Agadir : Du all in au tourisme équitable

Destination du sud du Maroc, la ville d’Agadir bénéficie d’un climat exceptionnel. Une offre touristique vieillissante et composée principalement de all in a cependant ternit les couleurs de cette destination « beach only ».

Le risque engendré par les attentats islamistes en a éloigné injustement les occidentaux.

Présentation de deux projets qui donneront envie aux professionnels de proposer la cité de l’arganier à leurs clients : les touristes d’affaires et les adeptes de destinations Fair Trade.

Moitié moins de touristes : des affaires à saisir

Nous étions du 02 au 06 juin dans la ville soussie. Vol des plus agréables avec Royal Air Maroc de Bruxelles à Agadir en passant par Casablanca. Sur place, l’aéroport était par contre désert, et pour cause : « le prix des billets est hors de prix par rapport aux villes voisines » nous fait savoir un contact sur place.

La situation est telle que de nombreux gadiris se déplaceraient en bus jusqu’à Marrakech pour prendre l’avion vers l’Europe. Certains touristes en font de même en sens inverse.

AGA3Les bords de plage semblent abandonnés. Questionnés par nos soins, les hôteliers se répètent sans discontinuer : le taux d’occupation a baissé de moitié par rapport à l’année précédente pour approcher les 20 %.

Au moment de la rédaction de l’article, certains hôtels bradaient leurs prix de plus de 40%. Une situation inversement proportionnelle à celle que connaissent les îles Canaries, situées à 200 km de là.

Une aubaine dont profitent des touristes anglais, français et russes qui ne quitteraient pas la piscine et le bar de l’hôtel. « Ces touristes là ne dépensent pas un kopeck en dehors des murs » nous fait remarquer, pantois, un marchand de journaux installé sur la digue. A la veille du mois de ramadan, une légère brise marine caressait le sable et les quelques 30 degrés faisaient fondre les glaçons dans les verres de rosé. Les terrasses étaient désespérément vides.

Agadir City, hivernage et polyclinique touristique

Prévu en deux phases et sur 48 mois au total, le holding Al Maghribia Lil Istitmar va investir 3,4 milliards de dirhams dans la cité balnéaire.

Ce projet vise à attirer les congressistes eAGA1t le tourisme d’affaire dans un immense espace modulable. « Une offre qui manque à la ville mais qui abonde dans d’autres cités telles Tanger et Marrakech » nous fait remarquer un professionnel du secteur.

Parallèlement à ce premier projet, le groupe hôtelier Mariott vient de signer une convention pour l’implantation d’un complexe 5 étoiles d’une capacité de 150 chambres.

Surfant sur la tendance actuelle, quelques 112 lits et 12 suites seront mis à disposition des patients dans une clinique touristique pluridisciplinaire. Un port pour bateaux de plaisance et d’autres infrastructures clôtureront l’investissement. Au total, ce sont 1070 emplois directs et 4450 indirects qui seraient crées dans cette nouvelle entité.

AGA2Mseguina : une nouvelle route touristique

Situé dans l’arrière pays d’Agadir, ce projet a retenu toute notre attention. C’est en primeur que nous avons reçu la présentation du projet de Farid Ouidder, collaborateur d’une ONG allemande impliquée au projet.

« L’idée est de créer une route écotouristique afin de développer le tourisme rural afin d’en faire une activité génératrice de revenus pour la population locale » nous fait savoir d’emblée M. Ouidder.

L’arrière pays de la cité balnéaire se singularise par son patrimoine naturel : des cascades, des grottes et des potagers traditionnels rivalisent d’intérêt face aux tombaux Saadiens. Le savoir faire et les produits locaux ne manquent pas d’intérêt. On connaît en effet la passion que voue la nouvelle médecine au miel de thym marocain, aux plantes médicinales ou à l’huile d’argan. Trois emblèmes de la région.

« Depuis l’Antiquité, les caravaniers avaient pris l’habitude d’emprunter cette route qui menait aux richesses subsahariennes »

« L’optique est aussi de limiter l’exode rural. Pour les porteurs du projet, ce circuit écotouristique pourrait démarrer du village de Tighanimine, avec une visite de la coopérative d’huile d’argan du village. Ensuite, cap sur le Nord-Est, en suivant le chemin des caravanes, pour se diriger vers Askouti. Et ce, en passant par Ait Alla, lieu de production de vannerie, par le mausolée Sidi Lahcen où se trouve la mosquée des Mourabitines et les tombeaux des Saadiens » nous raconte, très enthousiaste, ce marocain passionnant.

A l’ombre des palais somptueux de Mohamed VI, les Soussis subissent la lente désaffection de leur destination. En partie engendrée par la peur du terrorisme islamique, elle est surtout due à l’absence d’innovation et de valorisation du patrimoine qui a longtemps frappé la région. La route de Mseguina est porteuse d’espoir. Le projet de l’hivernage également. La distribution équitable de l’argent du tourisme atténuera sans aucun doute les pauvretés. Elle s’opposera certainement au discours haineux des djihadistes.

Plus d’informations sur la destination via le site officiel : http://www.visitagadir.com.

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