À quand le retour du segment « affaires » ?

Auditorium Palais des Congrès de Paris © VIPARIS

Quelques chiffres un peu inquiétants: Malgré le fait que les billets d’avion (en France en tout cas) soient 13% moins chers qu’en 2019, malgré le fait que l’offre de sièges (à Charleroi cette fois) n’est que de 11% inférieure à celle de 2019, le nombre de passagers est lui de 25% inférieur à 2019. Évidemment, les chiffres d’un opérateur ou d’un pays ne sont pas nécessairement applicables partout ailleurs, mais ils sont cependant une bonne indication.

Pourtant, nous avons pris quelques fois l’avion depuis le mois de juillet, et ils n’étaient pas loin d’un taux d’occupation de plus de 90%. Mais c’était exclusivement sur des destinations touristiques. On pourrait donc en conclure que le secteur qui est toujours en panne pour le moment, c’est celui du voyage d’affaires.

Le touriste, lui, il a été privé de son plaisir de voyager, et dès qu’il a pu, quelque soit la destination, il a pris l’avion. C’est une décision personnelle, et cela relève aussi un budget personnel. Il n’en va pas de même pour le voyage d’affaires : ce n’est pas le voyageur qui décide, mais la société qui l’emploie. C’est elle aussi qui paie le voyage et les divers défraiements.

Nous sommes certains, pour avoir naguère voyagé quelques 100 jours par an, que le voyageur d’affaires veut recommencer à bouger : le voyage stimule la production de l’adrénaline, une drogue naturelle dont on se passe difficilement. Et donc s’il ne voyage plus, c’est que l’employeur ne le veut plus. Il a trouvé des alternatives : les rencontres virtuelles. Jusqu’au jour où il se rendra compte qu’il est dangereux de signer un contrat sans voir le partenaire commercial dans les yeux.

Évidemment, il y a aussi l’aspect purement économique : cela coûte moins cher de rester au pays que de voyager. À court terme en tout cas. Surtout que, grâce ou à cause de la pandémie, les marchés sont devenus plus compétitifs sur beaucoup de produits, et tant que les prix sont à la baisse, nul besoin d’aller chercher de meilleurs contrats.

Et enfin, une autre raison évidente : l’absence des vols long-courriers. La fermeture d’immenses marchés comme les Etats-Unis, la Chine, le Japon, a eu une influence profonde sur les échanges internationaux. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe en Grande-Bretagne depuis la réouverture des USA : les compagnies aériennes doublent ou triplent leurs fréquences, comme pour rattraper le temps perdu.

Il faut donc que l’offre se maintienne, le segment « affaires » va revenir, c’est certain.

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