Air France va-t-elle suivre Alitalia?

Alors qu’aucun accord n’a été trouvé entre la direction et le syndicat majoritaire SNPL-AF sur le plan « Trust Together » avec « Boost », la future compagnie low cost maison, Air France va le soumettre directement à ses pilotes. En cas d’échec du référendum, comme ce fut le cas en Italie avec les conséquences que l’ont sait, vers la fin annoncée d’Air France ?

C’est bien la question que l’on peut se poser. Alors que le plan de relance était présenté comme celui de la dernière chance pour Alitalia, 67 % des salariés l’ont rejeté. Résultat, la compagnie transalpine est désormais à vendre. L’état italien a débloqué en urgence un prêt de 600 M€ pour la maintenir en l’air, le temps de trouver un repreneur total ou partiel. Il a 6 mois pour en trouver un, sinon Alitalia sera liquidée … Ciao Bella ! Tu ne seras sans doute pas la dernière de ces compagnies européennes renommées (mais désormais dépassées) qui ont disparu, et vont encore disparaître.

Chez Air France, on croit vivre le même scénario. Après 6 mois de discussions improductives, et alors que les discussions avec les syndicats devaient s’achever fin mai, la direction d’AF y a mis fin unilatéralement ce mercredi. Par cet acte (désespéré?), elle espère que les syndicats de pilotes soumettront à référendum le texte à l’ensemble des pilotes de la compagnie, comme ils le font à chaque choix crucial.

Sans doute la direction se souvient-elle qu’en février dernier, une majorité des pilotes membres du SNPL s’étaient prononcés en faveur de la création de « Boost », la future low-cost maison, et donc (implicitement ?) pour le plan d’ensemble « Trust Together ». Pas si sûr, car il reste encore de nombreux points de divergence et d’achoppement.

avion2_1Trop chères toilettes

En premier lieu, les salaires. La direction d’Air France a refusé de revaloriser les salaires des pilotes, gelés depuis 2012. Désaccord également pour le calcul de l’intéressement… Et la direction veut également remettre en cause certains avantages « très coûteux » dont ils bénéficient.

Parmi ceux-ci, des toilettes qui leurs sont uniquement réservées à bord. Deux compagnies aériennes dans le monde offrent encore (en ces  temps de crise) ce « privilège » à leurs pilotes : Air France et Egyptair ! Les supprimer permettrait de rajouter des sièges pour Air France, et gagner en productivité. Mais les pilotes veulent continuer à faire pipi tranquille ! Cela va-t-il peser dans la cuvette… heu, dans la balance lors de leur vote ?

Comme en Italie, l’avenir de la compagnie nationale est désormais entre les mains de ses salariés. Les Italiens ont choisi le crash annoncé. Les pilotes français feront-ils de même ?

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