Sans héritier, la propriétaire de l’Hôtel Negresco à Nice est décédée

Le conseil d’administration et l’ensemble des collaborateurs de l’Hôtel Negresco ont fait part ce mardi de la disparition de Jeanne Augier, Président Directeur Général, décédée le 7 janvier 2019 dans sa 96 ème année.

« Propriétaire de l’Hôtel depuis 1957, Madame Augier a œuvré pour sa renaissance puis son rayonnement en France et dans le monde. Avec son époux Paul Augier, elle a fait du Negresco, un Palace inattendu, luxueux établissement à son image, reconnu mondialement et dernier grand hôtel indépendant en France. Collectionneuse passionnée, elle a rassemblé plus de 6 000 œuvres d’art et de mobilier retraçant 5 siècles d’histoire de France, rendant un majestueux hommage aux talents français ».

La succession du palace niçois (124 chambres) s’annonce compliquée, après le décès de sa propriétaire Jeanne Augier qui avait 95 ans. Elle était placée sous tutelle depuis 2013 pour la protéger.

Avec sa politique d’acquisition d’œuvres d’art qui agrémentent l’établissement elle avait contribué à faire du palace de la Promenade des Angles un véritable hôtel-musée, atypique pour sa catégorie. Un fabuleux hôtel-musée du monde à la gloire de la création française. Près de 6 000 œuvres.

S’y côtoient des meubles Empire, des fauteuils années 70 à la coque plastique, des une « Grosse nana jaune » de Niki de Saint Phalle, un lustre dont l’équivalent se trouve au Kremlin à Moscou ou un tableau représentant Louis XIV en pied… Avec sa façade Belle Epoque et sa coupole rose, le Negresco est l’un des symboles de la promenade des Anglais, en quelque sorte la Tour Eiffel de Nice.

Dernier palace familial français, doté du label « entreprise du patrimoine vivant » dont la valeur est estimée entre 300 et 400 M€, sans compter la valeur des œuvres d’art, sa succession va être difficile. Sans descendants, Jeanne Augier avait créé en 2009 un fonds (« Mesnage-Augier-Negresco ») qui gérera en principe son patrimoine à sa disparition.

Les bénéfices doivent aller au développement de l’hôtel, à la défense des animaux, aux handicapés et au « rayonnement de l’art français ». Le palace survivra-t-il à la disparition de sa propriétaire, sachant que le fonds en question n’a pas à priori la capacité ou l’expertise nécessaire ?

Une période de deuil d’un mois sera respectée, symbolisée par la mise en berne des drapeaux de l’Hôtel Negresco. Le conseil d’administration et l’administration provisoire désignée en 2013 poursuivent leur mission dans la continuité, en assurant la gestion et la direction de l’Hôtel.

Michel Bovas

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