Le coronavirus, le bâton merdeux et la surenchère entre pays

Je ne vais pas vous parler des mesures prises par Emmanuel Macron mercredi soir, tous les médias en parlent et je ne vous apprendrai rien de nouveau. En revanche, en attendant de voir ce que va décider notre gouvernement fédéral demain, je vous propose de nous mettre à sa place le temps d’une brève chronique.

D’abord, il est clair que ce gouvernement va durcir les mesures actuelles. Pourquoi ? Mais parce qu’aux Pays-Bas, les cafés et restaurants sont fermés et dans un confinement « partiel ». Qu’en France, le couvre-feu à 21 heures et un nouveau confinement qui ne dit pas son nom, vu que les spectacles, les restaurants, bref, tout ce qui fait la vie d’une ville devra s’arrêter à 21 heures.

Donc, comme vous le savez en politique, il y a une surenchère pour apparaître plus vertueux que le pays voisin même si les situations sont différentes. Et puis, n’oubliez pas que nos politiques ont peur de nous , citoyens, et de nos réactions. En France, il y a 63 plaintes au pénal contre les politiques et leur gestion du covid-19, ça les fait réfléchir.

Quand le trouillomètre est au maximum, la prise de risque est à zéro. Le résultat, c’est qu’une plus grande écoute sera donnée aux virologues qui préconisent des scénarios sans risques pour la population. Indirectement, pour les politiques, c’est le scénario du « ce n’est pas moi qui le dit, mais c’est l’expert ».

Ensuite, il y a aussi ce dernier sondage publié en Flandre. Ses résultats montrent que les Flamands veulent un durcissement des mesures et une majorité d’entre eux veulent même un couvre-feu.

Les politiques du nord du pays ont évidemment vu ce sondage et vont se sentir légitimés de serrer la vis au maximum. L’horeca en tremble déjà, s’il y a un couvre-feu à 21 heures, comme en France, c’est leur mort programmée. Comment, en effet, amortir des coûts fixes uniquement sur le déjeuner ? Si c’est à 23 heures, il y aura moyen de sauver les meubles.

Durcir les règles c’est bien, mais il ne faudrait pas tuer l’économie non plus. La fédération des entreprises de Belgique l’a annoncé : si on retourne vers un confinement pur et simple, c’est la fin pour 60.000 entreprises déjà fragiles et une menace sur 300.000 emplois. Ça, c’est un petit résumé de l’équation qui est devant le gouvernement fédéral en ce moment.

Le virologue Marc Van Ranst dit que « restez travailler chez vous deviendra le nouveau slogan ». Si c’est vrai, le Covid19 va faire exploser les inégalités entre ceux qui peuvent le faire et les autres au sein d’une même entreprise. Dans les hôpitaux qui l’ont appliqué, le télétravail a fait sauter la bonne ambiance entre collègues.

Aujourd’hui, certains infirmiers qui peuvent difficilement télétravailler ont de la rancœur envers leurs collègues médecins. Bonjour donc les tensions entre les équipes. Si vous me passez l’expression, ce Covid19 est un bâton merdeux, personne ne sait par quel bout le prendre !

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