Un « Midnight Express » (presque) vécu par quelques touristes belges à Agadir

Une étrange et révoltante histoire est remontée à nos oreilles et nous ne pouvons pas résister à vous la livrer telle quelle. En espérant que les responsables vont se sentir visés et auront, nous l’espérons, une réponse à donner sur ce qui s’est passé ce soir-là! La voici.

Partie pour une semaine en vacances à Agadir à la fin du mois d’août et retour début septembre, une petite famille belge (Nathalie, une amie et leurs deux enfants) profite du soleil et de la plage dans cette station balnéaire phare du Maroc. La famille s’est liée d’amitié depuis quelques jours avec une Française (que nous appellerons Sophie) et sa fille du même âge que les ados belges.

Tout ce petit monde est installé dans l’hôtel Club Marmara « Les Jardins d’Agadir ». Et alors que les préparatifs du retour s’annoncent déjà (vol pour Lille prévu dans la nuit avec départ de l’hôtel vers deux heures trente du matin et décollage prévu à 5h30), il fut décidé dans l’après-midi de faire un peu de shopping, question de ramener cimg1707quelques souvenirs (ndlr : et de faire un peu tourner le commerce d’un pays qui en a bien besoin, paraît-il.).

Les échoppes se trouvent juste en face de l’hôtel et l’achat des souvenirs se fait cordialement en échange d’un billet neuf de 50 euros (qui vient de la banque de Sophie…). Cela se passe bien et nul n’aurait osé imaginer ce qui allait suivre ! Alors que les mamans ont décidé en soirée d’offrir une petite séance de henné à leurs deux adolescentes respectives, notre petit monde se rend à nouveau dans le quartier des boutiques en face de l’hôtel. Et là, ô surprise !, voilà le commerçant de tout à l’heure, fou furieux, qui brandit un billet de… 50 euros (tout chiffonné) en menaçant le groupe du pire et en leur disant qu’elles (en fait Sophie) lui ont donné ce faux billet !

Payer 20 € en contrepartie des 50 € déjà réglés

Paniquées par ces vociférations, les amies s’en retournent à l’hôtel, le commerçant à leurs trousses. C’est alors que le sous-directeur de l’hôtel (un Marocain) leur propose de simplement donner au commerçant un billet de… 20 euros pour en être quittes. Point barre. Ce que refusent absolument de faire les dames, estimant être dans leur bon droit ! Le conflit prend de l’ampleur et s’envenime.

Une des femmes se sentant de plus en plus intimidée décide d’appeler la police, ce qui semblerait avoir fortement déplu au sous-directeur de l’hôtel, tandis que ces dames ont demandé à rencontrer le directeur français de l’établissement mais le 50rectopersonnel a prétexté l’absence de ce monsieur… Alors qu’il dînait tranquillement avec des clients et semblait au courant du problème. Soit.

Après une longue attente, la police arrive et propose d’aller au commissariat pour rédiger un procès-verbal « rapide ». Pour ne pas la laisser seule, Nathalie décide d’accompagner Sophie (terrorisée) dans ses démarches au commissariat général d’Agadir. Pendant ce temps, les trois ados restent à l’hôtel avec l’autre Belge (il est vrai qu’on imaginerait mieux comme dernière soirée de vacances). Le trajet dure une éternité à travers toute la ville dans le véhicule crasseux de la police, sans confort et assises sur les roues de secours à l’arrière.

Une fois sur place, le commerçant qui les a accompagnées (!) continue de les invectiver et de les menacer tout en leur reprochant de ne pas avoir accepté la transaction des 20 euros… et que maintenant, cela allait se passer mal pour elles et qu’elles ne quitteront pas le Maroc si facilement ! Silence interpellant des pandores.

Des consulats belges et français aux abonnés absent ou s’en lavant les mains

Les deux amies se retrouvent donc au commissariat, mises sous pression, systématiquement accusées et malmenées (sic) car obligées de rester assises à côté de personnes blessées ou menottées pour d’autres histoires et délits (sic). La soirée ne fait que commencer car cela va durer… quatre heures !

Et Sophie et Nathalie de plus en plus terrorisées de plonger dans un véritable « Midnight Express » version marocaine. Et de rater leur vol de retour avec les pires ennuis à la clef ! Nathalie décide de téléphoner à son amie restée à l’hôtel avec les trois adolescents.

Après maintes recherches et l’aide d’une des ados sur internet (et alors que la direction de l’hôtel se lave les mains depuis longtemps du problème de nos clientes), cette connaissance a téléphoné directement aux permanences des ambassades de c-agadirFrance (restée aux abonnés absents) tandis qu’un message était laissé sur le répondeur de l’ambassade de Belgique. Après un certain temps, coup de fil du consulat de Belgique à Agadir avec une personne qui dit… qu’elle ne peut rien faire pour des personnes dans un commissariat. Soit.

