Accor : vaste restructuration financière

Plombée par plus de 4 milliards d’euros de dettes, AccorInvest, la filiale immobilière d’Accor, aurait ouvert une procédure de mandat ad hoc auprès de ses banques pour trouver une voie de sortie à son problème de financement à long terme. Un prêt garanti par l’Etat (PGE) de 450 millions d’euros serait à l’étude, selon qui Accor pourrait participer à une recapitalisation si nécessaire (selon le journal les Echos)

Une pression financière

« La pression financière sur les groupes hôteliers a franchi un palier sans précédent. AccorInvest, filiale à 30 % d’Accor, dont les 30.000 salariés gèrent plus de 900 hôtels dans une trentaine de pays, ne fait pas exception.

Selon nos informations, le groupe, pénalisé par une dette de plus de 4 milliards d’euros, a sollicité auprès de ses quelque 19 banques l’ouverture d’un mandat ad hoc afin de trouver une voie de sortie à son problème de financement. »

Un PGE a été demandé

« Pour accompagner le plan de relance et de restructuration du nouveau directeur général, Gilles Clavié, l’ancien pôle immobilier d’Accor a sollicité un prêt garanti par l’Etat (PGE) de l’ordre de 450 millions d’euros, le maximum qu’il puisse obtenir, en plus de la mobilisation d’autres dispositifs européens ». On attend une finalisation d’ici le 31 Décembre 2020. »

Négociations sous l’égide de Bercy

« Le pool bancaire d’AccorInvest était plutôt réticent. Il souhaitait que ses puissants actionnaires participent à l’effort collectif.

Le groupe est en effet détenu à 70 % par un groupement d’investisseurs comprenant, entre autres, des poids lourds internationaux de l’investissement : les fonds souverains d’Arabie saoudite et de Singapour, Colony Capital, Crédit Agricole Assurances, Amundi… Difficile également pour l’Etat, qui suit de près le dossier via le Comité interministériel de restructuration industrielle, de garantir une nouvelle aide financière qu’il aurait couverte à 70 %. Moins de tension …

Elle est en effet le signe que les actionnaires d’AccorInvest auraient accepté de faire un geste, voire seraient ouverts à la perspective d’étudier une recapitalisation. « Les actionnaires sont dans une position bienveillante », assure un proche du dossier. Ces derniers ont d’ores et déjà accepté de ne pas percevoir de dividendes au titre des exercices 2019 et 2020, une année toutefois calamiteuse. »

Pas de plan social à ce stade

« En cas de recapitalisation, Accor, qui a également consenti à AccorInvest pour 160 millions d’euros de reports de charges, pourrait même mettre à la main à la poche. « Si à un moment donné, la question d’une recapitalisation se pose, Accor jouera son rôle d’actionnaire », assure une source proche du dossier.

La situation est d’autant plus cornélienne qu’AccorInvest s’est alourdi au moment où la crise s’emballait en Europe avec le rachat, mi-mars, de plus de 85 % du capital d’Orbis, la filiale polonaise d’Accor, pour 1,06 milliard. L’opération pourrait avoir exacerbé des tensions entre le management d’Accor et d’AccorInvest.

Quatre mois plus tard, le patron d’Orbis, Gilles Clavié, a été nommé à la direction générale d’AccorInvest, en remplacement de John Ozinga, cheville ouvrière de la constitution d’AccorInvest. »

Aide article : Les Echos – Boursorama – zone Bourse

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