’information s’est modérément fait sentir sur l’action du groupe, puisqu’Airbus a « seulement » perdu 1,29% à 50,34 euros.

« Ces allégations portent sur des irrégularités concernant des consultants tiers », a précisé Airbus, sans donner plus de précisions, tout en soulignant qu’il entendait « coopérer avec le SFO ». Un porte-parole de l’agence a ajouté qu’aucune autre information ne serait rendue publique avant l’aboutissement de l’enquête. Par conséquent, ni le marché concerné par la corruption, ni la nature de l’affaire n’ont été précisés.

« Certaines inexactitudes »

C’est l’agence britannique de crédit à l’exportation UK Export Finance (Ukef) qui a annoncé avoir transmis au SFO un dossier concernant Airbus. En avril, le groupe lui-même avait fait état de « certaines inexactitudes » dans des demandes de garanties de crédit à l’exportation auprès de l’Ukef. L’avionneur préfère parler d’omissions involontaires concernant l’utilisation de certains consultants étrangers et leurs rôles.

Une tournure qui peut se révéler inquiétante

Première conséquence : la suspension du soutien de l’Ukef aux transactions d’Airbus. La décision a été suivie par les agences françaises et allemandes.

Selon Reuters, « l’enquête porte sur des contradictions dans des montants de commissions de consultants mentionnés dans des demandes d’aide à l’export, ou des noms de tiers manquants, dont certains cas remontent à des années ». Comme le signale Marianne, cette procédure rare n’est pas sans rappeler le cas d’Alstom, qui avait été condamnée « pour avoir versé des pots-de-vin à travers des intermédiaires, des « consultants », en marge d’un contrat dans le secteur de l’énergie conclu avec l’Indonésie. Alstom avait alors dû s’acquitter d’une amende de 700 millions de dollars.

Si les accusations s’avèrent exactes, Airbus pourrait se voir infliger une lourde amende et même voir son carnet de commandes chuter. Or, le schéma présumé de corruption dont est accusé Airbus semble relever d’un procédé semblable.

Au coude à coude avec Boeing

Avec 323 commandes cette année, Airbus rattrape de plus en plus son concurrent américain Boeing, qui reste légèrement en tête avec 334 commandes. Un bon chiffre, malgré une baisse des commandes de 17% pour les deux géants de l’aviation par rapport à l’année dernière.

« Il y a deux défis relatifs aux flux de commandes. Le premier est que le nombre de compagnies qui veulent agrandir leur flotte pour des raisons de fierté nationale sont en déclin, à cause de la fragilité de l’économie mondiale », explique l’analyste James Bevan, de l’entreprise de gestion d’investissements CCLA. « La seconde, c’est le renforcement des accords de partage de codes, comme en témoigne l’accord entre Qantas et Emirates ». Ces accords permettent aux compagnies aériennes de partager les routes. C’est comme cela que Emirates propose désormais 97 vols hebdomadaires entre Dubaï et l’Australie.

Airbus reste malgré tout en bonne posture, puisque son bénéfice net s’est envolé de 15% au premier semestre et que son résultat net semestriel a atteint 1,76 milliard d’euros.

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