Airbnb : 20.000 logements seraient dans l’illégalité à Paris

A Paris serait la ville au monde qui propose le plus de locations sur Airbnb, mais 20.000 loueurs seraient en marge de la légalité, selon une récente enquête réalisée par France Inter que rapporte le quotidien économique Les Echos. Car le procédé est illégal lorsque les logements sont loués plus de 120 jours par an sans être déclarés comme meublés touristiques. Presque 10 % du parc locatif privé seraient ainsi loués illégalement sur Airbnb

Il faut dire qu’Airbnb rapporte trois fois plus qu’une location traditionnelle pour les propriétaires. C’est le constat d’une étude réalisée par Meilleursagents.com. Il y aurait ainsi des multipropriétaires avec trois, quatre, cinq biens à louer dans Paris, leur activité générant des revenus supérieurs à 350.000 € par an : une vraie petite entreprise !

Le patron d’Airbnb France, Nicolas Ferray, dément ces chiffres et affirme que les abus seraient marginaux. Mais selon Saskia Cousin, anthropologue et spécialiste du tourisme, il y aurait 5 % de propriétaires qui posséderaient 20% des logements à louer à Paris.

Vous avez dit partage ?

Pour des milliers de touristes, Airbnb est synonyme d’économie de partage. La réalité semble toute autre. L’économie de partage s’est peu à peu transformée en véritable industrie touristique. Les hôteliers de la capitale dénoncent la concurrence déloyale et des normes de sécurité contraignantes et coûteuses qui ne sont pas respectées par les propriétaires sur la plate-forme Airbnb. De plus, la forte présence d’Airbnb entraîne des transformations dans la manière d’habiter la ville ou les quartiers très représentés sur le site, poursuit Les Echos : nuisances sonores, ras-le-bol des habitants et disparition de petits commerces au profit de boutiques de luxe figurent parmi les impacts sociaux de l’essor d’Airbnb, qui pourrait entrer dans club des start-up à 30 milliards de dollars.

Paris veut légiférer

Paris veut également encadrer plus sévèrement les locations Airbnb : la Maire de Paris, Anne Hidalgo, veut taxer toutes les plateformes de location en ligne. « Face à l’ampleur du phénomène des locations touristiques illégales, dit-elle, les collectivités territoriales doivent disposer de nouveaux outils. La loi doit leur donner les moyens d’empêcher l’économie collaborative de se transformer en économie de la prédation ».

Dans le cadre de la loi numérique, le gouvernement devrait adopter des mesures visant directement Airbnb et autres plateformes de location en ligne. Une loi devrait obliger tous les loueurs à se déclarer en permettant aux collectivités territoriales compétentes de mettre en place un numéro d’enregistrement pour chaque bien loué en meublé touristique. Une deuxième loi obligerait Airbnb à bloquer les propriétaires louant plus de 120 jours par an.

Bruxelles l’a déjà fait

En Allemagne, la ville de Berlin a quant à elle été plus radicale et a décidé d’interdire la location de logements entiers sur la plate-forme et les Berlinois sont même invités à dénoncer leurs voisins qui louent sans autorisation.

La ville de San Francisco, berceau de l’entreprise, pourtant, a récemment durci les mesures à son encontre, en infligeant une amende de 1 000 dollars par jour et par logement à Airbnb si le site ne retire pas les annonces qui ne respectent pas la législation.

Bruxelles, enfin, la Région s’est récemment dotée, rappelons-le, d’une législation qui passe pour une des plus contraignantes, les loueurs devant s’enregistrer et fournir une série de documents avant de proposer à la location un bien respectueux de nombreux critères d’éclairage, d’aération, d’aménagement, d’ameublement, etc., en définitive plutôt dissuasifs. Sans compter que les contrôles fiscaux seront renforcés.

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