Nathalie raconte: « Pendant ce temps, les policiers nous ont demandé à plusieurs reprises notre date de départ… et riaient entre eux quand on leur répondait cette nuit ! Nous les avons priées à maintes reprises de nous laisser rentrer à l’hôtel terminer nos préparatifs de retour. Mais rien n’y faisait. » Il faut savoir que Nathalie avait déjà eu de sérieux soucis cardiaques auparavant et se sentait de plus en plus mal sans ses médicaments, restés à l’hôtel. Il est vrai que se retrouver dans un commissariat en vacances pour y être accusé de trafic de faux billets a de quoi faire peur et on comprend son désarroi.

Alors que l’heure tourne, tout le monde s’inquiète de rater le vol de retour ! Bref, après encore des menaces et tergiversations, soupçons et brandissements du fameux « billet » dans ce commissariat général d’Agadir, Sophie, l’accusée déjà « coupable » a dû finalement signer un PV… rédigé en arabe et donc incompréhensible (nul et non avenu de toute façon, d’un point de vue juridique).

Epilogue : tout le monde a pris son avion dans les délais, ouf ! Mais cela a laissé des traces. D’après nos dernières infos, Sophie, la maman française qui a été choquée est quasiment en dépression ! Quant à la petite famille belge, elle a eu ses vacances gâchées par cet incident et en cauchemarde la nuit ! Seul ce souvenir pénible surgit à l’idée de parler de ce séjour à Agadir.

ecrire-pour-les-autresNathalie a écrit une lettre à la direction du tour-opérateur pour exprimer sa colère et son mécontentement, qui vont au-delà de la peur vécue lors de cette horrible soirée dans ce commissariat.

Car à aucun moment, aucune des protagonistes ne s’est sentie soutenue, ni par l’hôtel, ni par un responsable du T.O. sur place.

Nathalie : « Je trouve inadmissible qu’après de longues heures d’attente, aucun responsable ne soit venu au commissariat ou simplement s’être inquiété de la situation ou pour nous rassurer.» Et d’ironiser : « quant au commerçant, il est étrange qu’il n’ait interpellé Sophie que quatre heures après qu’elle lui ait donné ce fameux pseudo faux billet alors que ce « commerçant » savait pertinemment bien où nous trouver dans cet hôtel situé juste en face et dont nous portions les très reconnaissables bracelets blancs. »

En conclusion, ce cas nous interpelle. Et nous allons essayer de savoir si cette histoire est récurrente à Agadir ou dans d’autres lieux au Maroc. Car venir brandir un billet « pourri » (que les policiers se refilaient de manière soupçonneuse au commissariat en montrant du doigt les touristes « coupables » de ce genre de trafic), je trouve cela très interpellant.

Quant au fait de menacer des touristes de leur faire rater l’avion de retour est également angoissant (alors que les déclarations au commissariat devaient être rapides…). Alors que le commerçant avait demandé de simplement laisser 20 euros pour qu’elles en soient quittes, nous nous posons la question de savoir si cela arrive plusieurs fois par jour (serait-ce un nouveau business très lucratif que celui de terroriser des touristes de cette manière ?).

La police appelée pour régler l’histoire aurait-elle été piégée par les dires de cet énergumène et ce faux billet à charge de Sophie ? Quoi qu’il en soit, la plupart des touristes injustement accusés et/ou menacés vont vite payer pour avoir la paix… Ce que ces dames ont courageusement refusé de faire… (Et vite regretté de ne pas avoir fait, ceci dit). Cela se serait-il passé à Marrakech, où une police touristique travaille efficacement et ne traîne pas les touristes au commissariat ?

police-maroc-1Et la police ?

– Étrange attitude que celle de menacer des touristes et de les juger directement coupables…

– Étrange attitude de cette police qui suit et obtempère de manière complaisante aux élucubrations et menaces d’un commerçant du cru (connu ou inconnu par ces agents ?)…

Étrange attitude de cette police qui a voulu déposer les deux femmes de l’autre côté de la ville, arguant ne plus connaître l’adresse de l’hôtel qui a changé de nom… (Et après moult discussions a daigné les ramener à l’hôtel).

Rappelons que les touristes sont un peu ceux qui apportent de l’argent (et du vrai !) dans ce pays qui en a besoin, plus que jamais. Mais promis juré, alors que je leur dis que le Maroc est un très beau pays, elles m’ont juré ne plus jamais y mettre les pieds de leur vie. Et de fait, ce genre d’histoire nuit au tourisme. Et risque d’en refroidir d’autres…

Davantage d’infos à l’occasion, on vous tient au courant.

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