Airbnb : des locations qui serviraient parfois pour la prostitution ou le trafic de drogue !

Comme l’indique le journal Libération de Samedi 27 Juin : « La société californienne répondait avec condescendance aux élus des grandes villes européennes inquiets du développement anarchique des meublés touristiques au détriment du logement de leur population ».

Aujourd’hui, Airbnb commence à réfléchir aux conséquences. Certaines villes, dont Amsterdam, prennent le problème sérieusement.

Amsterdam a dans son viseur Airbnb et d’autres plateformes

La ville prend des décisions radicales à partir du 1er Juillet. Dans trois quartiers du vieux centre-ville, les locations touristiques sont interdites. Il s’agit de : Burgwallen-Oude Zijde, Burgwallen-Nieuwe Zijde et Grachtengordel-Zuid.

D’autres quartiers sont également réglementés

Dans d’autres quartiers de la célèbre ville aux multiples canaux, les locations de vacances ne seront autorisées qu’avec un permis à partir du 1er Juillet, pour un maximum de 30 nuits par an.

Le nombre de locations augmentait de façon exponentielle

En 2018, Amsterdam avait resserré le plafond du nombre de nuits que les propriétés pouvaient mettre en location. De 60 nuits, les propriétaires ne pouvaient louer que 30 nuits par an.

Pourtant, malgré ces restrictions, les autorités de la ville ont noté que la location touristique a connu une forte croissance ces dernières années ? Un appartement sur quinze est proposé en ligne. Le nombre de locations a été multiplié par cinq !

La location touristique a un impact sur la vie locale

En raison de cette augmentation, la location touristique a un impact de plus en plus négatif sur la qualité de vie dans divers quartiers d’Amsterdam. Après consultation, 75% des résidents interrogés ont soutenu l’interdiction des plates-formes d’opérer dans les trois districts centraux.

Cependant, les règles paneuropéennes actuelles, notamment la directive européenne sur les services, limitent la manière dont les villes peuvent réagir au sentiment du public contre ces services. Amsterdam applique donc l’interdiction à des quartiers spécifiques où elle a pu confirmer que le tourisme entraîne des perturbations majeures.

L’objectif ultime est le partage des données

Après les premières escarmouches entre les villes et les plateformes de location de vacances liées à la collecte des taxes de séjour, l’accès aux données reste une pomme de discorde permanente.

Les villes pressent les plateformes de partager des données afin de pouvoir appliquer des réglementations plus strictes. Les plates-formes, quant à elles, ont une incitation commerciale claire à éviter une telle transparence.

L’Europe devrait bouger

Dix villes de l’Union Européenne, dont Amsterdam, ont rédigé une lettre ouverte l’année dernière, invitant la Commission à introduire «des obligations juridiques strictes pour les plateformes ». Celles-ci devraient fournir des données sur les locations touristiques … mais quand ?

Les locations de vacances servent à bien des trafics

Le journal Libération, dans son article, évoque la souffrance des locataires voisins d’appartements loués par des touristes et notamment à Paris.

En fait, il s’agit très souvent de groupes de personnes qui louent l’appartement pour organiser des grosses fiestas. Vous pouvez imaginer le bruit. Par ailleurs, le confinement a mis en lumière des activités illégales comme le trafic de drogues et la prostitution.

Aujourd’hui Airbnb a un incroyable succès en France

Parmi les hauts lieux du tourisme, la France. Airbnb y compte plus de 100 000 annonces dont 40 000 en Ile de France. Il s’agit du deuxième marché dans le monde pour la plateforme américaine. Il faut bien reconnaître que les autorités sont très laxistes.

Les contrôles sont quasiment inexistants. Il y a quelques affaires qui remontent mais on est loin, très loin, d’un contrôle de ces locations… y compris sur le plan fiscal !.

La justice - Communauté Saint-Martin

Une condamnation le 5 Juin 2020

« La société Airbnb a été condamnée le 5 juin pour une sous-location illégale effectuée à Paris, rapporte l’AFP. Le tribunal judiciaire de Paris a eu la main particulièrement lourde en lui assignant le paiement de 58 494 euros à un propriétaire dont l’appartement avait été sous-loué illégalement par sa locataire. La plateforme de réservation en ligne de location d’hébergement à destination des particuliers a été jugée solidaire de la locataire.

Le tribunal justifie cette décision par le fait que la plateforme aurait dû vérifier la légalité de la transaction. Le jugement établit qu’Airbnb Ireland « est responsable des actes commis par ses utilisateurs et devra répondre de tous les agissements illicites qui seront commis sur sa plateforme ».

photos talonneur libres de droits | Piqsels

La justice a établi qu’Airbnb n’exerce pas une simple « activité d’hébergement » à l’égard des hôtes qui utilisent son site, mais une «activité d’éditeur », car divers éléments attestent le « caractère actif» de sa « mise en relation des hôtes et des voyageurs » et son «immixtion dans le contenu déposé par les hôtes ».

Airbnb a en effet un « droit de regard sur le contenu des annonces », qu’elle peut retirer pour des raisons à son entière discrétion, et sur les « activités réalisées par son intermédiaire », note ainsi le tribunal.

Airbnb a annoncé son intention de faire appel d’une décision qui selon elle « va à l’encontre des principes fondamentaux du droit français et européen, qui distinguent les éditeurs des hébergeurs de contenu ».

Il est vraiment temps que les autorités locales se préoccupent de ces problèmes … mais sérieusement !

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