Réouverture du musée de l’Afrique… Et sa (dé)colonisation

Après cinq longues années de travaux de rénovation, le nouveau musée de l’Afrique est rouvert : l’Africamuseum. Existant depuis 1897, à l’occasion de l’Exposition Universelle de Bruxelles, rien ou presque n’avait changé depuis les années 1950.

Un coup de neuf s’imposait, avec surtout un regard critique sur la colonisation belge. Ce qui a été fait d’après les divers médias invités à sa pré-réouverture.

Jusqu’il y a 5 ans je visitais ce musée chaque année, pour me replonger dans cette Afrique que j’aime. C’est dire que je suis impatient d’y retourner après le rush des ouvertures officielles et autres visites de sponsors.

Le but principal de ma présente prose est surtout de pointer le doigt vers les lobbys ou diasporas qui profitent de cette réouverture pour remuer un passé colonialiste belge, meurtrier, esclavagiste, les qualificatifs sont nombreux et peuvent se justifier.

Tout cela pour réclamer le retour d’œuvres originales vers les pays africains d’origine.

Pour rappel, la Belgique n’a pas attendu l’activité de ces lobbys pour restituer certaines d’entre elles. Quelques centaines d’ailleurs durant l’ère de Mobutu. Le seul petit souci, on ne retrouve plus la trace de la majorité de ces objets, et donc sans jeter la pierre à quiconque, nous sommes en droit de nous demander où sont-elles ?

J’en reviens à notre histoire coloniale belge. L’Histoire, on doit la subir, mais on ne peut l’effacer et on ne peut l’oublier. Aller exiger la mise à l’ombre des bustes de Léopold II ou même d’Albert I est une atteinte à l’Histoire de notre pays. De même que les destructions ou détériorations aux nombreuses statues royales de cette époque sont inacceptables.

Avec ses nombreuses qualités et défauts, Léopold II a apporté de la prospérité à la Belgique ainsi qu’une renommée mondiale déjà à l’époque.

Le tout au détriment de l’Afrique ? Ici le débat fait rage entre spécialistes et historiens.

J’ose un détour de mémoire vers d’autres conquérants européens qui n’ont pas fait dans la dentelle, à l’époque, tel que Napoléon par exemple. Va-t-on demander à la France d’enlever son tombeau des Invalides, parce qu’il a été responsable de la mort de cinq millions d’hommes durant ses différentes guerres ?

Évidemment non. On préfère retenir ses grandes réalisations telles que l’Arc de triomphe de la place de l’Étoile, la colonne Vendôme, les 3 ponts des Arts, d’Austerlitz et d’Iéna, et bien d’autres.

Idem pour Léopold II, l’on ne peut lui pardonner les crimes commis sous son règne, mais l’on doit reconnaître ce qu’il a laissé au pays : la construction de voies de chemin de fer, les arcades du Cinquantenaire, l’avenue de Tervuren, les serres royales, et j’en passe.

Chaque pays se doit de se regarder dans un miroir, d’analyser son Histoire, de l’accepter, sans exception. L’Afrique incluse, avec sa propre nouvelle histoire et ses propres abus.

Nous vivons une période de paix depuis 73 années….Espérons simplement qu’elle se poursuive. Faites-vous votre propre opinion en allant visiter ce nouveau Musée.

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Commentaires

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1 commentaire

  1. La question est de savoir quelle est la mission d’un musée. Doit-il être le reflet du politiquement correct actuel – et qui peut donc changer – ou doit-il rappeler ce que fut le passé de communautés quelles que pussent être leurs travers? Aux Etats-Unis, par exemple, les musées, comme les zoos et des expositions diverses, affichent souvent des panneaux didactiques qui remettent les événements dans leur contexte. Mais cela n’empêche pas de présenter les uniformes du général Custer qui a massacré des Indiens. A Tervueren, orner un buste de Léopold II de caoutchouc et de défenses d’éléphant est extrêmement réducteur. Remiser dans un couloir des statues parce qu’elles « ne conviennent plus » revient à adopter la politique des trois petits singes: ne rien voir, ne rien dire, ne rien entendre. C’est dommage.

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