AF447 – Rapport d’expertise final

« Le rapport d’expertise met en évidence la responsabilité d’Airbus, des autorités de tutelle et d’Air France, dans la formation insuffisante des pilotes de l’AF 447 » a déclaré le SNPL France ALPA dans un communiqué…

Les conclusions du dernier rapport d’expertise judiciaire dans l’accident de l’AF 447 mettent en évidence le rôle qu’a joué l’insuffisance de formation des pilotes.

Si la responsabilité de la compagnie est pointée à cet égard, le rapport souligne aussi que les programmes de formation avaient été validés par l’Autorité de tutelle.

Les experts soulignent également la responsabilité de la DGAC et de l’EASA, qui avaient pourtant été alertées par l’organisme de contrôle en vol sur la nécessité d’émettre une consigne opérationnelle informant toutes les compagnies et les pilotes sur les conséquences dramatiques du givrage des sondes Pitot.

Le SNPL regrette vivement que les experts ne tirent pas les conséquences de leurs constatations sur l’insuffisance d’entraînement de l’équipage au pilotage à haute altitude dans les différentes lois de pilotage.

A l’époque Airbus affirmait haut et fort que ses avions étaient conçus pour ne pas pouvoir décrocher en haute altitude, et, par conséquent, le constructeur ne prévoyait pas de former les pilotes au décrochage dans cette phase de vol.

D’ailleurs, Airbus n’avait pas non plus jugé utile de classer l’alarme de décrochage dans les procédures d’urgence… puisque l’avion était censé ne pas pouvoir décrocher !

Les experts soulignent ce classement totalement inadapté de la procédure Stall (alarme de décrochage) par Airbus et son rôle contributif dans l’accident.

Or, les premiers experts, dans le rapport déposé en 2012, avaient déjà retenu comme facteur contributif de l’accident l’absence de protection contre le décrochage dans la loi de pilotage qui s’est déclenchée automatiquement après le givrage des sondes Pitot.

Les conclusions de ce dernier rapport sont donc sensiblement différentes de celles du premier rapport. Il importe donc maintenant qu’un débat contradictoire puisse s’engager entre les experts ayant déposé les deux rapports successifs devant le Tribunal qui doit pouvoir apprécier les responsabilités du constructeur Airbus, des autorités de tutelle et de la compagnie.

Le SNPL France ALPA, syndicat majoritaire des pilotes de ligne, n’entend pas laisser s’imposer une vision simpliste selon laquelle l’erreur de l’équipage serait la première raison de cet accident.

Tous ceux qui travaillent à la sécurité du transport aérien savent qu’un accident a toujours de multiples causes.

La responsabilité de tous ceux qui ont contribué à créer les conditions ayant rendu possible la survenance de cet accident doit être examinée par le Tribunal.

Cette exigence s’impose pour toutes les victimes, les familles et les membres de l’équipage dont nos malheureux collègues disparus.

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