«Pour le Financial Times, les Diables ont une chance unique de remporter le Mondial»

Les journaux économiques adorent aussi parler de football. C’est le cas du Financial Times, la bible des hommes d’affaires internationaux qui a même consacré un éditorial à notre équipe nationale et dont il estime qu’elle a une occasion unique de remporter la Coupe du monde.

Ce qui est formidable avec le football, c’est que tout le monde a son avis sur les performances des uns et des autres.

Hier encore, je dînais avec un homme d’affaires qui m’expliquait doctement que si l’Espagne avait perdu son match contre la Russie, c’est parce que ces joueurs vedettes n’ont pas vraiment joué avec cœur. La raison ? Selon lui, ils sont tous issus de clubs prestigieux et concurrents. Et donc, donner la bonne passe à un collègue, c’est peut-être lui assurer d’inscrire un but et donc de voir sa valeur augmenter sur le plan financier au détriment de la sienne.

C’est une vision cynique des choses et sur laquelle je ne me suis pas permis de répondre vu qu’en matière de football, je suis un total béotien.

Mais des avis tranchés comme cela, il y en a plein d’autres. Avant-hier, par exemple, je suis tombé sur un article du très sérieux journal économique français Les Echos et là, le sujet de l’article, c’était l’élimination de l’équipe allemande face à la Corée du Sud.

Le correspondant à Berlin du journal Les Echos va très loin dans l’analyse politique et estime, je cite : « Dans un pays où le football est une religion, impossible de ne pas faire le lien entre la défaite historique de l’équipe d’Allemagne au premier tour de la Coupe du Monde et la crise politique qui secoue Berlin ».

Le correspondant des Echos va encore plus loin, pris sans doute par son lyrisme, il n’hésite pas à écrire que la défaite de l’Allemagne représente la disparition d’une certitude pour des Allemands qui n’avaient jamais douté de la supériorité de leur équipe nationale. Pire encore, selon lui, « l’effondrement de ce mythe, pilier de l’identité collective, risque de fragiliser un pays déjà en proie au doute malgré sa puissance ».

« Que voulez-vous, c’est ça le foot : c’est une prime à l’irrationalité »

Et puis, hop, le même correspondant mélange le scandale du diesel, les taxes de Donald Trump sur les exportations allemandes, et la montée du populisme pour étayer sa démonstration du malaise allemand. C’est ce qu’on appelle un tour de force.

Mais ce n’est pas tout, ce weekend, le prestigieux Financial Times a également consacré un éditorial à l’équipe belge pour expliquer pourquoi elle avait théoriquement toutes ses chances de gagner enfin la Coupe du monde. En tant que Belges, nous trouvons cela très flatteur que la bible des hommes d’affaires internationaux s’intéresse à notre équipe nationale.

Mais n’empêche, j’ai toujours un drôle de sentiment face à toutes ces explications économiques et politiques. Déjà qu’en matière économique et politique, ces experts se trompent souvent, alors quelle crédibilité peut-on leur donner en matière de football, matière qui leur est inconnue le reste de l’année ?

Mais comme je suis heureux de voir que même en Flandre, des drapeaux belges flottent sur les balcons. J’ai envie de croire comme 11 millions de Belges à l’éditorial du Financial Times. Que voulez-vous, c’est ça le foot : c’est une prime à l’irrationalité. Mais qu’est-ce que ça fait du bien d’être irrationnel de temps en temps- et puis, elle permet de raviver le vieil adage qui veut que « la défaite est orpheline, et la victoire a 100 pères » !

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