Delta Airlines et China Eastern vont entrer dans le capital d’Air France à hauteur de 10% chacune. Mais à terme, elles pourraient contrôler 30 % de l’entreprise alors que, dans le même temps, la part de l’État français dans Air France passe de 17 à 14 %.

L’arrivée de capitaux américains et chinois a été votée lors de l’AG de la compagnie franco-hollandaise qui se tenait lundi matin. Pour Air France, cela permettra de se positionner sur des liaisons stratégiques que sont l’Atlantique Nord et le Pacifique.

Avec l’argent récolté, Air France investira conjointement avec Delta Airlines dans Virgin Atlantic. Cette association tripartite sera alors leader mondial sur les vols Europe-Amérique. Ce qui est un très bon coup puisqu’il s’agit du premier marché du monde... Côté Asie, l’arrivée de la compagnie China Eastern, leader sur Shanghaï, permettra de renforcer la position encore solide d’Air France en Asie.

Alliance déséquilibrée

Pour son développement commercial, le deal est plus que positif pour la compagnie française. Mais faut-il craindre une prise de contrôle « larvée », ce que beaucoup dénoncent déjà. Car cette double intrusion étrangère inquiète, d’autant qu’au même moment, la part de l’État français dans Air France recule de 17 % à 14 %.

Selon les terme de l’accord, Delta et China Eastern sont tenus de rester à 10 % pour une période de cinq ans. Mais au delà, les deux compagnies pourraient contrôler près de 30% de l’entreprise. Et contrairement à ce que l’on aurait pu penser, Air France n’investira pas dans les deux compagnies aériennes comme c’est le cas quand on construit une alliance équilibrée.

Généralement, on fait ce qu’on appelle un échange de participations croisées. Et le monde de l’aérien n’est pas en reste. C’est même leur sport international. Ce qui n’a pas été le cas dans ce deal.. Et cette alliance déséquilibrée à la base peut effectivement interpeller et laisser craindre, à terme, la prise de contrôle d’Air France par ces deux compagnies… En attendant d’autres ? Bonne nouvelle, la pérennité de la compagnie française semble assurée. Mais y perdra-t-elle son âme (et plus ou moins de plumes) en laissant entrer les loups dans la bergerie française ? L’avenir nous le dira sans doute très vite.

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