À force de défendre son image, Tintin s’enlise dans l’oubli

Bons baisers de Paris © Hervé Ducruet

Un raté pour notre tourisme. La société Moulinsart a encore gagné un procès contre une société française, Peppone, qui avait abusé de l’image du petit reporter au travers de sculptures/bustes.

Plus 100.000 euros de dommages et intérêts lui ont été accordés, mais la partie adverse a déjà interjetée appel.

© Étienne de Nil

La défense du droit de l’image est évidemment normale, mais notre ami Tintin a, lui aussi, pris de l’âge. Il a déjà son musée Hergé à Louvain-la-Neuve, mais à part cela, plus rien de nouveau. Plus de films, pas de parc d’attractions à son effigie. J’oubliais, une suite dans l’hôtel Amigo, à Bruxelles, vient d’être inaugurée, à son nom.

© Étienne de Nil

Bref, l’image devient vieille, s’use doucement mais sûrement. Ce n’est point un reproche mais plutôt un regret. D’autres héros, d’origine belge également, poursuivent une carrière internationale plus créative.

Les petits hommes bleus, les Schtroumpfs, Spirou ou encore le Chat de Philippe Geluck restent dans les esprits des nouvelles générations.

Les Schtroumpfs ont ouvert un parc indoor à 40 km de Shangaï, sur 30.000 m². Le Chat fait le tour de certaines capitales européennes avec ses statues en bronze impressionnantes, et a le projet d’ouvrir son musée à Bruxelles. Sans compter son merchandising efficace, avec son humour toujours renouvelé.

© Étienne de Nil

Tintin, lui, se cantonne dans son statut de produit d’Art. Il est vrai que des collaborations passées n’ont pas été des exemples de succès.

Un Tintinville, près de la Côte d’Azur, fut très éphémère, idem pour le partenariat avec Walibi. On redécouvre surtout « l’Art » de TINTIN dans des expos, mais rien de bien nouveau.

Les audacieux qui osent enfreindre les règles de l’image imposée par Moulinsart sont poursuivis

Nous étions, par hasard, à Saint Paul de Vence, village d’art de Chagall et bien d’autres artistes dont notre Folon, et avons découvert les fameux bustes de TINTIN, accusés de contrefaçon. En tant que belge, j’étais d’abord fier de retrouver notre petite vedette sous un autre jour. Avant d’entendre que l’œuvre était « contestée ».

© Étienne de Nil

Cette stratégie protectionniste ne fait-elle pas, aujourd’hui, plus de mal que de bien?? La fréquentation du musée Hergé, en nombre de visiteurs, n’est pas flamboyante non plus.

Deux poids deux mesures, il existe à Bruxelles, un resto qui expose des affiches et autres objets à l’effigie de TINTIN, bien plus controversées que les bustes dont mention ci-dessus : le Faubourg Saint Antoine à Schaerbeek.

Bref, avec les années qui passent, les nouvelles générations avec les nouveaux genres de BD, le genre « Tintin » risque de se faire oublier doucement mais sûrement.

Dommage.

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