L’Iran est devenu un formidable musée de l’aviation

L’avion le plus populaire du monde vient d’effectuer son dernier vol avec des passagers. Le Boeing 727-200 Advanced de la compagnie iranienne Aseman Airlines était le plus âgé de sa flotte. Il vient de prendre une retraite bien méritée au terme d’une carrière de 38 ans de bons et loyaux services. Son dernier vol reliait Zahedan à Téhéran.

Pour la petite histoire, le Boeing 727 a fait ses débuts 1963. Il y a donc plus d’un demi-siècle. L’avion était totalement novateur et à la pointe de la technologie aéronautique. Révolutionnaire même si je peux me permettre. Ce moyen-courrier pouvait transporter plus de passagers, voler plus haut, plus vite et avait un coût d’exploitation inférieur à la concurrence existante.

Son succès commercial fut incontestable, 1 831 Boeing 727 furent livrés dans le monde entier au cours d’une carrière commerciale d’une vingtaine d’années.

C’était le bon vieux temps où le carburant était bon marché et l’avionneur de Tacoma faisait la pluie et le beau temps dans le monde de l’aviation.

Le triréacteur emblématique mono allée de Boeing a été, l’un des premiers avions à réaction réussis de courte et moyenne portée. Il fut un précurseur à l’aviation moderne telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Mais l’ancêtre n’a toujours pas dit son dernier mot, car des dizaines de cargos Boeing 727 restent en service et pas seulement en Iran.

Et puis, rien ne dit qu’il rejoindra le cimetière des éléphants et qu’il ne poursuivra pas quelque temps encore une nouvelle carrière auprès de compagnies locales iraniennes qui ont pris l’habitude de recycler les avions en fin de vie.

Car depuis 1979, l’embargo américain qui frappe toujours l’Iran a fait du pays un musée de l’aviation rétro.

Depuis longtemps, les compagnies iraniennes ne peuvent pas acheter d’avions neufs, au grand dam d’Airbus.

Les compagnies iraniennes font durer leurs flottes autant que possible et s’approvisionnent en pièces détachées sur le marché noir.

Cette information était le côté positif de cette situation. Il a été obscurci par l’accident le 14 janvier dernier, un Boeing 707-320C cargo de l’armée de l’air iranienne qui reliait Bichkek à Karaj.

Du fait d’une mauvaise météo, l’avion a été dérouté. Le pilote s’est trompé d’aéroport, malheureusement la piste était 4 fois plus courte que l’aéroport prévu. L’avion a continué sa course au-delà de la piste et a pris feu, entrainant la mort de 16 personnes, mais laissant un survivant.

L’accident n’est pas consécutif à la vétusté de l’avion, qui avait effectué son premier vol en 1976. Il avait donc 43 ans.

François Teyssier

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